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Au delà du récif

Matthew et Hunter : le Vanuatu saisit la Cour internationale de Justice contre la France

2 septembre 2026 à 15:00
3 min de lecture
Matthew et Hunter : le Vanuatu saisit la Cour internationale de Justice contre la France

Résumé IA

Le Vanuatu a déposé fin août une requête à la Cour internationale de justice (CIJ) pour revendiquer la souveraineté des îlots Matthew et Hunter, contestée à la France. La CIJ ne pourra toutefois examiner l'affaire que si Paris accepte sa compétence. La France maintient sa souveraineté sur ces îles incluses dans le périmètre de la Nouvelle-Calédonie.

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Le Vanuatu a officiellement porté devant la Cour internationale de Justice son différend avec la France sur la souveraineté des îlots Matthew et Hunter. Une initiative très symbolique, mais qui ne pourra pour l’heure déboucher sur une procédure contentieuse sans l’accord de Paris.

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Le Vanuatu porte le dossier Matthew et Hunter devant la CIJ

Le gouvernement du Vanuatu a déposé le 31 août 2026 une requête auprès de la Cour internationale de Justice (CIJ) concernant les îlots Matthew et Hunter, respectivement appelés Umaenupne et Umaeneg/Leka par Port-Vila. La juridiction des Nations unies a confirmé avoir été saisie du différend opposant le Vanuatu à la France sur la souveraineté de ces deux îles volcaniques inhabitées situées dans le Pacifique Sud, à environ 300 kilomètres à l'est de la Nouvelle-Calédonie.

Le Vanuatu revendique ces territoires depuis son indépendance en 1980 et considère que leur maintien sous souveraineté française constitue un dossier inachevé de sa décolonisation.

La France doit accepter la compétence de la Cour

Mais la saisine ne signifie pas que la CIJ va automatiquement juger le différend.

La France n'a pas accepté la juridiction obligatoire de la Cour pour ce type de litige entre États. La requête vanuataise a donc été transmise à Paris afin que la France indique si elle consent ou non à ce que la CIJ examine l'affaire. La Cour a été particulièrement claire : aucune procédure ne sera engagée tant que la France n'aura pas accepté sa compétence dans ce dossier.

Port-Vila peut donc saisir la juridiction internationale, mais ne peut pas contraindre Paris à entrer dans le contentieux sur cette seule base.

Matthew et Hunter font juridiquement partie de la Nouvelle-Calédonie

L'enjeu est directement calédonien. Contrairement à une présentation qui limiterait le différend à deux territoires simplement « contrôlés par la France », Matthew et Hunter figurent explicitement dans le périmètre de la Nouvelle-Calédonie défini par la loi organique française.

L'article 1er de la loi organique du 19 mars 1999 relative à la Nouvelle-Calédonie dispose en effet que la Nouvelle-Calédonie comprend notamment « les îles Matthew et Fearn ou Hunter ». Cette définition figure toujours dans la législation en vigueur. Le Code des douanes, dans sa rédaction entrée en vigueur en mai 2026, les inclut également dans le territoire douanier de la Nouvelle-Calédonie.

Paris maintient sa souveraineté

Le dossier n'est pas nouveau. La France et le Vanuatu ont engagé plusieurs séries de discussions au cours des dernières années concernant les îlots et la délimitation maritime entre leurs espaces respectifs.

En mai dernier, alors que le Premier ministre vanuatais menaçait déjà d'utiliser les voies juridiques internationales, le Quai d'Orsay annonçait encore une nouvelle session de discussions à Paris.

Le 30 juin, lors d'un entretien entre le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot et le vice-Premier ministre vanuatais Johnny Koanapo, Paris a une nouvelle fois rappelé officiellement sa position sur la souveraineté française de Matthew et Hunter.

Deux petits îlots mais un enjeu maritime considérable

Matthew et Hunter ne comptent aucun habitant permanent et leur superficie terrestre est extrêmement limitée. Mais la bataille est loin d'être seulement symbolique.

La souveraineté sur ces territoires intervient directement dans la détermination des espaces maritimes environnants, avec des conséquences potentielles sur les droits de pêche et l'exploitation des ressources du sous-sol marin.

La décision du Vanuatu fait donc entrer un vieux contentieux franco-vanuatais dans une nouvelle phase diplomatique. La prochaine décision appartient désormais à la France : accepter la compétence de la CIJ et défendre sa souveraineté devant la Cour, ou maintenir le dossier dans le cadre des négociations bilatérales.