Ce que la Marine a fait dans le lagon

Résumé IA
Du 24 au 27 août, la Marine nationale a réuni pour la première fois l'intégralité de sa force navale calédonienne dans le lagon, lors de l'exercice CAGOU. Quatre bâtiments, dont le patrouilleur Jean Tranape, ont effectué des manœuvres de remorquage, des exercices de lutte contre l'incendie et des appontages d'hélicoptère.
Quatre bâtiments, quatre jours, un seul objectif : montrer que la France tient sa place dans le Pacifique.
Du 24 au 27 août, la Marine nationale a réuni pour la première fois l'intégralité de sa force navale calédonienne.
Une force navale enfin réunie
Il aura fallu attendre le 24 août. Ce jour-là, dans le lagon calédonien puis au large, la frégate de surveillance Vendémiaire, le bâtiment de soutien et d'assistance D'Entrecasteaux et les deux patrouilleurs outre-mer Auguste Bénébig et Jean Tranape ont appareillé ensemble pour l'exercice CAGOU. Quatre jours de manœuvres communes.
La configuration était inédite. Le Jean Tranape, récemment livré à la Marine nationale, n'est arrivé en Nouvelle-Calédonie que le 18 juin dernier. Pour la première fois depuis cette arrivée, l'ensemble de la force navale stationnée sur le territoire se retrouvait engagé sur un même exercice.
Le détail n'est pas anecdotique. Il traduit une réalité que certains préfèrent ignorer : les moyens sont là, ils arrivent, et ils naviguent.
L'exercice intervenait par ailleurs au terme d'une séquence particulière. L'été a vu se succéder plusieurs relèves de commandement pour les bâtiments basés à Nouméa comme pour la base navale elle-même. Nouveaux commandants. Équipages en partie renouvelés. Autant dire qu'il fallait remettre l'ensemble en ordre de marche.
CAGOU a servi exactement à cela : mécaniser les manœuvres, intégrer les nouveaux embarqués, retrouver les réflexes collectifs à travers des exercices communs.
Et l'enjeu dépasse largement la prise en main technique. La cohésion d'une force navale repose sur des automatismes partagés, une compréhension commune des procédures et une confiance mutuelle entre marins d'abord, entre bâtiments ensuite. Cela ne s'improvise pas. Cela se travaille, en mer, ensemble.
Du remorquage au contrôle de pavillon : le spectre complet
Le scénario retenu n'avait rien d'un exercice de façade. Il a permis d'enchaîner des séquences directement représentatives des missions confiées à la Marine nationale dans le Pacifique Sud.
Premier volet : la manœuvre de remorquage entre deux bâtiments. Une capacité déterminante quand il s'agit de porter assistance à un navire en avarie dans une zone où les moyens de secours sont rares et les distances considérables. Ici, personne n'arrive en quinze minutes. C'est toute la différence avec la métropole.
Les équipages ont également conduit des exercices de récupération d'homme à la mer et de lutte contre l'incendie. Deux situations d'urgence où la rapidité, la rigueur et la coordination des équipes ne se discutent pas.
Le volet aéromaritime, lui, a été marqué par des appontages de l'hélicoptère Dauphin sur le Vendémiaire, ainsi que par la mise en œuvre de drones destinés à élargir la portée de détection des bâtiments. La technologie au service de l'œil du marin.
S'y sont ajoutés des entraînements au ravitaillement à la mer. Une opération qui augmente l'autonomie et l'endurance du dispositif sur une zone économique exclusive de près de 1,4 million de kilomètres carrés. Le chiffre mérite qu'on s'y arrête : c'est cette immensité que quatre bâtiments doivent couvrir.
Enfin, une séquence de contrôle de pavillon, de visite et de sécurisation d'un navire suspect a été jouée. Elle se situe au cœur des missions de lutte contre les trafics illicites et de police des pêches conduites par les forces armées en Nouvelle-Calédonie. Là encore, rien de théorique.
Une montée en puissance qui parle d'elle-même
Au-delà des savoir-faire techniques, CAGOU aura permis aux navires de dérouler des exercices conjoints. L'exercice s'inscrit dans la préparation opérationnelle continue des équipages, au service des missions de souveraineté, de sauvegarde maritime et de secours aux populations assurées par la Marine nationale dans le Pacifique.
Trois mots à retenir : souveraineté, sauvegarde, secours.
Ils résument une présence qui ne relève ni du symbole ni de la nostalgie. Dans un Pacifique où les distances écrasent les moyens et où les besoins de sécurité maritime ne cessent de croître, la France dispose sur place d'outils bien réels et elle les entretient.
Le message envoyé par ces quatre jours de mer est simple. Une force navale renouvelée, un patrouilleur neuf intégré au dispositif, des équipages remis en ordre de bataille après les relèves. Voilà ce que la Marine nationale a démontré entre le 24 et le 27 août.
Le reste relève du commentaire.
(Crédit photo : FANC-Forces Armées en Nouvelle-Calédonie)

