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L'actualité locale

Vous brûlez vos déchets ? Lisez ça avant

1 septembre 2026 à 07:00
6 min de lecture
Vous brûlez vos déchets ? Lisez ça avant

Résumé IA

Depuis fin août, la commune de Koné est confrontée à une recrudescence des feux de forêt et de brousse, aggravée par la saison sèche. Face à cette situation, le maire a émis un arrêté municipal strict, en vigueur jusqu'au 31 mars, qui encadre l'usage du feu. Ainsi, tout brûlage non autorisé est interdit, et des mesures de débroussaillement sont obligatoires pour les propriétaires.

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Depuis fin août, les feux de forêt et de brousse se sont multipliés sur la commune de Koohnê.
La saison sèche fait le reste. Reste la part qui ne dépend que de nous : l'imprudence.

Le rappel d'un principe simple : nul n'est dispensé

Le 26 août 2026, les feux de forêt et de brousse se sont multipliés sur le territoire communal. Le lendemain, un arrêté partait en préfecture.

Vingt-quatre heures. C'est le temps qu'il aura fallu au maire de Koohnê pour transformer un constat en règle opposable. L'arrêté municipal n°117/2026 encadre désormais l'emploi du feu sur l'ensemble de la commune, espaces naturels, agricoles et urbains confondus. Sans préjudice des compétences du pays, de la province Nord ou de l'État.

Il y a des textes qui accompagnent. Celui-ci tranche.

L'article 1er ne laisse aucune marge d'interprétation. Le texte s'applique à toute personne physique ou morale, résidente ou de passage, propriétaire, locataire, occupante ou usagère d'un terrain situé sur la commune. Pas de statut particulier, pas d'exception d'usage, pas de tolérance implicite.

C'est peut-être la disposition la plus politique du document, précisément parce qu'elle ne fait que rappeler l'évidence.

Suit un travail de définition rarement mené avec cette précision : brûlage à l'air libre de végétaux, écobuage, feu de brousse ou pastoral, incinération de déchets, feu de plein air, feu de camp, barbecue, artifices de divertissement de toutes catégories, lanternes volantes. Le vocabulaire est verrouillé. On ne pourra plus plaider le malentendu.

Et la formule qui conclut l'article 2 vaut doctrine : tout usage du feu non expressément autorisé par l'arrêté est interdit.

L'article 3 pose ensuite le périmètre dur. Il est interdit de porter ou d'allumer du feu, de jeter des objets en ignition ou en combustion, ainsi que de fumer, à l'intérieur et jusqu'à deux cents mètres des espaces naturels sensibles : forêts, bois, sous-bois, landes, broussailles, savanes, maquis, plantations, reboisements.

Deux cents mètres. La cigarette jetée par la vitre entre dans le champ de l'infraction.

Prévifeu, 48 heures, 15 nœuds : la mécanique du feu encadré

Le reste du texte fonctionne comme un système gradué, adossé au dispositif Prévifeu élaboré par Météo-France Nouvelle-Calédonie avec la sécurité civile.

En niveau vert, l'usage du feu reste possible, sous conditions. En jaune, tout usage non domestique est fortement déconseillé et suppose une autorisation expresse assortie de mesures renforcées. En orange, l'interdiction tombe sur l'ensemble du territoire communal et les autorisations déjà délivrées sont suspendues de plein droit. En rouge, plus rien : ni brûlage, ni écobuage, ni barbecue en extérieur.

Le texte précise que la consultation du niveau du jour incombe à celui qui veut faire du feu. Pas à la mairie de courir après lui.

Une limite absolue traverse tous les niveaux : aucun feu ne peut être allumé lorsque la vitesse moyenne du vent dépasse 15 nœuds. Quel que soit le Prévifeu en vigueur.

Pour les feux non domestiques qui demeurent autorisés, l'article 5 impose une déclaration préalable écrite au moins 48 heures avant, déposée auprès des gardes champêtres municipaux ou du service compétent de la mairie. Identité du déclarant, localisation exacte de la parcelle, nature et volume des matières à brûler, date, heure, moyens d'extinction prévus.

Le maire peut s'y opposer. Il peut assortir son accord de prescriptions. Il peut suspendre ou retirer l'autorisation à tout moment, y compris après un premier accord, si les conditions météorologiques évoluent.

L'écobuage et le feu de brousse relèvent, eux, d'une dérogation spécifique quelle que soit la surface concernée.

Quant aux moyens obligatoires, l'article 6 ne s'embarrasse pas d'approximations. Créneaux horaires stricts, entre 5 heures et 8 heures le matin ou à partir de 17 heures, avec extinction avant le coucher du soleil. Sol nu décapé sur une bande d'au moins quatre mètres autour du foyer. Réserve d'eau de 200 litres minimum immédiatement disponible. Outils de première intervention sur place. Surveillance constante par une personne majeure équipée d'un moyen d'alerte. Extinction complète avant tout abandon du site.

Un manquement, un seul, et tout agent habilité peut exiger la cessation immédiate du feu.

Les artifices de divertissement, eux, sont interdits pendant la période à risque, y compris à usage privé et sur propriété privée. Les manifestations publiques organisées peuvent obtenir une dérogation, sous réserve d'une demande déposée quinze jours à l'avance et du recours à un professionnel agréé.

Les lanternes volantes, en revanche, ne bénéficient d'aucune tolérance. Interdites en tout temps, en tout lieu, sans dérogation possible, au motif que personne ne maîtrise ni leur trajectoire ni leur point de retombée.

Le bon sens, enfin écrit.

Débroussailler, ou payer

Le volet le plus concret pour les propriétaires tient dans l'article 8.

En espace naturel, ou à moins de 200 mètres d'un tel espace, l'obligation porte sur un rayon de 50 mètres autour des habitations et installations, ainsi que sur une bande de 10 mètres de part et d'autre des voies privées d'accès. En espace urbain, c'est l'intégralité du terrain, bâti ou non, qui doit être débroussaillé.

Et pour les terrains laissés en friche, le texte prévoit une mise en demeure du maire assortie d'un délai d'au moins quinze jours. Passé ce délai, la commune peut faire procéder d'office aux travaux aux frais du propriétaire défaillant, par titre de recette exécutoire.

L'article 9 interdit par ailleurs tout dépôt d'ordures ménagères, détritus ou déchets en un lieu dont on n'est ni propriétaire ni ayant droit, ces dépôts constituant une cause fréquente d'incendie.

Restent les sanctions. Les infractions à l'arrêté sont réprimées comme contravention de 2e classe, avec une amende pouvant atteindre 150 000 francs CFP. L'usage illégal d'artifices expose en outre à l'amende prévue pour les contraventions de 4e classe.

Le point le plus dissuasif est ailleurs. Les secours ne facturent pas, par principe, la personne secourue. Mais lorsqu'il est établi qu'une intervention résulte directement de la méconnaissance de l'arrêté, le maire peut engager la responsabilité civile de l'auteur pour obtenir le remboursement des frais engagés.

Autrement dit : celui qui met le feu par négligence pourra se voir présenter la note.

Le dispositif court principalement du 26 août au 31 mars, avec possibilité de prolongation selon les conditions météorologiques et le niveau de risque.

Reste l'essentiel, que la mairie résume mieux que n'importe quel commentaire : la prévention est l'affaire de tous, et un simple geste d'imprudence peut avoir de lourdes conséquences.

(Crédit photo : mairie de Koné)