Deux morts dans un accident de bouée tractée

Résumé IA
Deux personnes meurent et cinq autres sont blessées, dont une grièvement, dans un accident de bouée tractée au large de Saint-Cyprien (Pyrénées-Orientales), mardi. Le parquet de Perpignan ouvre une enquête pour homicide involontaire, le pilote ayant été éjecté avant d'être heurté par l'hélice.
Deux morts, cinq blessés, un bateau devenu incontrôlable à quelques encablures du rivage.
Une journée d'été ordinaire sur la côte catalane a basculé en quelques secondes.
Sept victimes au large de la plage des Capellans
C'était mardi. Au large de Saint-Cyprien, dans les Pyrénées-Orientales, une sortie en bouée tractée s'est achevée dans le sang.
Le bilan communiqué par le parquet de Perpignan est lourd : deux personnes ont perdu la vie, cinq autres ont été blessées, dont une grièvement. Sept victimes au total, selon les informations de L'Indépendant, qui a le premier révélé le drame avec Ici Roussillon. L'accident s'est produit au large de la plage des Capellans, sur le territoire de la commune.
Parmi les morts figure le pilote de l'embarcation.
Les autres participants, eux, s'en sortent physiquement mais pas indemnes. Le procureur de la République de Perpignan, Jérôme Bourrier, a indiqué à l'AFP qu'ils avaient été « choqués ». Le mot est faible pour qui a assisté, impuissant, à la scène.
Rappelons ce dont il s'agit. La bouée tractée est une activité nautique de loisir dans laquelle une ou plusieurs personnes prennent place sur une bouée gonflable tirée par un bateau à moteur. Une pratique répandue sur tout le littoral français durant la saison estivale. Familiale, souvent. Réputée sans danger, presque toujours.
Une enquête pour homicide involontaire, et beaucoup de prudence
Le parquet n'a pas attendu pour agir. Une enquête a été ouverte pour homicide involontaire, confiée à la brigade nautique et à la brigade maritime des recherches de Marseille.
Mais le magistrat refuse de s'avancer. « Pour l'instant, l'enquête est ouverte pour homicide involontaire mais nous disposons de peu d'éléments sur les faits en l'état », a-t-il déclaré.
Cette réserve mérite d'être saluée à l'heure où chaque fait divers déclenche un procès instantané sur les réseaux sociaux. Les enquêteurs travaillent. Les conclusions viendront.
Une hypothèse circule néanmoins, et le procureur l'a lui-même formulée devant la presse en l'assortissant immédiatement d'un avertissement. « Il semblerait que le bateau ait été déséquilibré par les vagues générées et que le pilote ait été éjecté ; le bateau serait devenu fou en faisant des cercles, passant sur la bouée et percutant les victimes », a expliqué Jérôme Bourrier. Avant d'ajouter, sans ambiguïté, que « tous ces éléments doivent pour l'instant être pris avec prudence ».
C'est la seule ligne tenable. Rien n'est établi.
Le récit d'une source proche du dossier
Une source proche du dossier a livré à l'AFP un déroulé plus détaillé, qui converge avec cette première lecture des faits.
Selon elle, le bateau effectuait un large virage lorsque le pilote a été éjecté, pour une raison encore inconnue.
La suite tient en quelques mots terribles.
Le pilote a été heurté par l'hélice du bateau et a coulé à pic. Dans un premier temps, il a été porté disparu, avant que son corps ne soit retrouvé, a précisé cette source.
Privée de son barreur, l'embarcation n'a pas stoppé sa course. Elle a poursuivi son virage. Et elle est revenue frapper la bouée qu'elle tractait quelques secondes plus tôt.
Le bateau sans son pilote a poursuivi son virage et est venu heurter la bouée qu'il tractait, tuant une femme et blessant grièvement un homme au bras et à la jambe, rapporte la même source.
Une importante opération de secours a été déployée dans la foulée au large de Saint-Cyprien, selon Ici Roussillon et L'Indépendant. Il faut le dire simplement : sans la réactivité des moyens engagés, le bilan aurait pu être plus lourd encore. Les secouristes, les marins-pompiers, les équipages de la sécurité civile font, chaque été, un travail que le pays connaît mal et remercie peu.
Il n'y a ici ni scandale à instrumentaliser, ni coupable désigné d'avance, ni polémique à nourrir. Deux familles ont perdu un proche à la fin de l'été. Un homme est grièvement blessé. D'autres garderont longtemps en mémoire ce qu'ils ont vu.
Reste une question, que l'enquête devra trancher : comment une activité de loisir aussi banale, pratiquée par des milliers de vacanciers chaque année sur nos côtes, a-t-elle pu tourner ainsi ? La réponse ne se trouvera pas dans les commentaires en ligne. Elle se trouvera dans le travail méthodique de la brigade nautique et de la brigade maritime des recherches de Marseille.
En attendant, la retenue s'impose. C'est ce que demande le procureur. C'est ce que méritent les victimes.
(Crédit photo : L'Indépendant/Michel Clementz)

