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Maison de la NC : 300 millions pour rien ?

23 septembre 2025 à 08:05
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Maison de la NC : 300 millions pour rien ?
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Un territoire sous pression budgétaire, des caisses qui se vident. Le temps des privilèges touche à sa fin : place à la rigueur.

Un budget territorial sous tension, des coupes inévitables

La Nouvelle-Calédonie fait face à un choc budgétaire inédit. Le budget 2025 a été revu à la baisse : 130,3 milliards CFP au lieu des 140,9 milliards espérés. Dans ce contexte, l’exécutif n’a d’autre choix que de traquer les gaspillages. Lors du séminaire gouvernemental avec les communes, à La Foa, le message a été sans détour : il faut dégraisser le mammouth.

Dans le viseur de Thierry Santa, membre du gouvernement en charge du Budget : la Maison de la Nouvelle-Calédonie à Paris (MNC). Chaque année, cette structure coûte près de 300 millions CFP au contribuable. Depuis que les provinces ont cessé de participer à son financement, c’est uniquement la collectivité territoriale qui assume, à elle seule, cette dépense devenue insupportable.

Créée en 1988, la MNC avait pour mission de promouvoir l’image de la Nouvelle-Calédonie, d’accompagner les étudiants, d’aider les malades évacués sanitaires et de soutenir les délégations officielles. Mais au fil des années, son utilité réelle a été remise en cause, et les critiques se sont accumulées.

Une chambre des comptes sans concession

Dès 2019, la chambre territoriale des comptes avait dressé un réquisitoire sévère contre la gestion de la MNC. Le rapport sur les exercices 2013–2017 pointait une série de dérives :

  • Une gouvernance fantôme : seulement six réunions de conseil d’administration en cinq ans, parfois en toute illégalité. En 2014 et 2015, l’absence de président a fragilisé la validité des actes de l’association.

  • Des missions floues et mal exécutées : la MNC, censée relayer les dossiers du territoire à Paris, ne le faisait pas. Elle se concentrait surtout sur des actions sociales et culturelles, sans impact économique réel.

  • Une politique salariale dispendieuse : les cadres percevaient plus du double des minima conventionnels, les employés non-cadres près de 50 % au-dessus.

  • Un directeur surpayé : en poste depuis 2006, il bénéficiait d’une rémunération indexée comme s’il travaillait en Nouvelle-Calédonie, alors qu’il était basé à Paris. Son indemnité de départ atteignait l’équivalent de 48 mois de salaire.

  • Un déficit structurel : en 2017, le résultat affichait -40 millions CFP, malgré un fonds de roulement de 125 millions.

La chambre allait plus loin en qualifiant le statut associatif de la MNC d’inadapté. Selon elle, cette structure exerçait des missions de service public financées uniquement par l’argent public, mais sans cadre juridique ni contrôle adaptés. Elle recommandait donc une refonte totale du statut et du financement.

Un symbole de gaspillage dans le viseur de Santa

En 2025, alors que les finances du territoire s’enfoncent, la MNC est devenue le symbole des dépenses inutiles. Certes, elle accompagne les étudiants boursiers, aide les malades envoyés en métropole et accueille les délégations officielles, mais ces missions pourraient être rationalisées.

Les critiques du rapport de la chambre restent plus que jamais d’actualité. Le coût des véhicules et chauffeurs, bien qu’en baisse, représentait encore plus de 25 millions de CFP en 2017. Les frais liés aux évacuations sanitaires, eux, étaient très mal couverts : la CAFAT ne finançait que 11 % des dépenses réelles, laissant un différentiel de plus de 30 millions CFP à la charge de la MNC.

Thierry Santa l’a dit clairement : il n’est plus acceptable de maintenir une structure parisienne aussi coûteuse, alors que les communes calédoniennes manquent de moyens pour la sécurité, la jeunesse et la santé. Le débat doit maintenant être porté devant le Congrès de la Nouvelle-Calédonie, seul habilité à décider du sort de la MNC.

Le choix qui s’annonce n’est pas qu’une question budgétaire : c’est une question de crédibilité politique. Maintenir la Maison de la Nouvelle-Calédonie en l’état reviendrait à cautionner le gaspillage dénoncé depuis des années.

En assumant de cibler cette institution, Thierry Santa envoie un signal fort : chaque franc public doit être justifié, chaque dépense contrôlée. Fermer ou restructurer la MNC, c’est prouver aux Calédoniens que leurs sacrifices ne sont pas vains, que l’argent public ne sera plus dilapidé dans des structures de prestige, déconnectées des réalités locales.

La rigueur budgétaire n’est pas un luxe, c’est une nécessité. Et la Maison de la Nouvelle-Calédonie à Paris pourrait bien en être la première victime. Pour les contribuables, ce serait enfin un signe de responsabilité et de respect.

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