87 milliards au Nord : l’unité de façade ?

Ce vendredi 26 février, l’assemblée provinciale réunie à Koné a adopté une quarantaine de délibérations, dont le budget 2026 de la Province Nord, voté à l’unanimité.
Un budget qualifié de responsable, équilibré à 87 milliards de CFP, dont environ 64 milliards consacrés au fonctionnement et 23,5 milliards à l’investissement.
Un budget 2026 de 87 milliards voté à l’unanimité
L’adoption unanime du budget 2026 constitue un signal politique fort.
Dans un contexte institutionnel fragile, la Province Nord démontre une capacité de rassemblement autour de l’essentiel : la gestion des finances publiques.
Le budget repose sur les recettes fiscales attendues. Il affiche une priorité assumée aux aides sociales, notamment en matière de santé et d’éducation.
Avec près de 64 milliards affectés au fonctionnement, la collectivité entend garantir la continuité des services publics. Les 23,5 milliards d’investissement traduisent, eux, une volonté de maintenir l’effort d’équipement.
Dans une période marquée par les incertitudes économiques, la stratégie se veut prudente.
Pas d’annonce spectaculaire, mais une ligne budgétaire structurée autour de la stabilité.
La sécurisation des ressources et la maîtrise des dépenses apparaissent comme les deux piliers de ce budget. Une approche que plusieurs élus décrivent comme responsable et réaliste.
Au-delà des chiffres, c’est un choix politique clair : maintenir le cap des services essentiels.
Santé, éducation, solidarité restent les priorités affichées.
L’absence remarquée de Paul Néaoutyine
La séance était présidée par la première vice-présidente Nadeige Faivre. Une situation inhabituelle en raison de l’absence du président de la province, Paul Néaoutyine.
Sa chaise vide au moment du vote du budget n’est pas passée inaperçue. D’autant que l’on a appris récemment sa candidature à un septième mandat municipal à Poindimié.
En coulisses, différentes hypothèses circulent. Certains évoquent une maladie.
D’autres rappellent la publication, lundi, d’un communiqué dans lequel Paul Néaoutyine exprimait son opposition au processus dit de Bougival. Une lettre adressée aux Calédoniens, dont le ton aurait surpris jusque dans son entourage.
Aucun élément officiel ne relie ces deux séquences. Mais politiquement, la concomitance interroge.
Dans un moment où les discussions institutionnelles restent sensibles, chaque signal est scruté.
Et l’absence du président lors d’une délibération aussi structurante alimente les commentaires.
Menaces contre Jean-Pierre Djaïwe : la dérive des réseaux sociaux
Au sein du groupe UNI, les tensions se sont cristallisées autour de Jean-Pierre Djaïwe.
Le président du groupe UNI au Congrès a été la cible d’insultes et de menaces de mort sur les réseaux sociaux.
Ces attaques font suite à une interview accordée sur Caledonia le 24 février 2026.
Il y défendait la position de sa formation sur les accords dits Bougival-Élysée-Oudinot.
Une plainte a été déposée. La justice est saisie.
Dans un communiqué diffusé vendredi après-midi, le groupe UNI de la Province Nord se dit indigné par des agissements qualifiés d’intolérables et répétés. Il rappelle que les menaces constituent un délit sanctionné par la loi.
Ivana Bouanou et Patricia Goa dénoncent des propos injurieux récurrents qui alimentent un sentiment d’insécurité pour les élus et leurs familles. Le communiqué condamne fermement ces attitudes qui nuisent à la poursuite des discussions politiques.
Le texte appelle à un comportement citoyen et respectueux. Il affirme la confiance du groupe dans l’action de la justice pour identifier les auteurs.
Dans une démocratie, le désaccord est légitime ; la menace ne l’est jamais.
La séquence révèle une crispation préoccupante. Les débats institutionnels ne peuvent se transformer en chasse aux élus.
La fermeté face aux violences verbales est un impératif républicain. La liberté d’expression ne saurait couvrir l’intimidation.
Un projet structurant autour du barrage de Pouembout
Parmi les délibérations adoptées figure la charte de partenariat autour du barrage de Pouembout.
Un projet structurant destiné à sécuriser la distribution en eau potable.
La charte doit lier la Province Nord, la Nouvelle-Calédonie, l’État, les communes de Pouembout et Koné, le Sivom VKP ainsi que la Chambre d’agriculture et de la pêche. L’objectif est clair : garantir l’accès à l’eau et soutenir une région agricole stratégique.
Le secteur VKP constitue l’un des greniers agricoles du territoire. La sécurisation hydraulique y représente un enjeu majeur.
Dans un contexte climatique exigeant, l’anticipation prévaut. Investir dans l’eau, c’est investir dans la souveraineté alimentaire locale.
Là encore, le choix est pragmatique. Pas de posture, mais un projet concret.
Ce vote budgétaire unanime contraste donc avec les tensions politiques en toile de fond.
D’un côté, la gestion ; de l’autre, la bataille des lignes.
La Province Nord affiche une stabilité financière. Reste à savoir si le climat politique suivra la même trajectoire.

