Sans surprise, l’Assemblée nationale a rejeté les motions de censure déposées par La France insoumise et le Rassemblement national contre le gouvernement de Sébastien Lecornu. Faute de majorité, l’exécutif évite la chute, malgré une large opposition à l’accord de libre-échange avec le Mercosur.

Le résultat ne faisait guère de doute. L’Assemblée nationale a rejeté mercredi 14 janvier les motions de censure déposées par La France insoumise et le Rassemblement national contre le gouvernement de Sébastien Lecornu, à la suite de la signature du traité de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur. Déposée par les Insoumis, la première motion a recueilli 256 voix, bien en deçà des 288 nécessaires pour faire tomber l’exécutif. Celle du RN n’a rassemblé que 142 députés. La droite et le Parti socialiste ont refusé de s’y associer, scellant l’échec des deux initiatives.
Paradoxalement, la quasi-totalité des forces politiques françaises se disent opposées à l’accord de libre-échange avec le Mercosur. La France a d’ailleurs voté contre sa signature samedi dernier. Mais cette opposition n’a pas suffi à fédérer une majorité parlementaire pour censurer le gouvernement. À l’extrémité gauche comme droite des bancs, le gouvernement est accusé d’avoir mené une « opposition de façade », incapable d’empêcher la conclusion de l’accord. Une accusation vivement contestée par l’exécutif.
Lecornu fustige « les tireurs couchés »
À la tribune, le Premier ministre Sébastien Lecornu a dénoncé des motions de censure qu’il juge contre-productives. Il a fustigé « les tireurs couchés » qui « tirent dans le dos de l’exécutif » alors que la France doit « affronter des dérèglements internationaux ». « Dans ce dernier kilomètre, le temps n’est pas à la division, le temps est à l’unité dans le combat », a également plaidé le député socialiste Dominique Potier, rappelant que la bataille se joue désormais au niveau européen. Les eurodéputés doivent en effet se prononcer le 21 janvier sur une éventuelle saisine de la Cour de justice de l’Union européenne, un vote distinct de celui sur l’accord lui-même, attendu au plus tôt en février.
Le rejet des motions de censure permet au gouvernement de reprendre la main sur le calendrier parlementaire. La discussion budgétaire peut désormais se poursuivre, alors que l’exécutif cherche toujours un compromis avec le PS, jugé clé pour sa stabilité. Dans le même temps, les représentants du monde agricole, mobilisés mardi devant l’Assemblée nationale contre l’accord Mercosur, ont quitté la capitale. Le Premier ministre leur a promis, entre autres concessions, une nouvelle loi d’urgence agricole examinée « avant l’été ». Un répit politique pour l’exécutif, mais un débat loin d’être clos.
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