Nuñez dégaine un plan choc pour traquer les criminels

La France fait face à une criminalité plus organisée, plus numérique, plus violente.
Face à trois millions de procédures en stock, l’État choisit de reprendre la main.
Trois millions de procédures : l’urgence d’un sursaut national
Présenté par Laurent Nuñez aux organisations syndicales, le Plan Investigation marque une rupture assumée. Objectif : redonner des moyens réels aux enquêteurs de la police nationale.
Le constat est sans appel. Le stock de procédures en cours atteint près de trois millions de dossiers.
Chaque dossier, ce n’est pas une statistique : c’est une victime en attente d’une réponse judiciaire.
Dans le même temps, la délinquance évolue. La criminalité organisée se structure. Le narcotrafic irrigue les territoires. La criminalité numérique explose. La judiciarisation de la vie quotidienne alourdit les procédures.
Face à cette réalité, le ministère de l’Intérieur assume une ligne claire : réarmer l’État.
Le plan comprend 125 mesures concrètes destinées à renforcer la filière investigation.
En chiffres : 31 500 personnels affectés à l’investigation ; 2,7 millions de crimes et délits traités chaque année ; 700 agents supplémentaires grâce au budget voté.
Derrière chaque procédure ouverte se trouvent des citoyens qui attendent une réponse. Nous leur devons un service public de qualité, a déclaré le ministre.
Un message sans ambiguïté : la sécurité des Français n’est pas négociable.
Recruter, former, spécialiser : remettre l’enquête au cœur du dispositif
Le premier axe est humain. Sans enquêteurs formés et reconnus, il n’y a pas d’autorité de l’État.
Le Plan Investigation prévoit l’arrivée de 700 personnels supplémentaires dans la filière investigation.
Mais au-delà du volume, c’est la qualité qui est visée.
Une école de l’enquête sera créée. La spécialisation sera renforcée dès la formation initiale.
La formation continue sera repensée en profondeur.
Les expertises clés seront développées :
– cybercriminalité ;
– criminalité financière ;
– accompagnement des victimes ;
– spécialisation des interventions, notamment au sein des BRI.
L’objectif est clair : donner à l’enquête les moyens de réussir. Gagner du temps. Gagner en efficacité.
Gagner en crédibilité judiciaire.
Le plan prévoit aussi une meilleure organisation du travail, adaptée aux contraintes opérationnelles.
Car l’investigation exige disponibilité, technicité et endurance.
Autre innovation : la création d’un statut de policier sous contrat pour attirer des profils hautement spécialisés, notamment en cybercriminalité. Un choix pragmatique face à la compétition internationale pour les compétences numériques.
Numérique, primes et coopération : moderniser pour frapper plus fort
La criminalité du XXIᵉ siècle ne se combat pas avec les outils du XXᵉ. Le Plan Investigation assume un virage technologique.
Un nouveau logiciel de rédaction des procédures sera déployé afin de standardiser, sécuriser et simplifier les actes d’enquête. Objectif : améliorer la qualité rédactionnelle et réduire le temps consacré aux tâches administratives.
Dès 2026, plusieurs outils seront opérationnels :
– automatisation du suivi des procédures ;
– dématérialisation de la gestion des scellés ;
– centralisation des données issues de la lecture automatisée des plaques d’immatriculation (LAPI) ;
– accélération de l’analyse des images vidéo ;
– consultation automatisée de plusieurs fichiers ;
– expérimentation de la géolocalisation des véhicules volés.
L’intégration des nouvelles technologies, dont l’intelligence artificielle, doit permettre de fiabiliser et d’accélérer la rédaction des procédures. Le but est simple : redonner du temps d’investigation opérationnelle aux policiers.
Le plan comporte également un volet reconnaissance : création d’une prime d’investigation de 150 euros bruts par mois pour environ 31 500 agents ; instauration d’une prime de haute technicité de 125 euros bruts mensuels pour près de 1 900 agents.
La reconnaissance des parcours professionnels sera renforcée. Car fidéliser les enquêteurs est devenu un enjeu stratégique.
Enfin, le plan mise sur une coopération accrue entre services et une harmonisation des pratiques d’enquête. Plus de coordination, moins de silos. Plus d’efficacité, moins de lourdeurs.
Le message politique est limpide : investir dans l’enquête, c’est investir dans la sécurité des Français.
Avec ce Plan Investigation, le ministère de l’Intérieur engage une feuille de route pluriannuelle appelée à évoluer. Un point de départ, pas un aboutissement.
Dans un contexte de criminalité organisée croissante et de pression judiciaire permanente, le choix est assumé : renforcer la police judiciaire, protéger les victimes, réaffirmer l’autorité de l’État.
La promesse du ministre est claire :
Ce plan marque la reconnaissance que la Nation doit à ses enquêteurs et ouvre un nouveau cycle pour la police judiciaire. Vous pouvez compter sur mon engagement personnel.
À l’heure où l’exigence de sécurité progresse dans l’opinion, le Plan Investigation se veut une réponse structurelle. Une réponse d’autorité. Une réponse d’efficacité. Une réponse républicaine.
