Khamenei mort, les Gardiens jurent vengeance

Deux détonations dans la nuit, puis un écran noir à Téhéran.
À l’aube, la télévision d’État iranienne l’annonce en sanglots : un règne s’achève.
La télévision d’État confirme la mort d’Ali Khamenei
À 5 h 00, heure locale, un présentateur de la télévision d’État iranienne a annoncé, en larmes, le décès d’Ali Khamenei.
Âgé de 86 ans, le guide suprême de la République islamique dirigeait l’Iran depuis 1989. La chaîne officielle n’a pas précisé les circonstances exactes de sa mort.
Aucune mention directe des frappes israéliennes et américaines menées la veille contre sa résidence à Téhéran. À l’antenne, des images d’archives défilent. Un bandeau noir barre l’écran en signe de deuil.
Le ton est grave. Le pouvoir parle de « martyre ». Le guide suprême était au sommet de l’État depuis trente-six ans.
Il contrôlait les institutions militaires, judiciaires et religieuses. Son autorité s’étendait à l’appareil sécuritaire et aux Gardiens de la révolution. Sa disparition ouvre une séquence politique inédite en Iran.
Le régime décrète quarante jours de deuil national. Sept jours fériés sont instaurés.
Sa voie et sa mission seront poursuivies avec davantage de vigueur, affirme un présentateur officiel.
Un message de continuité, sans ambiguïté. Mais sur le terrain, la situation militaire reste tendue.
Frappes israélo-américaines : plus de 30 cibles visées
Dans la nuit, l’armée israélienne a annoncé une nouvelle vague de frappes.
Selon un communiqué, « des dizaines d’avions de combat » ont frappé plus de 30 cibles dans l’ouest et le centre de l’Iran : systèmes de défense aérienne, lanceurs de missiles balistiques, centres de commandement militaire.
Des sites présentés comme appartenant au « régime terroriste iranien ». Vers 4 heures, heure locale, au moins trois détonations ont secoué Téhéran, selon un journaliste de l’AFP.
Des vrombissements d’appareils ont été entendus au-dessus de la capitale.
Le lieutenant-général Eyal Zamir a évoqué une « opération majeure, décisive et sans précédent ».
Objectif affiché : démanteler des capacités jugées « existentielles » pour la sécurité de l’État d’Israël.
Les États-Unis ont confirmé leur participation aux frappes. Le président américain a déclaré que les opérations se poursuivraient « sans interruption tout au long de la semaine ».
Dans le même temps, Téhéran a confirmé la mort de Mohammad Pakpour, chef des Gardiens de la révolution,
ainsi que celle d’Ali Shamkhani, haut responsable de la sécurité nationale. Les autorités iraniennes parlent de « martyrs ». L’escalade militaire est désormais ouverte. Et elle ne relève plus de l’hypothèse.
Deuil en Iran, célébrations dans la diaspora
À Téhéran, le pouvoir organise le deuil : quarante jours officiels, sept jours fériés.
Les Gardiens de la révolution promettent un « châtiment sévère » aux « meurtriers » du guide.
Ils dénoncent les « gouvernements malfaisants des États-Unis » et le « régime sioniste ».
Le communiqué évoque une « main vengeresse » qui ne s’arrêtera pas.
Un langage martial, fidèle à la ligne dure du régime. Mais ailleurs, l’ambiance est radicalement différente.
À Los Angeles, où vit la plus importante diaspora iranienne au monde, plusieurs dizaines de personnes ont célébré l’annonce : drapeaux agités, musique dans les rues. Certains affichent le slogan « Make Iran Great Again ».
Une référence assumée à la rhétorique trumpiste. L’événement reste historique.
En Australie, le Premier ministre Anthony Albanese a déclaré que la mort d’Ali Khamenei « ne sera pas pleurée ».
Il a rappelé que le guide suprême était responsable du programme nucléaire et balistique iranien, du soutien à des groupes armés, ainsi que d’actes de répression contre son propre peuple. Des propos fermes, dans la lignée des critiques occidentales de longue date.
La disparition d’Ali Khamenei ne met pas fin aux tensions. Elle les redéfinit. Le régime promet la continuité.
Israël et les États-Unis poursuivent leurs frappes. La région retient son souffle. Et l’Iran entre dans une nouvelle ère.
Une ère sans celui qui aura incarné pendant plus de trois décennies la République islamique.
