Trump revendique l’élimination du maître de Téhéran

Donald Trump a affirmé samedi soir la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei à la suite de frappes israélo-américaines visant les plus hauts responsables du régime. À ce stade, Téhéran n’a pas confirmé officiellement le décès.
Un pilier de la révolution islamique depuis 1979
Né le 19 avril 1939 à Machhad, dans l’est de l’Iran, Ali Khamenei étudie la philosophie islamique avant de devenir ayatollah. Dès les années 1960 et 1970, son activisme contre le chah lui vaut plusieurs séjours en prison.
En 1979, il figure parmi les acteurs majeurs de la révolution islamique menée par Rouhollah Khomeini, qui renverse le chah Mohammad Reza Pahlavi. Khamenei est alors nommé imam de la grande prière du vendredi à Téhéran, un poste stratégique dans la consolidation du nouveau régime.
En 1981, il devient le premier religieux élu président de la République islamique. Durant ses deux mandats, marqués par la guerre Iran-Irak (1980-1988), il refuse tout cessez-le-feu anticipé. Pour de nombreux Iraniens, cette période symbolise l’abandon définitif des espoirs de sécularisation du pays.
À la mort de Khomeini en 1989, Khamenei est désigné guide suprême. Son accession se déroule sans heurt. À 50 ans, il s’installe au sommet d’un système théocratique où le pouvoir religieux prime sur les institutions élues.
Un pouvoir quasi absolu sur l’État iranien
En tant que guide suprême, Khamenei concentrait un pouvoir religieux, politique et militaire considérable. Chef des forces armées, arbitre des grandes orientations diplomatiques et sécuritaires, il incarnait la ligne dure de la République islamique face aux États-Unis et à Israël.
Arborant le turban noir des seyyed, descendants du prophète Mahomet, il était le doyen des chefs d’État du Moyen-Orient. Ses portraits sont omniprésents dans l’espace public iranien. La question de sa succession n’a jamais été débattue publiquement.
Ses trois décennies de règne ont été marquées par des crises internes majeures. En 2009, le « Mouvement vert » conteste la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad. En 2022, le mouvement « Femmes, Vie, Liberté » éclate après la mort en détention de Mahsa Amini.
Face à ces mobilisations, le régime réprime fermement. Khamenei dénonce régulièrement des « complots » orchestrés par des ennemis étrangers, notamment les États-Unis et Israël. Les ONG et les instances internationales ont à plusieurs reprises pointé des violations des droits humains en Iran.
Cris de joie à Téhéran, incertitudes officielles
Après les premières informations relayées par des médias étrangers, des témoins cités par l’AFP évoquent des cris de joie dans certains quartiers de Téhéran samedi soir. Des habitants auraient applaudi depuis leurs fenêtres, diffusé de la musique et manifesté leur satisfaction peu après 23 heures locales.
L’opposant iranien Reza Pahlavi, fils du chah renversé en 1979, a salué l’annonce, estimant que le régime islamique était désormais renvoyé « dans les poubelles de l’histoire ».
À Washington, Donald Trump maintient la pression. Il affirme que les opérations se poursuivront jusqu’à l’atteinte d’une « paix à travers le Moyen-Orient et dans le monde entier ».
À l’heure où ces déclarations sont diffusées, aucune confirmation officielle n’a été émise par les autorités iraniennes. La situation reste évolutive. Une chose est certaine : si la mort d’Ali Khamenei était confirmée, elle marquerait un tournant historique pour l’Iran et pour l’équilibre stratégique du Moyen-Orient.

