Santé, nickel : le Congrès sort l’artillerie lourde

Ils promettaient une séance technique. Elle s’annonce stratégique. Santé, nickel, continuité pays : le Congrès entre dans le dur.
Santé et protection sociale : le temps du contrôle et de la responsabilité
Le mardi 3 mars 2026 à 8 heures, la commission de la législation et de la réglementation générales se réunira conjointement avec la commission du travail et de la formation professionnelle dans la grande salle des commissions.
À l’ordre du jour : l’examen du projet de délibération portant approbation de l’avenant n° 2 à la convention constitutive du groupement d’intérêt public « Formation – Cadres Avenir ».
Mais coup de théâtre institutionnel : après avis du bureau rendu le 24 février 2026, ce texte est retiré de la séance publique prévue à 9 heures dans l’hémicycle.
Les commissions compétentes n’ont pas pu l’examiner le 23 février comme initialement envisagé.
Résultat : retrait de l’ordre du jour. Une décision administrative, mais qui illustre les exigences de procédure.
La séance publique du 3 mars s’articulera donc autour d’un projet de loi du pays portant diverses dispositions en matière sanitaire et sociale (rapport n° 74/GNC du 01.10.2025).
Ce texte touche à des sujets structurants. Il prévoit notamment le renforcement du contrôle médical, la modernisation des feuilles de soins ainsi qu’une révision des conditions de remboursement des prestations.
Sont également concernés les conventionnements avec les professionnels de santé, l’hébergement des données de santé et l’encadrement de certaines pratiques. Autrement dit : la maîtrise du système.
Dans un contexte budgétaire contraint, la logique est claire : mieux contrôler pour mieux protéger.
La protection sociale ne peut survivre sans rigueur. Le texte s’inscrit dans cette volonté d’efficacité et de responsabilité.
Code minier et scorie de nickel : défendre la valeur calédonienne
Deuxième temps fort de la séance : l’examen d’une proposition de loi du pays modifiant le code minier de la Nouvelle-Calédonie (partie législative).
Il s’agit de la proposition n° 137 déposée le 7 décembre 2023 par Mesdames Virginie Ruffenach et Françoise Suve.
Le secteur minier demeure un pilier stratégique du territoire. Réviser son cadre législatif, c’est affirmer une vision de long terme. Dans une économie fragilisée, chaque levier de compétitivité compte.
Autre texte majeur : le projet de délibération modifiant la délibération n° 182 du 30 décembre 2011 portant diverses dispositions d’ordre douanier (rapport n° 25/GNC du 16.04.2025).
Son objectif est explicite : favoriser la valorisation de la scorie de nickel calédonienne à l’export.
La scorie de nickel, sous-produit de la métallurgie, possède un potentiel économique et environnemental réel. Sa valorisation permet de réduire les déchets industriels.
Elle participe aussi à l’économie circulaire, notamment dans la construction ou la fabrication de matériaux abrasifs.
L’exportation représente une piste prioritaire. Mais le marché reste fragile. La concurrence internationale est forte. Les coûts de commercialisation pèsent lourd.
En cause : le prix du fret maritime et le droit de quai perçu sur les marchandises embarquées, débarquées ou transbordées par les navires opérant commercialement en Nouvelle-Calédonie.
Le texte vise donc à adapter le cadre douanier pour soutenir cette filière. Un signal envoyé aux industriels : la richesse produite ici doit créer de la valeur ici.
Session extraordinaire et continuité pays : l’État et le territoire au travail
Conformément à l’article 66 de la loi organique statutaire, le haut-commissaire de la République a saisi le Congrès par courrier du 19 février 2026, déposé le 20 février.
Après avis du bureau en date du 25 février 2026, le Congrès est convoqué en session extraordinaire le mercredi 4 mars 2026 à 14 heures.
Objectif : rendre un avis sur un projet d’arrêté portant désignation, au sein des commissions administratives spéciales, de personnalités qualifiées indépendantes (saisine 237.SR.26).
Ce rendez-vous institutionnel rappelle que les équilibres calédoniens reposent sur des procédures précises et encadrées. L’État et le territoire travaillent de concert, dans le respect des textes.
Enfin, la commission des infrastructures publiques, de l’aménagement du territoire, du développement durable, de l’énergie, des transports et de la communication se réunira le jeudi 5 mars 2026 à 9 h 30.
Elle examinera un projet de délibération modifiant la délibération n° 502 du 29 juillet 2025 portant création d’un dispositif d’aide à la continuité pays.
La continuité pays est un enjeu concret pour les Calédoniens. Elle touche à la mobilité, au lien entre les provinces, à l’équité territoriale.
Adapter ce dispositif, c’est répondre à une réalité économique et sociale. C’est aussi réaffirmer un principe simple : l’unité territoriale ne se décrète pas, elle se soutient.
Au final, cette séquence "parlementaire" du début mars 2026 illustre une ligne claire : maîtriser les finances sociales, soutenir la filière nickel, renforcer les outils économiques, garantir la continuité territoriale.
Pas de posture. Des textes. Des procédures. Des décisions.
Dans un contexte où la Nouvelle-Calédonie doit consolider ses bases économiques et institutionnelles, ces débats ne sont pas secondaires. Ils touchent au cœur du modèle calédonien.
Santé, mine, douane, formation, continuité pays : autant de dossiers techniques qui engagent l’avenir.
Et une conviction assumée : la responsabilité budgétaire, la valorisation de nos ressources et la solidité des institutions sont les fondations de la prospérité. Le Congrès ouvre une semaine décisive.

