Lors de la réunion organisée à Paris par Emmanuel Macron autour de l’accord de Bougival, Sonia Backès, présidente de la province Sud et cheffe de file des loyalistes à Paris, a pris la parole pour fixer un cadre politique clair.
Un propos direct, assumé, dans lequel elle a rappelé les engagements pris le 12 juillet et placé l’État face à ses responsabilités, sans détour ni ambiguïté.
En posant des lignes rouges et un calendrier, Sonia Backès a exercé une pression assumée sur l’exécutif, laissant peu de place à l’atermoiement et transformant la séquence en véritable ultimatum politique.
Une intervention qui confirme son rôle central dans la défense des loyalistes et sa volonté d’obtenir, enfin, des décisions concrètes pour la Nouvelle-Calédonie.
Monsieur le Président de la République,
Monsieur le président du Sénat
Madame la présidente de l’Assemblee Nationale,
Madame la Ministre,
Monsieur le Haut commissaire,
Mesdames et messieurs représentants de l’Etat
Mes chers collègues,
D’abord merci de prendre encore de votre temps pour chercher une solution pour la Nouvelle-Calédonie.
D’abord, il nous faut faire un constat: le FLNKS n’est pas venu: ce n’est pour moi pas une surprise.
En effet depuis 5 ans, depuis le 3eme référendum, j’ai expliqué à chacun d’entre vous, à chaque interlocuteur de l’Etat qu’ils ne voulaient pas d’accord.
Ils ne veulent pas d’accord simplement parce que leur stratégie est simple: c’est la même que celle de LFI en métropole: le chaos.
C’est en effet par le chaos qu’ils veulent obtenir l’indépendance. En décourageant les populations, en les terrorisant, en leur obérant tout avenir, ils font partir les nôtres et espèrent ainsi devenir majoritaires par la force.
Et cela fait 5 ans, depuis le 3eme référendum que je dis à l’Etat de faire avec cette réalité.
5 ans que je vous répète que l’Etat doit construire une stratégie sur la base de ce constat: ils ne veulent pas d’accord.
Mais vous les avez crus, vous êtes tombés dans les pièges tendus et tellement prévisibles.
Aujourd’hui on y est, au bout du bout du chemin.
Ceux qui ne veulent pas d’accord nous ont fait perdre un temps précieux.
Un temps précieux pour les calédoniens, un temps précieux pour les entreprises, pour les emplois.
Un temps précieux pour ceux qui attendent, depuis des années, de voter enfin.
Ils ont durablement abîmé le vivre ensemble.
Il est grand temps d’avancer: nous sommes là aujourd’hui parce que le 12 juillet dernier nous avons trouvé ensemble un accord que vous avez qualifié d’historique.
Cet accord, il est le résultat d’un engagement très fort de chacun des participants.
Les non indépendantistes ont du accepter entre autres, que les 3 fois Non ne permettaient pas de considérer qu’on ne parlerait plus jamais d’indépendance.
Les indépendantistes y ont abandonné, entre autres, l’idée que l’accord de Nouméa menait inéluctablement à l’indépendance, ainsi que le principe des référendum binaires pour accéder à la pleine souveraineté.
Alors si nous sommes la aujourd’hui c’est pour mettre en œuvre cet accord.
Pas pour en faire un nouveau, pas pour qu’il serve de socle à de nouvelles concessions, mais pour le mettre en œuvre.
Et, ça, c’est votre part de l’accord, Monsieur le Président, qu’il vous appartient de respecter.
Cet accord nous le voulons, les calédoniens le veulent.
Il y a sans doute des clarifications ou des précisions à apporter, nous les chercherons ensemble, mais nous ne reviendrons pas sur l’esprit de l’accord du 12 juillet.
Parce que jusque là ce sont toujours les violents qui l’ont emporté:
ils ont tout cassé et vous avez retiré le projet de loi sur le dégel,
ils ont bloqué et vous avez retiré le projet de loi sur la consultation anticipée.
Bougival doit être mis en œuvre parce qu’il s’agit là de savoir quel projet de société nous voulons:
un projet de société où c’est la loi du plus fort qui l’emporte, ou un projet de société où c’est la démocratie qui l’emporte.
Monsieur le Président de la République, mesdames et messieurs, nous en sommes là parce que l’Etat n’avait pas mis les forces suffisantes le 13 mai dernier.
Vous devez assumer désormais de prendre les décisions qui permettront aux calédoniens de retrouver de l’espoir et assumer la reconstruction économique sans faillir.
Nous avons nous fait notre part:
nous avons négocié,
nous avons concédé,
nous avons signé,
nous avons assumé.
À vous de faire votre part.

















