Au lendemain de la signature à Paris de l’accord dit Élysée-Oudinot, complémentaire à l’accord de Bougival, Sonia Backès assume un travail de fond mené sur trois jours de négociations intenses. Un double texte, politique et économique, qu’elle présente comme essentiel pour sécuriser l’avenir institutionnel, social et économique de la Nouvelle-Calédonie.
En réalité, c’est deux accords que nous avons passés, deux accords qui sont indispensables pour la Nouvelle-Calédonie.
Un double accord politique et économique jugé « indispensable »
Pour la présidente de la province Sud, l’enjeu était clair : consolider Bougival sans en bouleverser les équilibres. Le texte signé confirme à la fois la lettre et l’esprit de l’accord initial, tout en apportant des précisions réclamées par plusieurs partenaires politiques, localement comme au Parlement.
L’idée n’était pas de modifier l’accord de Bougival, ni sa lettre ni son esprit, mais d’éclairer ce qui n’était pas clair.
Ces clarifications portent notamment sur l’exercice du droit à l’autodétermination, désormais dissocié d’un référendum binaire, et sur les modalités de transfert des compétences régaliennes. Une évolution assumée, qui vise à sortir d’une logique d’affrontement permanent pour entrer dans une mécanique de construction progressive.
Droit à l’autodétermination : éclairer sans modifier
Sonia Backès insiste : il ne s’agissait pas de renégocier Bougival, mais d’en expliciter les zones d’ombre. Le principe reste celui d’une autodétermination exercée par le transfert encadré de compétences, et non par un vote brutal aux conséquences irréversibles.
Le droit à l’autodétermination n’est plus exercé par un référendum binaire, mais par la capacité à transférer des compétences régaliennes.
Ces précisions étaient attendues, tant par certains partenaires politiques calédoniens que par plusieurs groupes parlementaires métropolitains, dont le soutien sera indispensable lors du passage du projet de loi constitutionnelle.
Le corps électoral reste inchangé
Sur un sujet particulièrement sensible, la présidente de la province Sud se veut catégorique : rien n’a été modifié. Le dégel du corps électoral reste fixé à 10 ans à partir de 2031, puis à 15 ans en 2036.
Tout ce qui n’apparaît pas dans ce complément est maintenu tel que c’est écrit dans Bougival, notamment sur le corps électoral.
Les autres équilibres institutionnels issus de Bougival sont maintenus, qu’il s’agisse de la création d’un État de la Nouvelle-Calédonie, d’une nationalité calédonienne ou du rééquilibrage des sièges au Congrès en faveur de la province Sud. L’accord Élysée-Oudinot ne remplace donc pas Bougival, il le complète.
Provinces et attractivité économique renforcées
Autre avancée majeure : la clarification du rôle des provinces en matière de développement économique. L’accord précise les outils dont elles disposeront pour renforcer leur attractivité, notamment fiscale et réglementaire. Une reconnaissance explicite de leur rôle central dans la relance économique du territoire.
Pour Sonia Backès, ces précisions permettent enfin de donner aux collectivités les moyens d’agir, là où Bougival restait volontairement plus général.
Une sécurisation sociale et industrielle assumée
La partie économique de l’accord constitue l’autre pilier du texte signé à Paris. Elle apporte des engagements chiffrés et datés sur des sujets jusqu’ici sources d’inquiétudes majeures : retraites, RUAM, système électrique, grands travaux et soutien à la filière nickel.
Ces engagements économiques permettent de garantir aux Calédoniens qu’ils auront leurs retraites en 2026, 2027 et 2028.
L’État s’engage notamment sur la pérennité des régimes sociaux jusqu’en 2028 et sur l’accompagnement des acteurs industriels du nickel, de la NMC à PRNC, en passant par la SLN. Des milliers d’emplois sont directement concernés par ces garanties.
FLNKS : la main tendue, sans illusion
L’absence du FLNKS à la table des discussions n’a pas échappé à la présidente de la province Sud. Elle rappelle toutefois que les principales critiques formulées par le mouvement indépendantiste, identité kanak et autodétermination, ont précisément fait l’objet des clarifications apportées.
Reste désormais à savoir si le FLNKS souhaitera s’inscrire dans cette dynamique ou maintenir une stratégie de blocage, dans un contexte où la visibilité et la stabilité sont devenues cruciales pour retenir les Calédoniens sur leur territoire.
Des échéances législatives et démocratiques décisives
La suite du processus s’annonce dense : projet de loi constitutionnelle attendu au printemps, consultation des Calédoniens prévue à l’été, puis adoption d’une loi organique avant l’organisation des élections provinciales, mécaniquement repoussées à fin 2026.
Un calendrier contraint, mais que Sonia Backès estime incontournable pour garantir un cadre électoral stabilisé et juridiquement solide.
On ne peut plus être dans une logique des uns contre les autres : tout se fait désormais avec des majorités qualifiées.
















