La proposition de création d’un Haut conseil de l’économie sociale et solidaire (ESS) portée par le groupe UC-FLNKS et Nationalistes et défendue par Omayra Naisseline a été renvoyée en commission au Congrès le 19 janvier, après l’adoption d’une motion préjudicielle déposée par l’intergroupe Loyalistes.
Officiellement, le texte a été jugé prématuré, notamment en raison de son impact budgétaire indirect, alors même que les finances publiques calédoniennes sont sous tension et que près de 50 instances consultatives ont été recensées par les services du Congrès, « pour la plupart inactives », selon l’élue Générations NC Nina Julié.
Mais au-delà du débat institutionnel, c’est surtout la réaction des militants et sympathisants UC-FLNKS eux-mêmes qui interpelle.
Sur la page Facebook officielle du groupe UC-FLNKS et Nationalistes, où la proposition est présentée comme un « élan vital » pour structurer l’ESS, de nombreux commentaires expriment scepticisme, lassitude et colère, y compris parmi des profils manifestement favorables à la mouvance indépendantiste.
Plusieurs internautes s’interrogent frontalement sur l’utilité concrète du projet :
« Avec quel financement ? »
« Et ca sert à quoi pour le Pays ? À créer des emplois ? À remplir le frigo ? À gagner des pièces ? »
« Mais où est le pognon »
« Qui paye ce machin…combien toucheront ces conseillers… »
« Encore un machin pour brasser de l’air »
D’autres mettent en cause la méthode et les priorités politiques :
« Pas un programme, vous nous avez foutu à la merci des financiers et de la France »
« On crève »
« Vous n’êtes plus crédibles »
La critique vise aussi la prolifération administrative, thème récurrent dans les réactions :
« Déjà que le CESE ne sert à rien, pourquoi créer encore un truc qui va coûter de l’argent ? »
« Encore une instance dans un si petit pays »
Plus sévère encore, certains commentaires accusent le projet de servir avant tout des logiques de placement :
« Encore un machin pour reclasser les copains et copines »
« Juste pour toucher la prime »
« Commence par toucher la terre et avoir un champ déjà on a pas oublié que tu as signé Bougival »
Fait notable, cette contestation ne vient pas des adversaires traditionnels de l’UC-FLNKS, mais de sa propre sphère militante ou sympathisante, sur un sujet pourtant présenté comme social, solidaire et consensuel.
Dans un contexte marqué par la crise économique, la précarité et les conséquences encore vives des violences de 2024, cette séquence révèle un décalage croissant entre une élite politique institutionnalisée et une base militante en quête de réponses concrètes.
Le renvoi du texte en commission n’a donc pas seulement mis en pause un projet administratif : il a mis en lumière une fracture interne, où les critiques les plus dures ne viennent plus de l’extérieur, mais de l’intérieur même du camp qui porte la proposition.


















