À l’Assemblée nationale, le dossier calédonien s’est invité au cœur d’un échange tendu en séance nocturne. La ministre des Outre-mer a opposé une réponse ferme aux accusations de « passage en force » portées par la gauche radicale.
Un échange tendu dans l’hémicycle
Dans la nuit de lundi à mardi, les débats à l’Assemblée nationale ont été marqués par une intervention remarquée de la ministre des Outre-mer sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie. Interpellée par le député Bastien Lachaud, membre de La France insoumise, la ministre a vigoureusement contesté l’accusation de « passage en force » régulièrement avancée par LFI à propos des discussions engagées par l’État.
Dès l’entame de sa réponse, la ministre a estimé que les propos du député ne correspondaient pas à la réalité du processus conduit depuis plusieurs mois, affirmant que les faits invoqués étaient inexacts.
Le FLNKS « invité, sollicité et attendu »
Au cœur de l’échange, la question de la place du FLNKS dans les négociations. La ministre a affirmé sans ambiguïté que le Front de libération nationale kanak et socialiste n’avait jamais été exclu des discussions.
Selon elle, le mouvement indépendantiste a été invité, sollicité et attendu, au même titre que les autres forces politiques concernées par l’avenir institutionnel du territoire. Son absence relèverait donc d’un choix politique, et non d’une mise à l’écart orchestrée par l’État.
Pour l’exécutif, cette précision vise à déconstruire l’argument d’un processus fermé ou déséquilibré, souvent mis en avant par la gauche radicale dans le débat national.
Un processus engagé dans la durée
Sur l’accusation de méthode autoritaire, la ministre a rappelé la chronologie des discussions. Elle a évoqué quatre jours de négociations à Paris, précédés de semaines de travail préparatoire et de mois d’échanges, engagés dès l’été dernier.
Ces discussions ont réuni des responsables politiques aux sensibilités diverses, dans un contexte local parfois tendu. La ministre a notamment souligné que le courant indépendantiste n’était pas absent des échanges, citant la participation de UNI-Palika.
Pour le gouvernement, cette pluralité d’acteurs invalide l’idée d’un processus imposé unilatéralement depuis Paris.
Un accord présenté comme global et orienté vers l’avenir
La ministre a enfin insisté sur la finalité des discussions engagées. Selon elle, malgré des échanges parfois « rugueux », celles-ci ont permis d’aboutir à un accord global, combinant des volets institutionnel et économique, destiné à offrir des perspectives concrètes à la Nouvelle-Calédonie.
Elle a rappelé que la suite du processus s’inscrirait dans un cadre parlementaire, garantissant un examen démocratique des textes à venir. Pour l’exécutif, il s’agit désormais d’avancer avec les acteurs disposés au dialogue, afin d’éviter un enlisement politique susceptible d’aggraver les fragilités du territoire.
Cette séquence nocturne à l’Assemblée nationale illustre la ligne défendue par le gouvernement : assumer la méthode engagée, tout en réfutant fermement les accusations de passage en force dans le dossier calédonien.


















