Première organisation syndicale de la Police nationale, Alliance sort du cadre habituel de la contestation corporatiste.
Le samedi 31 janvier 2026, le syndicat, classé à droite, organise des rassemblements citoyens sur l’ensemble du territoire.
Objectif affiché : alerter sur une crise sécuritaire majeure et provoquer un réveil collectif.
Dans un communiqué diffusé dès décembre, Alliance dresse un constat sans détour.
Selon le syndicat, la France s’enfonce dans une spirale d’insécurité nourrie par des renoncements politiques répétés.
Il dénonce un affaiblissement continu de l’autorité de l’État, aux conséquences directes sur la vie quotidienne.
La ligne est assumée, le ton ferme.
Pour Alliance, la sécurité n’est pas négociable, car elle conditionne l’exercice de toutes les libertés.
Sans sécurité, il n’y a ni cohésion nationale ni République solide.
Une police à bout de souffle face à une criminalité décomplexée
Dans ses prises de parole, le syndicat insiste sur l’état réel des forces de l’ordre. Les policiers, toutes filières confondues, seraient aujourd’hui à bout. Les personnels administratifs, techniques et scientifiques du ministère de l’Intérieur sont, eux aussi, concernés.
Alliance évoque un manque criant de moyens humains, matériels, logistiques et juridiques.
Les budgets seraient structurellement insuffisants pour faire face à une criminalité toujours plus mobile et organisée.
Le budget 2026 est même jugé hypothétique, dans un contexte d’incertitude politique.
Sur le terrain, les conséquences sont concrètes. Des locaux vétustes, des équipements vieillissants, des logiciels instables.
Des conditions de travail qualifiées de très dégradées par de nombreux agents.
À cela s’ajoute une lourdeur administrative devenue, selon Alliance, un frein opérationnel majeur. Les policiers passent davantage de temps derrière des écrans que sur le terrain. Une situation vécue comme une perte de sens du métier.
Procédures en souffrance et justice saturée
Le syndicat met également en lumière la crise silencieuse de l’investigation. Près de deux millions de procédures resteraient actuellement en souffrance. Chaque année, 3,4 millions de nouveaux dossiers viendraient s’y ajouter.
Les services d’enquête font face à une véritable hémorragie de compétences. Manque d’effectifs, délais interminables, découragement professionnel. Le résultat est connu : un sentiment d’impunité pour les délinquants.
Alliance martèle qu’aucune politique de sécurité crédible n’est possible sans une justice efficace. Une justice qui protège d’abord les honnêtes citoyens. Et qui soutient clairement ceux qui font respecter la loi.
Le syndicat réclame un renforcement massif des moyens d’investigation. Mais aussi des outils numériques fiables, intégrant l’intelligence artificielle, afin de gagner du temps et de sécuriser les procédures.
Objectif : remettre les policiers sur leur cœur de mission.
Un appel direct aux citoyens et aux élus
Fait rare, Alliance ne s’adresse pas uniquement à l’exécutif. Le syndicat appelle les Français à se mobiliser aux côtés des forces de l’ordre. Il parle de soutien concret, pas de compassion abstraite.
Le mot d’ordre est clair et sans ambiguïté : STOP à l’insécurité. STOP à l’impunité. STOP à l’abandon des forces de l’ordre. STOP aux promesses sans lendemain.
Des rassemblements sont annoncés dans de nombreuses villes : Lille, Rennes, Strasbourg, Clermont-Ferrand, Lyon, Grenoble, Bordeaux, Toulouse, Marseille, Nice.
À Paris, le rendez-vous est fixé place de la Bastille à 11 heures, avec un départ en direction de la place de la Nation.
Ces derniers jours, plusieurs policiers ont tracté pour diffuser leur message. Une mobilisation assumée, visible, revendiquée.
Alliance se présente comme un lanceur d’alerte institutionnel. Pour le syndicat, l’enjeu dépasse largement la profession policière. Il s’agit de défendre l’ordre républicain, sans naïveté ni excuses permanentes.
Dans un pays fragmenté, Alliance fait le choix du discours de vérité. Celui qui refuse la victimisation systématique.
Et qui rappelle que l’autorité de l’État est la condition première de la liberté.

















