Deux clics suffisent pour défendre l’art, le patrimoine et la dignité de nos espaces de soins.
En Nouvelle-Calédonie, le combat pour la culture se joue aussi là où on ne l’attend pas : au cœur de l’hôpital.
Un patrimoine artistique local au cœur de l’hôpital public
Dans les jardins du Médipôle de Koutio, quatre sculptures contemporaines réalisées par des artistes calédoniens composent un parcours artistique à ciel ouvert. Ces œuvres ne sont ni décoratives ni anecdotiques. Elles font partie intégrante de l’identité du site hospitalier, pensé dès l’origine comme un lieu de soins humanisé, ouvert sur la culture et l’environnement.
Patients, familles, soignants et visiteurs croisent quotidiennement ces sculptures, intégrées aux espaces de circulation et de repos. Dans un contexte hospitalier souvent anxiogène, l’art joue ici un rôle fondamental : apaiser, élever, rappeler que la beauté a toute sa place dans la République, y compris dans ses infrastructures sanitaires.
Mais exposées en extérieur, ces œuvres subissent de plein fouet les effets du climat tropical, de l’humidité, des vents salins et du temps. Sans intervention rapide, leur dégradation est inévitable. Restaurer ces sculptures, c’est refuser l’abandon silencieux du patrimoine culturel ultramarin, trop souvent relégué au second plan.
Le Plus Grand Musée de France : une opportunité nationale à saisir
Ces sculptures sont aujourd’hui candidates à l’opération nationale « Le Plus Grand Musée de France », portée conjointement par Allianz France et la Fondation pour la sauvegarde de l’art français. Cette initiative, lancée pour la cinquième fois, repose sur une idée simple : associer les citoyens à la sauvegarde concrète du patrimoine.
Entre le 17 septembre et le 31 décembre 2025, plus de 400 œuvres à restaurer ont été signalées sur l’ensemble du territoire national, en métropole comme en outre-mer. Après vérification de leur éligibilité, les projets ont été examinés par un jury indépendant, composé de représentants d’Allianz France et de la Sauvegarde de l’art français.
Pour chaque région, deux ou trois œuvres ont été présélectionnées selon des critères stricts : qualité artistique, rareté, urgence de la restauration. En outre-mer, les territoires sont regroupés en trois grandes zones, dont l’océan Pacifique, où figure le projet du Médipôle de Koutio.
À la clé : un financement de 8 000 euros pour l’œuvre arrivée en tête des votes. Une somme modeste à l’échelle nationale, mais décisive pour des projets locaux souvent privés de relais financiers.
Voter, un acte simple pour défendre la culture et la responsabilité collective
Le vote est ouvert au public du 2 au 22 février 2026, jusqu’à minuit (heure métropolitaine). Le principe est volontairement accessible : chacun peut voter pour toutes les régions, sans restriction, en quelques minutes seulement.
La procédure est claire et transparente :
– cliquer sur le lien officiel du concours ;
– sélectionner la région Océan Pacifique sur la carte ;
– choisir Koutio (Nouvelle-Calédonie) ;
– renseigner ses coordonnées et une adresse e-mail ;
– valider son vote.
Ce geste citoyen dépasse largement le cadre d’un concours culturel. Il s’agit de défendre une vision exigeante de la France, où le patrimoine n’est pas réservé aux centres-villes métropolitains ou aux monuments classés, mais existe aussi dans les territoires ultramarins, dans les hôpitaux, dans la vie quotidienne.
Soutenir les sculptures du Médipôle, c’est affirmer que la culture n’est pas un luxe, mais un pilier de la cohésion nationale. C’est refuser la logique de l’abandon, de la victimisation permanente ou du renoncement budgétaire. C’est choisir la responsabilité, la transmission et le respect du travail des artistes calédoniens.
Un vote, c’est peu. Des œuvres sauvées, c’est immense.
Jusqu’au 22 février 2026, la Nouvelle-Calédonie peut faire entendre sa voix.


















