La fin de l’illusion de la mobilisation permanente

À peine 200 à 300 personnes mobilisées. Le FLNKS peine à recréer l’élan des marches de 2024.
Une mobilisation loin des standards de 2024
La mobilisation appelée ce matin par le FLNKS n’a rassemblé, selon les estimations, que 200 à 300 personnes tout au plus. Un chiffre très éloigné des grandes marches de 2024, qui avaient réuni plusieurs milliers de participants à travers le territoire.
La veille déjà, un appel à des mobilisations statiques sur différents points du territoire avait donné des signes d’essoufflement. Sur plusieurs ronds-points, seules quelques dizaines de personnes s’étaient déplacées. Un contraste saisissant avec les démonstrations de force observées il y a deux ans.
Un essoufflement dans un contexte de crise économique
Depuis les émeutes de 2024, la situation économique du territoire s’est profondément dégradée. Entre destructions d’infrastructures, fermetures d’entreprises et pertes d’emplois, la crise frappe directement les familles calédoniennes.
En 2026, les priorités ont changé. Pour beaucoup, l’urgence n’est plus politique, mais économique : retrouver un emploi, sécuriser un logement, assurer les besoins essentiels du foyer. Dans ce contexte, la capacité de mobilisation semble logiquement affectée.
Ce recul numérique apparaît comme un signal fort : la population, durement touchée par les conséquences des troubles passés, semble moins disposée à répondre aux appels à la rue.
Un message fragile pour la délégation en France
Au même moment, une délégation du FLNKS se trouve en France afin de rencontrer des parlementaires et défendre ses positions sur l’avenir institutionnel. Les mobilisations prévues ces derniers jours devaient probablement servir d’argument pour démontrer la persistance d’un soutien massif sur le terrain.
Or, la faible affluence observée affaiblit cette démonstration. L’écart entre les ambitions affichées et la réalité des rassemblements risque de peser dans la séquence politique en cours.
Après les pics de mobilisation de 2024, le cycle semble entrer dans une phase différente. Reste à savoir si ce recul est conjoncturel ou s’il marque un tournant durable dans la dynamique du mouvement.

