Iran : dépôts pétroliers en feu, la guerre s’intensifie

Depuis le 28 février, les frappes menées par les États-Unis et Israël contre la République islamique d’Iran se multiplient. L’objectif affiché est clair : neutraliser les capacités militaires du régime et empêcher tout accès à l’arme nucléaire.
Dans la nuit du 7 au 8 mars, plusieurs dépôts de carburant et une raffinerie ont été frappés à Téhéran, provoquant un incendie massif et un nuage toxique qui a recouvert une grande partie de la capitale iranienne. Au même moment, le régime des mollahs tente d’organiser sa succession politique après la mort d’Ali Khamenei, tué lors d’une frappe israélienne fin février.
Frappes sur Téhéran : les infrastructures stratégiques ciblées
La nuit de samedi à dimanche a marqué une nouvelle escalade militaire dans la guerre qui oppose l’Iran à Israël et aux États-Unis.
Selon des responsables iraniens, quatre dépôts de pétrole et un site logistique de carburant ont été frappés dans la capitale et ses environs. Ces installations alimentent notamment certaines infrastructures stratégiques du régime.
L’incendie provoqué par ces frappes a rapidement dégagé d’immenses colonnes de fumée noire, visibles sur plusieurs kilomètres. Au petit matin, une large partie de la ville était plongée dans une atmosphère sombre et saturée de particules.
Certains habitants ont décrit une obscurité inhabituelle en plein jour, accompagnée d’une forte odeur de brûlé. Des témoignages rapportés par l’AFP évoquent même une pluie noire chargée de résidus pétroliers, tombant sur certains quartiers de la capitale.
La distribution de carburant à Téhéran a été temporairement interrompue, selon le gouverneur de la ville, le temps de sécuriser les installations endommagées.
Les autorités iraniennes ont confirmé que les cinq sites touchés étaient endommagés mais que l’incendie était désormais maîtrisé. Quatre employés ont été tués dans ces attaques.
Il s’agit de la première fois depuis le début de l’offensive que des infrastructures pétrolières iraniennes sont directement visées.
Jusqu’ici, les frappes israélo-américaines ciblaient principalement des centres de commandement militaires, les installations de missiles et les responsables du régime.
Washington et Israël visent l’appareil militaire iranien
Du côté américain, la ligne officielle reste prudente.
Le ministre américain de l’Énergie Chris Wright a affirmé que les frappes visant les dépôts de carburant étaient d’origine israélienne, tout en précisant que Washington ne prévoit pas de cibler les infrastructures énergétiques iraniennes dans le cadre de l’opération militaire en cours.
L’offensive baptisée “Fureur épique” vise avant tout à neutraliser les capacités militaires du régime et à empêcher toute progression vers l’arme nucléaire.
Le président américain Donald Trump a d’ailleurs été très clair sur la stratégie américaine.
Selon la Maison Blanche, aucune négociation avec Téhéran ne sera envisagée tant que l’Iran représentera une menace pour les États-Unis et que les objectifs militaires de l’opération ne seront pas atteints.
Le locataire de la Maison Blanche a également évoqué la possibilité d’un futur déploiement de troupes au sol, notamment pour sécuriser les stocks d’uranium enrichi présents sur le territoire iranien.
Du côté israélien, le ton est encore plus direct.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a affirmé que l’offensive contre l’Iran se poursuivra “avec toute la force nécessaire”, évoquant un plan méthodique comportant de nombreuses surprises militaires.
L’objectif stratégique est clairement assumé : affaiblir durablement le régime iranien et réduire sa capacité d’action régionale.
Le régime iranien prépare déjà la succession de Khamenei
Au cœur de cette guerre se joue également une bataille politique interne au sommet de la République islamique.
Le guide suprême Ali Khamenei, figure centrale du régime depuis plus de trois décennies, a été tué lors d’une frappe israélienne le 28 février, selon plusieurs sources relayées par les autorités iraniennes.
Face à ce choc politique majeur, l’Assemblée des experts, organe religieux chargé de désigner le guide suprême, a annoncé le 8 mars être parvenue à un consensus sur son successeur.
Cette institution, composée de 88 membres, n’a toutefois pas encore dévoilé l’identité du futur dirigeant.
Selon Mohsen Heydari, représentant de la province du Khouzestan au sein de l’Assemblée, “le candidat le plus approprié, approuvé par la majorité des membres, a été désigné”.
Depuis plusieurs jours, deux noms circulent avec insistance dans les cercles politiques iraniens :
Mojtaba Khamenei, fils de l’ancien guide suprême, considéré comme proche des Gardiens de la Révolution.
Et Hassan Khomeini, petit-fils du fondateur de la République islamique, l’ayatollah Ruhollah Khomeini.
Cette transition politique intervient dans un contexte militaire explosif, alors que l’Iran tente de montrer qu’il conserve sa capacité de résistance.
Les Gardiens de la Révolution ont ainsi affirmé être capables de soutenir au moins six mois de guerre intense contre Israël et les États-Unis.
Selon eux, plus de 200 cibles américaines et israéliennes auraient déjà été frappées dans la région du Golfe depuis le début du conflit.
La guerre entre l’Iran, Israël et les États-Unis entre désormais dans une phase particulièrement dangereuse pour l’équilibre du Moyen-Orient.
Selon le représentant iranien auprès des Nations unies, au moins 1 332 personnes auraient été tuées en Iran depuis le début des hostilités, un chiffre difficilement vérifiable et qui n’inclut probablement pas les pertes militaires.
Au Liban, les frappes israéliennes auraient fait au moins 394 morts depuis l’extension du conflit dans le pays.
Dans ce contexte, une chose apparaît déjà certaine : le régime iranien fait face à la plus grave crise militaire et politique de son histoire récente.
Entre les frappes occidentales, la perte de son guide suprême et la pression croissante sur son appareil militaire, la République islamique joue désormais sa survie sur plusieurs fronts à la fois.

