Muriel Malfar : la bataille municipale sans étiquette
À quelques jours des élections municipales prévues dimanche, SudTV a rencontré Muriel Malfar, en pleine course pour Dumbéa. Déjà engagée de longue date dans la vie publique locale, l’élue entend défendre une approche centrée sur la gestion quotidienne de la commune plutôt que sur les affrontements politiques traditionnels. Conseillère municipale dans l’opposition entre 2008 et 2014, candidate à nouveau en 2014, puis élue au Congrès de la Nouvelle-Calédonie en 2019 sur la liste des Loyalistes, elle revient aujourd’hui dans l’arène municipale avec un message simple : remettre la commune au cœur des priorités.
Une candidature ancrée dans l’expérience locale
Muriel Malfar ne découvre pas la politique municipale. Son premier mandat remonte à 2008, lorsqu’elle siège au conseil municipal de Dumbéa dans l’opposition. Six ans plus tard, elle se représente, toujours sans étiquette.
Pour elle, les élections municipales doivent rester avant tout des élections de proximité, loin des logiques partisanes qui structurent les scrutins provinciaux ou nationaux.
On n’est pas là pour faire de la politique, on fait de la politique communale, mais pas de la politique politicienne.
Même si elle revendique une candidature indépendante pour la commune, Muriel Malfar rappelle qu’elle reste engagée au sein de la droite loyaliste au niveau institutionnel. Élue au Congrès en 2019 sur la liste de l’Avenir en Confiance – aujourd’hui Les Loyalistes – elle affirme vouloir rester fidèle aux électeurs qui lui ont accordé leur confiance.
Une critique du développement urbain de Dumbéa
Dans son analyse de la situation actuelle, la candidate estime que la croissance rapide de Dumbéa s’est faite de manière déséquilibrée. Elle rappelle que la commune a accueilli l’une des plus grandes zones d’aménagement concerté de France en termes de superficie, entraînant l’arrivée de milliers de nouveaux habitants.
Selon elle, les choix d’urbanisme réalisés ces dernières années ont accentué les tensions sociales.
On nous a mis plus de 70 % de logements sociaux et c’est ce qui a créé un déséquilibre.
Elle pointe notamment la modification de certains projets initiaux d’aménagement, comme la transformation d’espaces initialement prévus pour des équipements publics en zones d’habitation, ce qui aurait contribué à fragiliser l’équilibre du territoire.
Logement et rénovation urbaine : “moins et mieux”
Face à cette situation, Muriel Malfar estime que la priorité doit désormais être donnée à la rénovation urbaine. Elle évoque la nécessité de détruire certains bâtiments devenus insalubres et de repenser l’organisation des quartiers.
Aujourd’hui, l’urgence, c’est la réhabilitation et la rénovation urbaine.
L’objectif affiché : reconstruire différemment, avec une meilleure organisation des espaces publics, davantage d’équipements et un travail renforcé avec les bailleurs sociaux et l’État.
Jeunesse, sport et prévention de la délinquance
Autre axe majeur de son programme : la jeunesse et les infrastructures sportives. Pour la candidate, le manque d’équipements et d’activités constitue un facteur aggravant de la délinquance.
Elle défend ainsi l’idée d’un investissement massif dans les infrastructures sportives afin de canaliser les jeunes et de leur offrir de nouvelles perspectives.
Si aujourd’hui je mets tous les moyens dans le sport et la jeunesse, ça permettra de canaliser la délinquance.
Muriel Malfar évoque également la création de structures éducatives pour les mineurs délinquants, notamment sous la forme de centres fermés intercommunaux destinés à favoriser la formation professionnelle et la réinsertion.
Relancer l’économie locale
La relance économique figure également parmi ses priorités. La candidate propose notamment de soutenir l’activité locale et les initiatives artisanales afin de redinamiser la commune.
Elle cite par exemple l’installation de roulottes culinaires ou la mise en valeur des productions locales – miel, artisanat ou instruments de musique – afin de créer de nouvelles opportunités économiques pour les habitants.
Une campagne placée sous le signe du “renouveau”
Dans un paysage politique local où plusieurs candidats disposent déjà d’appuis structurés, Muriel Malfar assume une position différente. Elle affirme ne pas poursuivre d’ambition politique nationale mais vouloir se consacrer exclusivement à l’administration de la commune.
La seule ambition que j’ai, c’est d’administrer.
Elle insiste enfin sur son expérience de terrain, notamment durant les événements et les crises récentes, estimant que son engagement auprès des habitants constitue aujourd’hui son principal argument de campagne.
J’ai un bilan de 25 ans et j’ai toujours répondu présente quand les habitants avaient besoin de moi.
À quelques jours du scrutin, la candidature de Muriel Malfar pourrait rebattre certaines cartes dans une commune de Dumbéa en pleine transformation démographique et urbaine. Reste désormais à savoir si les électeurs choisiront l’expérience et la proximité qu’elle revendique pour conduire la commune dans les six prochaines années.
