Je me suis réveillé… et j’ai compris que juin serait tout sauf tranquille

Je me suis réveillé.
J’ai regardé les infos.
J’ai compris que la Nouvelle-Calédonie était entrée en mode élections provinciales.
Enfin… presque.
Parce qu’on ne sait toujours pas s’il y aura onze ou douze listes.
Une liste a été recalée.
Des candidats trop jeunes.
Des dossiers pas assez carrés.
Des recours.
Un tribunal.
La démocratie locale avait décidé de faire un échauffement avant le match.
J’ai continué.
L’Union calédonienne voulait récupérer ses anciens bureaux de vote.
Le tribunal a dit non.
Du coup, à Nouméa, on votera toujours dans neuf lieux.
Pas trente-neuf.
Parce qu’entre la sécurité, l’organisation et les souvenirs des émeutes, personne n’avait envie de rejouer la saison précédente.
Pendant ce temps-là, une nouvelle liste indépendantiste expliquait qu’il fallait changer de modèle.
Changer de paradigme.
Changer d’avenir.
Changer beaucoup de choses.
Sauf la campagne.
Parce qu’elle se fera aussi sur les réseaux sociaux.
Comme tout le monde.
J’ai poursuivi.
À Boulouparis, ils ont enfin vu arriver quelque chose qu’ils attendaient depuis des années.
Un collège.
1,1 milliard de francs.
Des panneaux solaires.
Des matériaux locaux.
Une médiathèque.
Une cantine mutualisée.
Des élèves qui n’auront plus besoin de traverser la moitié du pays pour aller en cours.
Pour une fois, un projet public dont tout le monde semblait content.
J’ai trouvé ça suspect.
Ensuite, j’ai appris que la fibre arrivait à Sarraméa.
En 2026.
J’ai repensé aux gens qui attendent encore qu’une photo WhatsApp s’envoie avant le coucher du soleil.
J’ai respecté leur patience.
Puis la police a démantelé un point de deal à Magenta.
Un acheteur.
Un vendeur.
Du cannabis.
De l’argent.
Un an de prison ferme.
Le trafic a duré moins longtemps que certains débats politiques.
Après ça, Aircalin a annoncé des retards.
Encore.
Un problème technique.
Des vols reprogrammés.
Des voyageurs qui ont découvert leur nouvelle passion : regarder un écran d’embarquement pendant plusieurs heures.
Le Betico aussi a changé ses plans.
La météo avait décidé de participer à l’actualité.
J’ai regardé le sport.
Le Mexique a gagné son premier match de Coupe du monde.
Le stade Azteca était plein.
Le football aussi.
La FIFA aussi.
Et comme maintenant il y a 48 équipes et six semaines de compétition, j’ai compris que la Coupe du monde allait bientôt durer plus longtemps que certaines relations amoureuses.
Pendant ce temps, les Calédoniens préparaient leurs marchés.
Leurs vide-greniers.
Leur pèlerinage.
Leur don du sang.
Leur week-end.
Comme si le territoire avait décidé de continuer à vivre normalement malgré les recours, les campagnes, les retards d’avion et les promesses électorales.
Finalement, la seule chose qui semblait vraiment avancer à l’heure prévue…
C’était mon réveil.
Bref.

