Je me suis réveillé… et j’ai compris que reconstruire prendrait encore du temps

Je me suis réveillé avec cette impression étrange que la Nouvelle-Calédonie avançait… mais que chaque pas en avant était aussitôt rattrapé par un rappel de ce qu'elle a traversé.
Vendredi, les élus du Congrès désigneront les onze membres du 19ᵉ gouvernement. Ce sera la dernière grande étape du renouvellement des institutions après les élections provinciales. Un gouvernement qui héritera d'une mission immense : remettre un territoire debout, dans un contexte où les finances publiques restent sous forte tension et où l'économie demeure largement soutenue par l'État.
Mais pendant que les institutions se mettent en place, certains continuent malheureusement à détruire. L'incendie criminel du lycée Jean XXIII de Païta a profondément marqué les familles. Au-delà des bâtiments endommagés, ce sont des centaines d'élèves qui voient leur scolarité une nouvelle fois perturbée. Après les violences de 2024, beaucoup de parents redoutent de devoir encore jongler entre transports, réorganisations et solutions provisoires.
Heureusement, il y avait aussi des raisons d'espérer. Soixante-et-un Calédoniens s'apprêtent à partir en métropole grâce au programme Cadres Avenir. Leur objectif n'est pas seulement d'obtenir un diplôme, mais surtout de revenir mettre leurs compétences au service du pays. Santé, énergie, environnement ou ingénierie : autant de secteurs où la Nouvelle-Calédonie aura besoin de bras et de talents dans les années à venir.
Autre bonne nouvelle pour notre économie : après le miel et la vanille, ce sont désormais le whisky calédonien et l'hydromel qui prendront bientôt la direction du Japon. Une petite cargaison, certes, mais un symbole fort pour des producteurs locaux dont le savoir-faire commence à séduire à l'international.
L'actualité rappelait aussi que certaines communes restent confrontées à des actes de délinquance. À Voh, le maire réclame davantage de présence des forces de l'ordre après plusieurs vols et dégradations. Là encore, le sentiment de sécurité reste une attente forte de nombreux Calédoniens.
Et puis, au-delà de nos frontières, les images étaient impressionnantes. Les incendies géants qui ravagent la Gironde continuent de mobiliser des milliers de pompiers, tandis qu'en France, un hommage national était rendu au père Jacques Hamel, assassiné il y a dix ans. Deux actualités différentes, mais qui rappellent combien certaines blessures mettent longtemps à cicatriser.
En refermant cette journée, je me suis dit que reconstruire ne consiste pas seulement à rebâtir des bâtiments ou équilibrer des comptes. C'est aussi retrouver peu à peu la confiance, protéger ce qui nous rassemble et préparer ceux qui écriront la Nouvelle-Calédonie de demain.
Bref

