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Au delà du récif

Cagoules, mortiers : le vrai visage des blocus

29 septembre 2026 à 04:51
5 min de lecture
Cagoules, mortiers : le vrai visage des blocus

Résumé IA

Le « mouvement lycéen » en Île-de-France dégénère en violences, avec des tirs de mortier visant des policiers à Saint-Denis, où le maire LFI Bally Bagayoko soutient les manifestants. Le ministre de l'Éducation Edouard Geffray dénonce des individus cagoulés et violents, tandis que l'exécutif promet la fermeté, envisageant des interventions policières dans les lycées bloqués.

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Mortiers tirés sur des policiers, incendies aux portes des lycées, un maire LFI au premier rang.
En Île-de-France, le « mouvement lycéen » a changé de nature, et l'État hausse enfin le ton.

Saint-Denis, symbole d'une dérive

Lundi 28 septembre, au petit matin.

Dans la banlieue parisienne, des dizaines d'établissements scolaires se réveillent derrière des barricades. Poubelles, palettes, matelas. Puis très vite, la bascule : tirs de mortier d'artifice, départs de feu, affrontements avec la police.

On est loin de la pancarte et du slogan.

Ce qui se joue devant ces lycées n'a plus grand-chose à voir avec une revendication scolaire. Certains jeunes s'en sont pris directement aux forces de l'ordre. Et un policier, blessé à la main selon un bilan provisoire, devait passer sur la table d'opération dans la journée.

C'est devant le lycée Paul-Éluard de Saint-Denis que la scène la plus saisissante s'est produite.

Cinq fonctionnaires de police ont été visés par des tirs de mortier. Des projectiles lancés aussi en direction d'autres élèves. Et pendant ce temps, qui se tenait là ? Bally Bagayoko, maire LFI de la ville, venu apporter son soutien aux lycéens mobilisés.

Un élu de la République présent pendant que des policiers essuient des tirs. L'image se passe de commentaire.

Selon Europe 1, au moins deux jeunes émeutiers ont été interpellés dans la matinée.

Saint-Denis n'est pas un cas isolé. À Nanterre, dans les Hauts-de-Seine, comme à Rosny-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, les mêmes scènes de violence se sont répétées aux abords des établissements. Le mouvement, lancé la semaine précédente, secoue les lycées d'Île-de-France depuis maintenant sept jours.

Interrogé sur RMC, le ministre de l'Éducation nationale, Edouard Geffray, a évalué à « une dizaine » le nombre de lycées effectivement bloqués. Il dit ne « pas craindre forcément la contagion au sens noble du terme (...) parce qu'il y a différents phénomènes ».

Mais il a surtout pointé autre chose.

« Derrière ça, vous avez aussi d'autres personnes qui sont violentes, arrivent masquées et cagoulées (...) avec des palettes et des matelas. » Pour le ministre, on s'éloigne alors de la mobilisation spontanée d'élèves. « Là, on a un problème, on met en danger nos élèves. Et ça, je veux pas l'accepter. »

Des cagoules. Du matériel apporté de l'extérieur. Voilà le vrai visage de ces blocus.

LFI souffle sur les braises

Face à ce chaos, la responsabilité politique est posée sans détour par l'exécutif.

Sébastien Lecornu a dénoncé une « surenchère irresponsable » de la part d'élus de La France insoumise, qui appellent ouvertement à étendre le mouvement de blocage à d'autres lycées. Le gouvernement accuse le parti de Jean-Luc Mélenchon d'instrumentaliser la colère lycéenne.

Le Premier ministre l'a rappelé sans détour : tirs de mortiers, incendies, violences aux abords des établissements, rien ne justifie de mettre en danger des élèves, des personnels ou des policiers.

Edouard Geffray avait déjà tiré la sonnette d'alarme dès vendredi, sur X. Il y visait « des députés LFI (qui) encouragent depuis mercredi des jeunes à bloquer les lycées ». Selon lui, leur appel à étendre les blocages assume une instrumentalisation politique de la jeunesse.

Le ministre y ajoutait une évidence qu'il fallait pourtant rappeler. On ne peut pas réclamer davantage de professeurs tout en poussant les élèves à ne plus aller en cours. Et on ne combat pas les inégalités scolaires en privant des jeunes d'école.

De son côté, Jean-Luc Mélenchon a choisi une tout autre ligne : il fustige la répression du gouvernement.

Pas un mot, donc, pour le policier blessé.

L'État promet la fermeté

La réponse de l'exécutif est désormais claire. Les ministres de l'Intérieur et de l'Éducation nationale ont prévenu lundi : en cas de violences ou de blocage total, les forces de l'ordre interviendront.

Dans un télégramme consulté par l'AFP, Laurent Nuñez et Edouard Geffray posent le cadre :

Si l'expression des lycéens doit être respectée, les actions violentes ne sauraient être tolérées.

Et ils précisent la méthode.

Les forces de sécurité s'attacheront à interpeller les auteurs des délits et à préserver l'ordre public avec un usage proportionné de la force.

Lorsqu'un lycée est entièrement bloqué, l'intervention policière devra être engagée après concertation avec le chef d'établissement. Les proviseurs sont invités à prendre contact en amont avec les responsables des forces de l'ordre, « pour prévenir les blocages et violences, et d'améliorer leurs conditions d'intervention ».

Autre point d'alerte, et non des moindres : les collèges pourraient à leur tour être ciblés. Les deux ministres évoquent des tentatives de blocage « initiés par des groupes parfois extérieurs aux établissements ». Des enfants de onze ou douze ans, potentiellement exposés à ces débordements.

La sécurité sera donc renforcée devant les établissements scolaires, en particulier ce mardi matin.

Car la mobilisation ne faiblit pas. L'Union syndicale lycéenne a appelé à élargir le mouvement partout en France, et de nouvelles actions de blocage sont d'ores et déjà annoncées.

La semaine qui s'ouvre dira si l'autorité de l'État tient face à la rue. Pour les élèves qui veulent simplement étudier, pour les professeurs, pour les policiers en première ligne, l'enjeu est concret.

Une salle de classe n'est pas un champ de bataille.

(Crédit photo : THIBAUT DURAND / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP)