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Au delà du récif

CGT : 30 000… la police en voit 3 800

30 septembre 2026 à 05:00
4 min de lecture
CGT : 30 000… la police en voit 3 800

Résumé IA

Mardi, la fonction publique française connaît une mobilisation limitée : le ministère compte environ 10 % de grévistes dans la fonction publique d'État. La CGT revendique plus de 300 000 manifestants en France, tandis que la police en dénombre 206 000, les écarts étant spectaculaires à Paris et à Marseille.

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Mardi, la fonction publique devait faire trembler le pays. Les chiffres racontent une autre histoire.

Neuf agents de l'État sur dix étaient à leur poste. La CGT, elle, voyait des foules immenses.

Une bataille de chiffres qui en dit long

Les syndicats avaient choisi le thème. Le pouvoir d'achat des fonctionnaires, et l'éternelle demande de « plus de moyens ».

Enseignants, soignants, pompiers, agents des collectivités : tout le monde était appelé à cesser le travail ce mardi, partout en France.

Le résultat ? À la mi-journée, le ministère de l'Action et des Comptes publics comptait près de 10 % de grévistes dans la fonction publique d'État.

Dix pour cent. Pas davantage.

Les autres, l'immense majorité, ont assuré le service. Ils ont ouvert les guichets, fait classe, tenu les permanences. Un détail que le récit syndical passe volontiers sous silence.

Vers 16 heures, la CGT a livré son propre décompte. Plus de 300 000 manifestants dans toute la France, selon le syndicat, dont 70 000 dans la capitale.

La préfecture de police de Paris ne voit pas du tout la même chose. Elle a dénombré 30 000 personnes dans les rues parisiennes, parmi lesquelles 8 000 pompiers. Moins de la moitié du chiffre avancé par la centrale de Montreuil.

Et au niveau national, le ministère de l'Intérieur arrête le compteur à 206 000 participants.

L'écart n'est nulle part aussi spectaculaire qu'à Marseille.

La CGT y revendique 30 000 manifestants. La police en a compté 3 800. Soit environ huit fois moins.

Même un habitué des batailles de comptage peut rester perplexe face à une telle différence.

Le syndicat a également annoncé 11 000 manifestants à Toulouse, 10 000 à Lille comme à Bordeaux, et 8 000 à Lyon comme à Orléans. Des chiffres que seule la CGT a communiqués à ce stade de la journée.

Chacun jugera. Mais quand un camp voit une marée humaine et l'État une mobilisation nettement plus contenue, la prudence s'impose avant de parler de raz-de-marée social.

Une mobilisation minoritaire dans les trois fonctions publiques

Le ministère a détaillé la participation, versant par versant. Les chiffres sont clairs.

Dans la fonction publique d'État, 9,64 % des agents étaient en grève.

Dans la territoriale, ils étaient 5,68 %.

À l'hôpital, 4,5 %.

Autrement dit, plus le service touche au quotidien concret des Français, dans les mairies, dans les hôpitaux, moins la grève a pris.

Pour mesurer ces pourcentages, il faut les rapporter à la taille de la maison. La France compte environ 5,8 millions d'agents publics, selon les données de 2024.

Parmi eux, 2,6 millions travaillent dans la fonction publique d'État. Deux millions relèvent de la territoriale. Et 1,2 million exercent dans la fonction publique hospitalière.

Une armée administrative considérable, donc. Et une mobilisation qui, rapportée à ces effectifs, reste celle d'une minorité.

Cela ne signifie pas que les revendications salariales n'existent pas. Elles sont réelles pour beaucoup d'agents. Mais le mouvement de mardi n'a pas entraîné la fonction publique dans son ensemble, loin de là.

L'Éducation nationale, bastion traditionnel de la contestation

C'est sans surprise chez les enseignants que la grève a été la plus suivie.

Selon le ministère de l'Éducation nationale, un peu plus d'un professeur sur dix a cessé le travail mardi. La moyenne atteint 13,71 %, écoles, collèges et lycées confondus, pour la plupart des académies de métropole et pour La Réunion.

Un taux supérieur à celui de l'ensemble de la fonction publique d'État. Mais un taux qui laisse tout de même près de neuf enseignants sur dix devant leurs élèves.

Pour les familles, c'est souvent l'essentiel. Les classes ont, dans leur grande majorité, fonctionné.

Reste la question de fond, que cette journée ne tranche pas. Comment répondre aux attentes de 5,8 millions d'agents quand les comptes publics exigent la plus grande rigueur ?

La rue a donné sa réponse mardi. Une réponse bruyante dans les cortèges syndicaux, beaucoup plus discrète dans les services.

Les chiffres officiels, eux, sont sur la table. Neuf agents de l'État sur dix n'ont pas fait grève. C'est peut-être là l'information principale de cette journée.

(Crédit photo : Tom Nicholson / REUTERS)