Cynthia Jan vise les Jeux olympiques

Résumé IA
La maire de Dumbéa, Cynthia Jan, invite le Comité territorial olympique et sportif à découvrir les équipements de la commune pour préparer sa candidature à l’accueil de délégations en vue des Jeux olympiques de Brisbane 2032. Le CTOS, qui pilote cette initiative, envisage l’accueil d’équipes de France, mais le budget de préparation reste à boucler.
Brisbane 2032, c'est dans six ans. À Dumbéa, on n'attend pas le coup de sifflet.
Pendant que d'autres bloquent des aérodromes, une commune du Grand Nouméa ouvre ses stades à la France olympique.
Dumbéa sort ses atouts
Tout le monde le sait : les Jeux olympiques de 2032 auront lieu à Brisbane, à deux heures et demie de vol de Nouméa.
La nouvelle maire de Dumbéa, Cynthia Jan, en a tiré une conclusion simple. Autant se positionner maintenant.
Elle a donc invité les représentants du Comité territorial olympique et sportif à (re)découvrir les équipements de la commune. Objectif affiché : préparer ensemble la candidature de Dumbéa à l'accueil de délégations en préparation des Jeux.
La visite a fait le tour de ce que la ville a de mieux. Le stade de rugby. La piscine de Koutio. La salle d'arts martiaux. Le golf de Dumbéa.
Des installations que la municipalité qualifie d'exception, et qui pourraient permettre à des sélections nationales de venir s'entraîner sur place avant de rejoindre Brisbane pour la compétition.
Le CTOS repart avec un argumentaire concret. Il pourra présenter la qualité de ces infrastructures aux fédérations qui envisagent de faire de la Nouvelle-Calédonie leur base de préparation.
Le symbole compte. Dumbéa, deuxième commune du territoire avec près de 35 000 habitants, a été durement frappée par les émeutes de 2024. Élue en mars à la tête d'une coalition loyaliste, Cynthia Jan préfère parler d'attractivité, d'accueil et de rayonnement.
Pas de ressentiment. Du projet.
Le CTOS pilote, la France en ligne de mire
L'initiative de Dumbéa ne sort pas de nulle part.
Le 13 mai 2026, le CTOS avait réuni à la Maison du Sport Roger Kaddour les élus chargés des sports de Dumbéa, du Mont-Dore, de Païta et de Nouméa. Au menu : un état des lieux commun des équipements du Grand Nouméa, et ce qu'il faut rénover, mettre aux normes ou construire.
Cette réunion prolongeait un plaidoyer envoyé pendant les municipales à tous les candidats, avec dix propositions pour un pacte sportif territorial.
La première perspective inscrite par le comité ? L'accueil potentiel d'équipes de France en préparation des Jeux olympiques et paralympiques de Brisbane 2032.
Viennent ensuite des équipements aux standards internationaux, l'éventualité d'une candidature calédonienne aux Jeux du Pacifique 2035, et le développement du sport de proximité.
Ce travail doit nourrir les échanges avec les partenaires institutionnels, en Calédonie comme en métropole, et avec le Comité national olympique et sportif français.
Le message est clair. Le dossier se joue dans le cadre national. La Calédonie avance comme ce qu'elle est : un territoire français du Pacifique, en première ligne pour servir la délégation tricolore.
Une ambition ancienne, des moyens à trouver
L'idée n'est pas neuve.
Dès 2023, le mouvement sportif calédonien rappelait que le territoire avait déjà reçu une dizaine d'équipes de France, en triathlon, boxe, escrime ou gymnastique. Il espérait en accueillir de nouveau dès la fin des Jeux de Los Angeles 2028, et voyait dans Brisbane un tremplin pour remettre à niveau ses infrastructures.
Certaines disciplines ont déjà pris de l'avance. En mars 2025, un tournoi international de cricket féminin s'est tenu au stade de N'Du, face aux Fidji, aux Samoa et au Vanuatu, avec une équipe de France entièrement composée de joueuses calédoniennes. L'horizon affiché : Los Angeles, puis Brisbane.
Le socle existe. Le CTOS fédère 45 ligues et plus de 60 000 licenciés. Il gère aussi le CISE, une structure d'accueil conçue pour les sportifs du territoire comme pour ceux de toute la région Pacifique.
Et le savoir-faire calédonien n'est plus à démontrer. Aux Jeux du Pacifique 2023, les Cagous ont terminé en tête du classement, avec 197 médailles dont 82 en or.
Reste la réalité budgétaire, qu'il serait malhonnête d'ignorer.
À moins d'un an des Jeux du Pacifique de Tahiti, le CTOS envisage une délégation de 297 athlètes. Mais le budget de 190 millions de francs n'est pas encore bouclé, et la préparation accuse six mois de retard, héritage direct de la crise de 2024.
C'est tout l'enjeu des prochaines années. Transformer des équipements de qualité en offre olympique crédible, et convaincre les fédérations nationales que la route de Brisbane passe par la Calédonie.
Dumbéa a posé la première pierre. Aux autres de suivre.
(Crédit photo : page Facebook "Cynthia Jan-Unir pour l'avenir Dumbéa")


