À quelques jours de la rentrée scolaire 2026, l’inquiétude monte dans des centaines de foyers calédoniens.
Derrière les discours rassurants, les familles découvrent brutalement une crise éducative mal anticipée.
Une décision brutale de l’enseignement catholique qui désorganise la rentrée
Mardi 3 février 2026, la Direction diocésaine de l’enseignement catholique (DDEC) a adressé un courrier aux familles dont les enfants sont scolarisés dans ses établissements.
Le message est clair, direct et lourd de conséquences : cinq internats et sept cantines scolaires fermeront dès la rentrée 2026.
Cette annonce s’inscrit dans le cadre d’un plan de licenciements engagé par la DDEC, destiné à faire face à de graves difficultés financières.
Une décision assumée par la direction diocésaine, mais dont le coût humain et éducatif est immédiatement supporté par les familles.
Internats fermés, cantines supprimées : pour de nombreux élèves, notamment issus de communes éloignées ou de familles modestes, l’équilibre quotidien est rompu.
Transport, restauration, hébergement : tout est à reconstruire à quelques jours de la reprise des cours.
Dans ce contexte, certaines familles n’ont plus d’autre choix que de se tourner vers l’enseignement public, collèges ou lycées, parfois dans l’urgence.
Province Sud et vice-rectorat en gestion de crise, sans solution miracle
Dans un communiqué officiel, la province Sud a exprimé son inquiétude face aux répercussions directes sur les élèves.
La collectivité reconnaît être, « comme les autres », mise en difficulté pour préparer une rentrée sereine.
La Maison bleue affirme travailler « de manière anticipée à des solutions visant à garantir un accueil optimal des élèves ».
Une formule prudente, qui traduit surtout l’absence de marge de manœuvre immédiate.
Face à l’afflux potentiel d’élèves issus du privé catholique, le vice-rectorat de la Nouvelle-Calédonie direction générale des enseignements a dû réagir rapidement.
Il a diffusé aux familles concernées les modalités précises d’inscription dans l’enseignement public.
Pour les collèges et lycées généraux et technologiques, les démarches sont strictement encadrées.
Les familles doivent d’abord consulter la carte de sectorisation ou contacter la division de la scolarité et de l’affectation (DESA).
Ensuite, entre le lundi 9 février 2026 à 10 h et le mercredi 11 février 2026 à 16 h, elles doivent prendre contact directement avec l’établissement visé.
Les documents exigés sont classiques mais incontournables : justificatif de domicile, livret de famille, bulletins scolaires de 2025.
Pour les lycées professionnels, la procédure diffère. Les familles doivent contacter, à compter de la semaine de la rentrée, l’établissement fréquenté en 2025 afin de formuler des vœux d’inscription.
Dans tous les cas, les affectations seront réalisées en fonction des places disponibles.
À défaut, une solution pourra être proposée dans l’établissement public le plus proche du domicile, sans garantie de choix.
Une absence d’anticipation politique qui interroge et pénalise les familles
Derrière cet imbroglio administratif et éducatif, une question centrale demeure : pourquoi aucune anticipation réelle de la part du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie ?
Les difficultés financières de l’enseignement catholique n’étaient pas un secret récent. Les signaux d’alerte existaient depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois.
Pourtant, aucune communication coordonnée, aucun plan de transition clair, aucune préparation structurelle n’a été mise en place à temps.
Résultat : les familles et les élèves se retrouvent pris en otage d’un système qui réagit au lieu de prévoir.
Dans un territoire où l’offre éducative est déjà fragile, chaque fermeture d’internat ou de cantine a un impact démultiplié.
Ce sont souvent les élèves les plus éloignés, géographiquement ou socialement, qui paient le prix fort.
Cette crise pose aussi une question plus large : celle de la place et du financement de l’enseignement privé sous contrat, et de sa coordination avec le service public.
Sans vision politique claire, les mêmes causes produiront les mêmes effets.
À quelques jours de la rentrée, les familles n’attendent plus des éléments de langage, mais des réponses concrètes, rapides et assumées.
L’école n’est pas une variable d’ajustement budgétaire : elle est un pilier de stabilité sociale et républicaine.
Contacts utiles
Pour toute question ou difficulté particulière, les familles peuvent contacter :
- Secrétariat de la DESA : 26.61.11
- Gestionnaire de l’affectation collège : 26.68.49
- Courriel : [email protected]

















