La route ne pardonne pas l’imprudence, encore moins le déni.
À l’heure des bilans, les chiffres parlent d’eux-mêmes et imposent un constat sans fard.
Un recul statistique réel, mais insuffisant face à l’ampleur du drame
Au 30 décembre 2025, la Nouvelle-Calédonie recense 34 personnes tuées sur les routes, selon le bilan provisoire de l’Observatoire de la sécurité routière.
Un chiffre en baisse de 17 morts par rapport à 2023, et en hausse d’une victime par rapport à 2024, traduisant une évolution contrastée qui interdit tout triomphalisme.
Derrière cette donnée brute, 32 accidents mortels ont été recensés sur l’ensemble du territoire, rappelant que chaque décès est le fruit d’un enchaînement de fautes humaines, rarement d’un simple « accident ».
La diminution globale est réelle, mais elle reste fragile, dépendante de comportements individuels encore trop souvent irresponsables.
Des profils et des réseaux révélateurs de comportements à risque persistants
L’analyse détaillée montre que la mortalité routière touche majoritairement les usagers de véhicules légers et de deux-roues, avec une surreprésentation des adultes de 18 à 49 ans, tranche d’âge pourtant censée être la plus autonome et informée. Les réseaux territoriaux, provinciaux et municipaux concentrent l’essentiel des accidents mortels, avec 14 tués sur le réseau territorial, 10 sur le réseau provincial et 9 sur le réseau municipal.
La répartition géographique démontre que ni le Nord, ni le Sud, ni les îles Loyauté ne sont épargnés, battant en brèche l’argument d’une insécurité routière cantonnée aux seuls grands centres urbains.
Le danger est partout où la règle est bafouée.
Alcool, vitesse, permis : les causes connues que certains refusent encore d’assumer
Les données disponibles confirment une réalité dérangeante : l’alcool, le cannabis et la vitesse inadaptée demeurent des facteurs majeurs des accidents mortels, lorsqu’ils sont documentés.
Dans 50 % des cas analysés, une vitesse excessive ou inadaptée est identifiée, tandis que les problématiques de permis de conduire non valide concernent plus de la moitié des situations connues. Le non-port de la ceinture de sécurité reste également un facteur aggravant dramatique, présent dans près de 30 % des cas documentés, malgré des décennies de prévention et de sanctions prévues par la loi.
Ces chiffres rappellent une évidence trop souvent éludée : la mortalité routière n’est pas une fatalité sociale, mais le résultat de choix individuels.
Un enjeu de responsabilité, pas de victimisation
Si la baisse enregistrée par rapport à 2023 mérite d’être soulignée, elle ne saurait masquer une vérité essentielle : 34 morts, c’est 34 de trop.
La sécurité routière ne progresse pas par des discours compassionnels, mais par l’application stricte de la loi, la responsabilisation des conducteurs et le refus clair de banaliser les comportements à risque.
En Nouvelle-Calédonie comme ailleurs, la route exige discipline, sobriété et respect des règles.
Tant que certains continueront à confondre liberté et irresponsabilité, les bilans resteront endeuillés, quelles que soient les campagnes de communication.


















