À l’heure où l’écologie devient trop souvent un prétexte idéologique, la Polynésie française fait un autre choix : celui de la connaissance scientifique, du pilotage par les faits et de la souveraineté environnementale assumée.
Loin des slogans, le fenua renforce sa stratégie maritime avec méthode, rigueur et responsabilité.
Quinze ans après, la Polynésie choisit la rigueur scientifique
Quinze ans après une première campagne menée en 2011, la Polynésie française engage une nouvelle étape décisive dans la connaissance de son espace maritime.
La mission REMMOA 2, pour Recensement des Mammifères marins et autres Mégafaunes pélagiques par Observation Aérienne, sera officiellement lancée le mercredi 28 janvier 2026, à l’occasion de la seconde édition de Te Mana o Te Moana Nui a Hiva.
Cette campagne n’a rien d’un symbole creux. Elle repose sur un dispositif scientifique éprouvé, piloté par l’Observatoire Pelagis (La Rochelle Université – CNRS), avec le soutien de l’Office français pour la biodiversité.
L’État, le Pays et la communauté scientifique travaillent ici main dans la main, loin des postures militantes, pour produire des données objectives, mesurables et exploitables.
L’objectif est clair : actualiser les connaissances sur la distribution et l’abondance des cétacés, des oiseaux marins, des requins, des raies, des tortues et d’autres grandes espèces marines présentes dans l’ensemble des eaux polynésiennes.
Sans inventer de menaces, sans exagérer les risques, mais en documentant précisément le réel.
Protection de l’Océan : gouverner avec des données, pas avec des slogans
Si REMMOA 2 s’impose aujourd’hui, c’est parce que la Polynésie française a fait un choix stratégique fort : assumer son rôle de puissance maritime responsable.
La reconnaissance internationale de l’aire marine gérée Tainui Atea, ainsi que la création de nouvelles zones de protection forte, exigent des bases scientifiques solides pour adapter les politiques publiques.
Ici, la protection de l’Océan ne se décrète pas depuis des tribunes internationales.
Elle se construit sur le terrain, à partir de données vérifiables, afin d’arbitrer lucidement entre préservation de la biodiversité, activités économiques et transmission culturelle.
REMMOA 2 s’inscrit également dans un contexte international précis : l’entrée en vigueur, le 17 janvier 2026, du traité des Nations unies sur la haute mer, dit accord BBNJ.
Ce texte renforce l’obligation pour les États de mieux comprendre les écosystèmes marins, y compris au-delà des juridictions nationales.
Pour la Polynésie française, il ne s’agit pas de subir ce cadre, mais de s’y inscrire comme un acteur crédible, capable de produire ses propres données et de défendre ses intérêts sur la scène internationale.
Te Mana o Te Moana Nui a Hiva et les Trophées TO’A Reef 2025
Le lancement de REMMOA 2, le 28 janvier prochain, constituera l’un des temps forts de la journée Te Mana o Te Moana Nui a Hiva, placée sous le haut patronage conjoint du Haut-commissaire de la République et du président de la Polynésie française.
Institutions, scientifiques, associations, acteurs économiques et scolaires sont attendus au Village de TO’A, installé à l’InterContinental Tahiti Resort & Spa, de 8 h à 16 h, en entrée libre et gratuite.
Cette journée vise à rassembler les savoirs, les générations et les expériences concrètes autour d’un constat partagé : sans récifs coralliens en bonne santé, il n’y a ni lagons vivants ni Océan durable.
La cérémonie de clôture mettra à l’honneur les Trophées TO’A Reef 2025, portés par l’Ifrecor Polynésie.
Treize projets locaux associations, acteurs privés et établissements scolaires seront récompensés pour leur engagement tangible en faveur des récifs et des lagons.
Parmi les lauréats figurent notamment Coral Gardeners, pour ses actions de restauration corallienne, Oceania, pour son dispositif de détection des baleines par intelligence artificielle, ou encore Tama no te tairoto, engagé dans la transmission culturelle et environnementale en reo tahiti.
Dotés d’une enveloppe globale de 4,3 millions de francs CFP, ces trophées valorisent une écologie d’action, de résultats et de responsabilité, loin de toute victimisation.
En ouvrant 2026 sous le signe de la science, de l’action collective et de la souveraineté environnementale, la Polynésie française démontre qu’il est possible de protéger l’Océan sans renoncer au réel, ni à l’autorité publique, ni à l’exigence de vérité.


















