Moscou a dénoncé ce jeudi à Bruxelles l’envoi d’une mission militaire des Etats européens membres de l’Otan au Groenland, pour renforcer la sécurité de l’île face aux convoitises de Washington.

L’ambition affichée par Donald Trump de s’emparer du Groenland « par tous les moyens » a déclenché un engrenage de réactions. Après l’annonce de l’envoi d’une mission militaire européenne au Groenland ce mercredi soir, la diplomatie russe a partagé ce jeudi sa « sérieuse inquiétude » face à la présence accrue de forces armées dans la région.
L’Otan a choisi la voie d’une militarisation accélérée du Nord
« Au lieu de mener un travail constructif dans le cadre d’institutions existantes, en particulier le Conseil de l’Arctique, l’Otan a choisi la voie d’une militarisation accélérée du Nord et renforce là-bas sa présence militaire sous le prétexte imaginaire d’une menace croissante de Moscou et de Pékin », a asséné dans un communiqué l’ambassade russe à Bruxelles, lieu du siège de l’Alliance atlantique. Moscou invoque le Conseil de l’Arctique, forum créé en 1996, qui regroupe huit États membres permanents ayant une partie de leur territoire dans l’espace arctique, dont le Danemark, les États-Unis et la Russie, et des pays observateurs tels que la France. Initialement prévu pour promouvoir le développement durable dans la région, il cristallise les revendications et compétitions autour d’un espace de plus en plus convoité.
Renforcement de la présence militaire
Moscou dénonce le renforcement de la présence militaire des alliés du Danemark au Groenland. Après la réunion d’urgence entre Donald Trump et les ministres des Affaires étrangères danois et groenlandaise ce mercredi à la Maison Blanche, qui a débouché sur un constat de « désaccord fondamental » pour le représentant danois Lars Lokke Rasmussen, Copenhague a indiqué l’envoi de troupes supplémentaires et la mise sur pied d’une mission interalliée. Baptisée « Arctic Endurance », elle regroupe des pays de l’Otan dont la Suède, la Norvège, l’Allemagne et la France.
Ce mercredi soir, Paris a confirmé l’envoi sur place d’un premier détachement d’une dizaine de militaires spécialisés dans le combat en montagne, pour préparer un exercice européen, avant la tenue d’un Conseil de Défense à l’Élysée ce jeudi. « C’est un signe politique fort, on disait que l’Europe prenait son temps, pas tant que ça », a déclaré sur France Info Olivier Poivre d’Arvor, ambassadeur pour les pôles et les océans. Donald Trump considère quant à lui « qu’une solution serait trouvée » sur le Groenland et reste persuadé « qu’une solution sera trouvée ». Il n’a pas annoncé de décision sur le plan militaire pour l’île, où l’armée américaine dispose de 150 soldats basés à Pituffik.
Télécharger l’application Le Journal du Dimanche pour iPhone, iPad ou Android



















