Quand certains doutent, la mer, elle, ne pardonne rien.
Depuis quatre siècles, la Marine nationale tient la ligne, protège, dissuade et agit, loin des slogans et des postures.
Une Marine d’État née d’une vision de puissance et de souveraineté
La Marine nationale n’est pas un héritage folklorique ni un simple symbole mémoriel. Elle est une construction politique volontaire, pensée pour garantir à la France une place parmi les puissances qui comptent.
En 1626, l’édit de Saint-Germain, voulu par le cardinal de Richelieu, crée pour la première fois une Marine d’État permanente, organisée et unifiée. L’objectif est clair : protéger la navigation, sécuriser le commerce et défendre les intérêts français sur mer.
« La première chose qu’il faut faire est de se rendre puissant sur la mer », écrivait Richelieu en 1629. Cette maxime fonde encore aujourd’hui l’action maritime française.
Avant cette date, la France dispose de ports et d’arsenaux, comme le Clos des Galées à Rouen, mais pas d’une force navale structurée. Les défaites de la guerre de Cent Ans, notamment à l’Écluse en 1340, en avaient montré le prix.
À partir du XVIIe siècle, avec Richelieu puis Colbert, la Marine devient un instrument central de l’État. Sous Louis XIV, elle participe à l’essor du commerce mondial et à l’affirmation d’une France présente sur toutes les mers. Des figures comme Tourville, Duquesne, Jean Bart ou Duguay-Trouin incarnent cette ambition maritime assumée.
Cette histoire rappelle une évidence trop souvent oubliée : sans Marine forte, il n’y a ni indépendance, ni commerce sécurisé, ni souveraineté durable.
Quatre siècles de combats, d’innovations et de sacrifices
La Marine française traverse les siècles sans jamais disparaître, même dans les périodes de recul stratégique.
Au XVIIIe siècle, elle joue un rôle décisif dans la victoire américaine contre l’Empire britannique, avec la bataille stratégique de la Chesapeake en 1781, démontrant que la mer peut inverser le cours de l’Histoire.
Le XIXe siècle marque un tournant technologique majeur. La France est pionnière dans la propulsion à vapeur et lance en 1859 La Gloire, première frégate cuirassée au monde. En 1899, le Narval devient le premier sous-marin réellement opérationnel, confirmant l’avance technique française.
Les deux guerres mondiales engagent la Marine sur tous les fronts.
En 1914, les fusiliers-marins à Dixmude incarnent l’héroïsme au sol.
En 1940-1942, les drames de Mers el-Kébir, Dakar et du sabordage de Toulon rappellent les fractures nationales, mais aussi la capacité de la Marine à se reconstruire et à reprendre le combat.
Après 1945, tout est à rebâtir. La Marine relève le défi grâce à un réarmement national solide, appuyé par l’OTAN, tout en restant engagée dans les conflits de décolonisation.
À partir des années 1970, elle devient l’un des piliers de la dissuasion nucléaire française, avec les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins, garantissant l’indépendance stratégique de la Nation.
L’entrée en service du Charles-de-Gaulle en 2001 confirme cette continuité : la France reste l’une des rares nations capables de projeter une puissance aéronavale autonome sur tous les océans.
2026 : 400 ans de fierté nationale tournés vers la jeunesse et l’avenir
La célébration des 400 ans de la Marine nationale ne se limite pas à une commémoration institutionnelle. Elle vise à rétablir un lien populaire et territorial avec une institution souvent méconnue, mais essentielle.
Des événements labellisés, des initiatives locales, des productions culturelles et pédagogiques jalonneront l’année 2026, en métropole comme outre-mer.
Cette célébration rappelle une vérité simple : la France est une grande puissance maritime, dotée du deuxième espace maritime mondial grâce à ses territoires ultramarins. Sans la Marine, cette réalité resterait théorique.
La Marine, ce sont des combattants, des techniciens de haut niveau, des femmes et des hommes forgés par l’esprit d’équipage, opérant loin des caméras et des discours idéologiques.
C’est aussi une institution tournée vers la jeunesse, l’innovation technologique et la protection de la liberté de navigation à l’heure de la mondialisation et des tensions stratégiques croissantes.
Depuis 400 ans, sur tous les océans, la Marine nationale protège la France.
En 2026, elle ne célèbre pas le passé par nostalgie, mais une continuité de service, de courage et de souveraineté, tournée résolument vers l’avenir.
















