Les valises se referment, les billets sont imprimés, les vacances touchent à leur fin.
Mais pour certaines familles, une question demeure : un enfant peut-il voyager seul, et à quelles conditions ?
Autorisation de sortie du territoire : la règle est désormais claire
Depuis l’adoption de la loi du pays n° 2025-4 du 6 février 2025, la Nouvelle-Calédonie a rétabli une règle longtemps assouplie : tout mineur non émancipé de moins de 16 ans doit obligatoirement disposer d’une autorisation écrite pour quitter le territoire, dès lors qu’il ne voyage pas avec un titulaire de l’autorité parentale.
Cette décision s’inscrit dans une logique assumée de protection de l’enfance et de lutte contre les déplacements irréguliers de mineurs, un sujet longtemps sous-estimé. Contrairement aux discours alarmistes, il ne s’agit pas d’interdire, mais d’encadrer fermement.
Le document exigé doit être dûment renseigné, signé et accompagné d’une photocopie lisible d’un titre officiel d’identité du signataire. Les documents acceptés varient selon la nationalité du parent exerçant l’autorité parentale.
Pour les parents de nationalité française, la carte nationale d’identité ou le passeport suffisent.
Pour les ressortissants de l’Union européenne, de l’Espace économique européen ou de la Confédération suisse, sont admis la carte nationale d’identité, le passeport ou un document de séjour valable.
Pour les ressortissants de pays tiers, un passeport, un titre de séjour ou un titre de voyage pour réfugié ou apatride sont requis.
À noter : les documents doivent être en cours de validité, sauf pour la carte d’identité et le passeport français, acceptés jusqu’à cinq ans après expiration.
Lorsque l’autorité parentale est exercée par une institution publique, l’identité du signataire peut être établie par une carte professionnelle officielle, en complément des documents habituels.
Voyager seul n’est pas interdit, mais strictement encadré
Contrairement à une idée largement répandue, aucun âge minimum légal n’interdit à un mineur de quitter seul la Nouvelle-Calédonie.
À partir du moment où les parents autorisent la délivrance d’un passeport, l’enfant peut voyager, à condition d’être suffisamment autonome, rappelle une référente immigration de la STPAF.
Dans les faits, l’autonomie réelle de l’enfant, l’organisation du voyage et les règles de la compagnie aérienne sont déterminantes. Pour les plus jeunes, un accompagnement spécifique est obligatoire.
Depuis 2016, l’autorisation de sortie du territoire (AST) est obligatoire pour tout mineur quittant la France sans parent. Ce formulaire CERFA national doit être accompagné de la copie de la pièce d’identité du parent signataire. En Nouvelle-Calédonie, une autorisation locale complémentaire est fortement recommandée par les autorités. Même si elle n’est pas systématiquement exigée, elle constitue une sécurité juridique supplémentaire, notamment en cas de contrôle ou de déplacement imprévu.
Les contrôles effectués par la STPAF, à l’entrée comme à la sortie du territoire, sont rigoureux. Validité du passeport, absence d’opposition judiciaire, cohérence du dossier : un mineur peut être empêché de voyager, y compris accompagné, si une décision de justice l’interdit. Les erreurs les plus fréquentes restent l’usage de documents incomplets ou de passeports déclarés perdus.
UM, Kids Solo : quand les compagnies prennent le relais
Pour répondre à ces contraintes, les compagnies aériennes proposent des dispositifs structurés. Air France, via le service Kids Solo, permet aux enfants de voyager seuls dès 4 ans sur les vols nationaux et 5 ans sur les vols internationaux, jusqu’à 17 ans. Le service est payant ou gratuit selon l’âge et la destination, mais garantit une prise en charge continue.
En Nouvelle-Calédonie, Aircalin propose le service UM (Unaccompanied Minor). À partir de 5 ans, un enfant peut voyager seul. Entre 5 et 11 ans, l’accompagnement est obligatoire et gratuit. À partir de 12 ans, il devient facultatif et payant. Les tarifs varient de 4 000 à 14 000 francs selon la destination, jusqu’à la ligne Nouméa–Bangkok–Paris.
En cas de retard ou de correspondance manquée, les UM restent prioritaires et sous la responsabilité directe de la compagnie.
Les billets UM ne pouvant être achetés qu’en agence, les familles bénéficient d’un accompagnement renforcé dès la réservation, limitant les refus d’embarquement.
Du côté d’Air Calédonie, le service UM permet désormais aux enfants de 6 à 11 ans de voyager seuls sur le réseau domestique. Pris en charge du comptoir d’enregistrement jusqu’à la remise à la personne désignée à l’arrivée, les mineurs voyagent dans un cadre sécurisé et strictement identifié.
Anticiper, responsabiliser, protéger
Témoignage à l’appui, de nombreuses familles assument ce choix. Françoise, mère de deux enfants, raconte avoir laissé ses enfants voyager seuls très jeunes :
Si l’enfant est d’accord et prêt à partir, il faut lui faire confiance.
Une expérience formatrice, à condition de respecter scrupuleusement les règles.
Passeport personnel, autorisation de sortie du territoire, choix du service UM, délais d’enregistrement : rien ne doit être laissé au hasard. Dans un contexte où la protection de l’enfance est devenue une priorité assumée, l’anticipation reste la meilleure garantie d’un voyage serein.
Voyager seul n’est pas un droit automatique, mais une responsabilité parentale pleinement assumée. En 2026, la règle est claire : liberté oui, laxisme non.

















