Cuboméduses : le lagon calédonien sous alerte rouge

Le 12 février, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a officiellement communiqué sur une alerte aux cuboméduses dans le lagon du sud-ouest. Une information factuelle, précise, issue des autorités maritimes et sanitaires. Pas de panique inutile. Mais pas d’imprudence non plus.
Le centre opérationnel de surveillance et de sauvetage de la Nouvelle-Calédonie, le COSS-NC, a signalé la présence de ces méduses dangereuses entre la passe de Dumbéa et la passe de d'Uitoé.
Le signalement initial provient d’un pêcheur sous-marin évoluant sur le récif de l’Annibal, en face de l’îlot de M’Bâ. Un banc de cuboméduses était en dérive. Depuis, trois personnes ont été piquées au niveau de la passe de Dumbéa.
Les faits sont clairs. Le risque est identifié. Les autorités ont agi.
Une présence confirmée entre Dumbéa et Uitoé
Le COSS-NC, structure de veille maritime placée sous l’autorité de l’État, a été informé jeudi matin de la présence d’un regroupement de cuboméduses.
La zone concernée s’étend dans le lagon sud-ouest, secteur très fréquenté par les plaisanciers et les baigneurs.
Les cuboméduses sont connues pour leur venin extrêmement puissant. Le contact avec les filaments d’une Alatina sp., même sur une surface cutanée limitée, peut provoquer une envenimation sévère.
Les symptômes décrits par les autorités sanitaires sont précis : douleur immédiate et intense au point de contact, douleurs musculaires généralisées, douleurs articulaires, douleurs abdominales et lombaires, vomissements, maux de tête, fatigue intense, gêne respiratoire.
Il ne s’agit donc pas d’une simple brûlure bénigne. Il s’agit d’un phénomène biologique sérieux, connu, documenté.
Les rassemblements de cuboméduses peuvent atteindre plusieurs centaines d’individus. Leur apparition n’est pas saisonnière au sens classique. Leur cycle de reproduction est est synchronisé avec le cycle lunaire. En moyenne, les regroupements sont observés environ dix jours après la pleine lune.
Des variations existent : entre huit et douze jours, voire jusqu’à quatorze jours en cas de rassemblement massif.
Ce phénomène explique leur apparition régulière dans les eaux calédoniennes, indépendamment de la période de l’année.
Des recommandations sanitaires claires et responsables
Face à cette situation, la direction des Affaires sanitaires et sociales de la Nouvelle-Calédonie, la DASS-NC, a émis des recommandations fermes.
Première consigne : limiter la baignade dans la zone concernée jusqu’à la levée de l’alerte.
Deuxième consigne : ne pas manipuler une méduse, même échouée ou morte.
Le message est simple. La prudence prime.
En cas de piqûre, la conduite à tenir est clairement établie : sortir immédiatement de l’eau ou aider la victime à en sortir, rincer abondamment la zone touchée au vinaigre dès que possible afin d’inactiver le venin, retirer les tentacules après application du vinaigre à l’aide d’une pince à épiler, jamais à main nue, puis prendre un traitement antalgique si nécessaire.
En cas de symptômes importants, il est recommandé de consulter rapidement un médecin.
Ces consignes relèvent du bon sens sanitaire. Elles rappellent que la mer n’est pas un espace sans règles. La responsabilité individuelle est ici déterminante.
Un phénomène récurrent dans le lagon calédonien
Depuis plusieurs jours, plusieurs communes de Nouvelle-Calédonie, notamment Bourail, ont relayé des alertes similaires.
Les autorités locales observent une vigilance accrue sur les zones de baignade. Ce n’est pas un épisode isolé.
Le 31 décembre 2025, en fin d’après-midi, la plage de la baie des Citrons à Nouméa avait été interdite aux activités nautiques à la suite de la présence de méduses bleues.
De nombreux baigneurs avaient été piqués. Les brûlures constatées étaient sans gravité.
La différence avec les cuboméduses est d’ordre toxicologique. Leur venin est d’une autre intensité.
La Nouvelle-Calédonie possède l’un des plus grands lagons du monde. Un patrimoine naturel exceptionnel. Mais un écosystème vivant, dynamique, parfois imprévisible.
Ignorer les alertes reviendrait à nier cette réalité. Les autorités ont communiqué. Les recommandations sont connues.
Il ne s’agit pas d’alimenter la peur. Il s’agit d’affirmer une évidence : la liberté d’accès au lagon implique le respect des consignes de sécurité.
La vigilance collective protège chacun. La mer impose l’humilité.

