Quand la science sort du labo et affronte le chrono

Comment présenter un travail de recherche en seulement trois minutes, avec un micro et un simple poster ?
C’est tout l’enjeu du concours « Ma thèse en 180 secondes », plus connu sous le nom de MT180.
Un exercice de pédagogie exigeant. Un défi d’éloquence scientifique. Et un rendez-vous désormais incontournable pour la recherche en Nouvelle-Calédonie.
Cette année, l’Université de la Nouvelle-Calédonie participe pour la cinquième fois à l’événement.
La soirée se tiendra le mercredi 4 mars à 17 h 30 dans l’amphi Guy Agniel.
Un moment ouvert au grand public. Accessible. Direct. Sans jargon inutile.
Car ici, la règle est simple : trois minutes chrono, pas une de plus.
Un défi d’excellence scientifique et de clarté
Le principe du concours Ma thèse en 180 secondes est clair. Chaque doctorant doit expliquer son sujet de recherche en français, devant un public non spécialiste.
Sans notes. Avec une seule diapositive en support visuel.
Trois minutes pour convaincre. Trois minutes pour rendre intelligible parfois plusieurs années de travail.
Trois minutes pour démontrer que la recherche française sait parler à tous.
À l’heure où certains dénoncent une science prétendument déconnectée, l’initiative rappelle une évidence : la recherche publique doit être comprise, assumée et défendue.
En Nouvelle-Calédonie, la première édition locale remonte à 2016. Depuis, l’événement s’est imposé comme un rendez-vous attendu. Le lauréat local peut décrocher un billet pour la finale nationale en métropole. Un tremplin vers la reconnaissance scientifique à l’échelle de la France.
À l’issue des prestations, deux distinctions seront remises :
– le Prix du jury
– le Prix du public
Deux regards. Deux légitimités. Une même exigence : la clarté.
Des sujets au cœur des enjeux calédoniens
Les candidates et candidats en lice cette année abordent des thématiques stratégiques pour le territoire.
Adriana Luga présentera une étude sur le rôle du microbiote des sols dans la survie des leptospires pathogènes en Nouvelle-Calédonie, à travers une approche de métagénomique.
Un sujet directement lié aux problématiques sanitaires locales.
Chaïa Akhoun-Piernicka travaille sur la bioconversion du chrome hexavalent par des déchets alimentaires et forestiers, ainsi que par des micro-organismes des sols néo-calédoniens.
Une recherche qui s’inscrit dans la gestion environnementale des activités minières.
Wahnyalo Kazone analysera l’impact du réchauffement climatique sur le métabolome de plantes aromatiques et médicinales à activité anti-inflammatoire. Une thèse à l’interface entre climat, biodiversité et santé.
Dominique Valtain se concentre sur les interactions multitrophiques dans la stratégie basée sur Wolbachia contre le virus de la dengue. Un sujet en lien direct avec la lutte contre les épidémies.
Loeïza Rault étudie la réponse immunitaire humorale ciblant le virus de la dengue dans un contexte endémo-épidémique, avec un focus sur les populations océaniennes.
Noéline Lanos présentera ses travaux sur la dynamique du dioxyde de carbone et du méthane dans une mangrove urbaine. Une recherche essentielle pour comprendre les cycles du carbone en milieu tropical.
Célia Caillibot propose une approche pluridisciplinaire pour améliorer la compréhension du risque ciguatérique en Nouvelle-Calédonie dans le contexte du changement climatique.
Autant de sujets ancrés dans la réalité calédonienne. Autant de travaux qui démontrent que la recherche locale ne se contente pas d’observer le monde : elle agit sur les enjeux sanitaires, environnementaux et climatiques du territoire.
Défendre la recherche française, ici et maintenant
Le concours MT180 n’est pas un simple exercice d’éloquence. Il incarne une certaine idée de la recherche. Une recherche exigeante. Responsable. Au service du territoire.
Dans un contexte où la souveraineté scientifique est un enjeu stratégique, ces doctorants représentent l’avenir intellectuel du caillou.
Trois minutes peuvent paraître dérisoires. Mais trois minutes peuvent aussi révéler une vocation, susciter une prise de conscience, ou donner envie de comprendre.
La finale locale est ouverte au public. Entrée libre. Ambiance conviviale. Rigueur scientifique garantie.
Le rendez-vous est fixé au 4 mars à 17 h 30 à l’amphi Guy Agniel. Une occasion rare de voir la science en action. Sans filtre. Sans posture victimaire. Avec exigence et fierté.

