Sonia Lagarde : stabilité, sécurité et reconstruction au cœur du projet
Maire de Nouméa depuis 2014, Sonia Lagarde sollicite aujourd’hui la confiance des électeurs pour une troisième mandature. Réélue lors des municipales de 2020 dès le premier tour avec plus de 60 % des voix, elle aborde ce nouveau rendez-vous électoral forte d’un socle électoral solide. Après deux mandats marqués par des crises successives, pandémie, tensions institutionnelles, émeutes du 13 mai, l’élue estime avoir acquis l’expérience et la solidité nécessaires pour poursuivre le travail engagé. Invitée de Sud TV, elle revient sur son bilan et trace les contours de son projet pour les six prochaines années.
Dès l’ouverture de l’entretien, le ton est donné.
On ne joue pas avec la sécurité
Un mandat traversé par les crises
Covid, effondrement des recettes, tensions institutionnelles, émeutes du 13 mai : rarement une mandature aura été autant secouée. Sonia Lagarde l’admet sans détour.
Les crises ont été compliquées les unes après les autres sur cette mandature
Elle évoque la ville « partant en fumée », la détresse sociale, les finances fragilisées. Mais insiste sur la méthode : garder le cap, ne pas céder à la panique, maintenir la cohésion.
Il ne faut pas lâcher prise
Dans ce contexte, elle revendique un bilan « incontestable », appuyé sur une gestion rigoureuse qui aurait permis d’absorber les chocs successifs sans basculer dans l’improvisation.
Sécurité : fermeté assumée et coordination avec l’État
La sécurité reste l’un des marqueurs forts de son discours. La maire détaille les mesures prises : 36 policiers municipaux supplémentaires, renforcement des stewards urbains passés de 6 à 16, coordination accrue avec la police nationale.
Nous avons noué des liens de travail exceptionnels avec la police nationale
Elle rappelle toutefois que la sécurité dépasse les frontières de Nouméa et concerne l’ensemble du territoire. Pour autant, dit-elle, les administrés ont droit à une réponse ferme et efficace.
La police municipale est extrêmement complémentaire de la police nationale
Pour Sonia Lagarde, il ne s’agit pas de promesses « farfelues », mais d’actions concrètes, planifiées et financées.
Reconstruction : 882 millions engagés
Les émeutes ont laissé une ardoise lourde : plus de 6 milliards de francs de dégâts et 37 bâtiments municipaux touchés. Médiathèques, maisons de quartier, ateliers municipaux… La reconstruction est désormais enclenchée.
Elle rappelle les contraintes techniques et assurantielles, les études nécessaires après les incendies, mais annonce un tournant.
Le budget que nous avons voté comprend 882 millions d’engagements pour reconstruire
Après le remplacement de plus de 100 véhicules brûlés, la ville entre dans la phase opérationnelle de reconstruction des bâtiments.
Centre-ville et stabilité institutionnelle
Pour redonner confiance aux commerçants et investisseurs, la maire estime qu’une condition prime sur toutes les autres : la stabilité institutionnelle.
Elle insiste sur le lien direct entre visibilité politique et relance économique. Sans accord global, dit-elle, la paupérisation pourrait s’aggraver.
On est tous ensemble dans ce pays, on a tous envie d’avoir un pays stable et en paix
Le message se veut rassembleur, au-delà des clivages.
Urbanisme : préserver les espaces communs
Nouméa poursuit sa transformation. Sonia Lagarde rappelle son opposition passée à la construction de barres d’immeubles sur le parc urbain de Sainte-Marie, la réhabilitation de l’Anse Vata, du parc de la Polyclinique ou encore la passerelle vers la mangrove de Ouémo.
Pour elle, ces espaces sont les lieux concrets du « destin commun », où se rencontrent habitants des quartiers nord et sud. Elle promet de poursuivre cette logique d’équilibre entre densification et qualité de vie.
Requins : vers une nouvelle régulation ?
Sur le dossier sensible des attaques de requins, la maire défend les barrières installées au Château-Royal et à la Baie des Citrons, présentée comme l’une des plus vastes zones protégées au monde.
Mais elle ne ferme pas la porte à une régulation accrue.
Je n’ai pas hésité à demander une régulation à la province
Comparant la situation à celle des cerfs régulés pour protéger les forêts, elle estime qu’une réflexion courageuse devra être menée pour protéger les usagers sans renoncer aux activités nautiques.
Finances : pas d’alourdissement fiscal
Dans un contexte de dépendance accrue vis-à-vis de la Nouvelle-Calédonie et de l’État, Sonia Lagarde exclut toute hausse de pression fiscale. Elle rappelle que les communes investissent massivement dans les entreprises locales via les marchés publics.
L’objectif affiché : préserver la capacité d’investissement sans peser davantage sur les ménages.
Vivre ensemble : rejet du communautarisme
Interrogée sur les tensions entre quartiers nord et sud, la maire rejette fermement toute logique communautaire.
Elle plaide pour une ville unie, consciente de sa diversité culturelle mais attachée à un vivre-ensemble concret, incarné dans les espaces publics et les politiques municipales.
Trois mots pour six ans
En conclusion, Sonia Lagarde résume son projet en trois termes, qu’elle érige en boussole pour l’avenir.
Que cette ville soit stable, qu’elle soit gérée avec sérieux et avec solidité
Trois mots qui, selon elle, ont déjà guidé l’action municipale et continueront d’en structurer la trajectoire.
Retrouvez l’intégralité de l’interview dans notre émission « Talk » diffusée sur La Dépêche de Nouméa et Sud TV.

