Provinciales 2026 : la FEINC veut réduire les élus

À quelques jours d’un scrutin décisif, le monde économique sort de sa réserve et hausse le ton.
Face à une situation budgétaire jugée critique, les entreprises veulent désormais peser sur l’avenir institutionnel.
Une offensive économique contre la dérive des dépenses publiques
À l’approche des élections provinciales du 28 juin, la Fédération des industries et des entreprises de Nouvelle-Calédonie (FEINC) prend clairement position. L’organisation patronale ne se contente plus d’alerter : elle avance des propositions structurées pour reprendre le contrôle de la dépense publique et remettre l’économie sur des rails durables.
Le constat posé est sans détour. La crise des finances publiques calédoniennes impose une discipline budgétaire stricte, ainsi qu’une transformation en profondeur du fonctionnement administratif.
Dans cette optique, la FEINC propose d’interdire l’endettement pour les dépenses de fonctionnement, une mesure radicale qui vise à stopper une spirale jugée dangereuse.
Autre axe fort : la transparence. Les budgets et comptes administratifs devraient être rendus publics chaque année dans un format lisible, avec des obligations de contrôle renforcées.
Une manière d’envoyer un message clair : l’argent public appartient aux Calédoniens et doit être géré avec rigueur.
Mais au-delà des principes, c’est toute une philosophie de gestion qui est défendue. La FEINC réclame une administration plus efficace, moins lourde et surtout plus respectueuse des entreprises, souvent pénalisées par des délais et des procédures jugés excessifs.
Réforme institutionnelle : moins d’élus, plus d’efficacité ?
C’est sans doute la mesure la plus symbolique du plan présenté. La FEINC propose une réduction significative du nombre d’élus, accompagnée d’une refonte du système institutionnel.
Aujourd’hui, la Nouvelle-Calédonie compte un nombre d’élus élevé, rapporté à sa population, avec un système où une majorité siège à la fois en province et au Congrès.
Résultat : une dilution des responsabilités et une absence de vision globale du Pays.
La réforme proposée est claire : deux scrutins distincts, un Congrès réduit à 30 membres et un total de 60 élus, soit environ 21 % de réduction.
L’objectif affiché est double. D’un côté, clarifier les rôles institutionnels pour éviter les chevauchements inefficaces. De l’autre, générer des économies de fonctionnement dans un contexte budgétaire sous tension.
Mais cette réduction reste, selon certains observateurs, symbolique au regard du poids global des dépenses publiques. Elle n’en constitue pas moins un signal politique fort : celui d’une volonté de rationalisation et de responsabilisation des décideurs.
La FEINC va même plus loin en prônant la fin du gouvernement collégial au profit d’un exécutif issu d’une majorité claire, une orientation qui vise à renforcer la lisibilité et la stabilité politique.
Simplifier pour libérer l’économie calédonienne
Au-delà des institutions, c’est toute la machine administrative qui est ciblée. La FEINC dénonce une accumulation de normes et de procédures qui freinent l’initiative et pénalisent les entreprises.
Les délais administratifs sont particulièrement pointés du doigt. Dans certains cas, l’enchaînement des autorisations peut atteindre 18 à 24 mois, un frein majeur à l’investissement.
Pour y remédier, plusieurs mesures sont proposées : la possibilité de traiter les dossiers en parallèle plutôt que de manière séquentielle, la création d’un certificat de projet opposable ou encore la désignation d’un référent unique chargé de coordonner les démarches.
Autre idée phare : permettre l’exécution anticipée de certains travaux, sous la responsabilité du porteur de projet, afin de ne pas bloquer inutilement les chantiers.
La FEINC insiste également sur la nécessité de raccourcir drastiquement les délais de délivrance des permis, avec des objectifs clairs allant de un à trois mois selon la nature des projets.
Enfin, la création d’un guichet unique numérique et la simplification du code des marchés publics visent à réduire la complexité administrative qui pèse sur les TPE et PME.
Derrière ces propositions, une conviction assumée : sans choc de simplification, la relance économique restera un mirage.
En entrant dans le débat à quelques jours des provinciales, la FEINC ne fait pas dans la nuance. Elle impose ses thèmes : rigueur budgétaire, réduction du train de vie public, simplification administrative.
Ce positionnement traduit une évolution notable. Le monde économique ne veut plus subir les décisions politiques : il entend désormais peser directement sur les choix structurants du territoire.
Reste à savoir si ces propositions, parfois jugées ambitieuses, voire radicales, trouveront un écho dans les urnes. Une chose est certaine : dans un contexte de crise financière et de défiance envers les institutions, la question de l’efficacité de l’action publique est désormais au cœur du débat calédonien.
(Crédit photo : Congrès de la Nouvelle-Calédonie)
