Nouméa relance la formation des artisans

Deux ans après les violences qui ont détruit une partie des infrastructures de formation du territoire, la reconstruction se poursuit par des actions concrètes.
À Nouméa, la mise à disposition de l'ancienne école Mauricette-Devambez offre à la Chambre de Métiers et de l'Artisanat de Nouvelle-Calédonie un nouvel espace pour poursuivre sa mission auprès des apprentis et des professionnels.
La formation professionnelle retrouve un nouveau souffle à Rivière-Salée
La Ville de Nouméa et la Chambre de Métiers et de l'Artisanat de Nouvelle-Calédonie (CMA-NC) ont officiellement signé, ce jeudi 6 août, une convention permettant la mise à disposition de l'ancienne école Mauricette-Devambez, située à Rivière-Salée.
L'accord a été conclu par Sonia Lagarde, maire de Nouméa, et Elizabeth Rivière, présidente de la CMA-NC, afin d'offrir un cadre de travail plus adapté aux équipes chargées de la formation professionnelle.
Cette décision intervient deux ans après les violences de 2024, qui avaient entraîné la destruction du centre de formation de la chambre consulaire.
Depuis cet événement, les équipes avaient poursuivi leurs missions dans des locaux provisoires afin d'assurer la continuité des enseignements. Malgré ces conditions difficiles, les formations destinées aux apprentis, aux alternants et aux professionnels n'ont jamais été interrompues.
La signature de cette convention marque ainsi une étape importante dans le retour à des conditions d'accueil plus pérennes. Au-delà du simple prêt de bâtiments, elle témoigne de la volonté des collectivités de préserver un secteur essentiel au développement économique de la Nouvelle-Calédonie.
Former les futurs artisans demeure en effet un enjeu stratégique pour répondre aux besoins des entreprises et préparer le renouvellement des compétences dans de nombreux métiers.
Un équipement adapté aux besoins des apprentis
Le site de Mauricette-Devambez dispose d'infrastructures capables d'accueillir durablement les activités de formation.
L'ancienne école comprend seize salles de classe, un plateau sportif, un réfectoire ainsi qu'un pavillon pouvant être aménagé en logement.
Ces équipements permettront aux apprentis de bénéficier d'espaces plus fonctionnels que les installations provisoires utilisées jusqu'à présent. Les équipes pédagogiques disposeront également de meilleures conditions pour organiser les enseignements et accompagner les élèves tout au long de leur parcours.
L'objectif est de garantir la qualité des formations dispensées aux futurs artisans tout en assurant la continuité des cursus.
L'artisanat demeure l'un des piliers de l'économie calédonienne et fait vivre plusieurs milliers de personnes sur le territoire. Préserver la transmission des savoir-faire représente donc un enjeu économique autant que social.
Dans un contexte de reconstruction, disposer d'un outil de formation pleinement opérationnel constitue une nécessité. Cette nouvelle implantation apporte une réponse concrète aux besoins de la chambre consulaire tout en offrant davantage de stabilité aux jeunes engagés dans un parcours d'alternance.
Une étape supplémentaire dans la reconstruction du territoire
La destruction du centre de formation de la CMA-NC lors des violences de 2024 avait profondément bouleversé l'organisation de la formation professionnelle.
Face à cette situation, les équipes avaient rapidement adapté leur fonctionnement afin d'éviter toute interruption des enseignements. Cette capacité d'adaptation a permis de maintenir les cursus malgré des conditions particulièrement complexes.
Le partenariat conclu avec la Ville de Nouméa s'inscrit désormais dans une logique de reconstruction progressive des équipements publics. Il traduit la volonté des acteurs institutionnels de remettre à disposition des infrastructures indispensables au développement économique du territoire.
Pour les futurs artisans, cette décision améliore concrètement les conditions d'apprentissage. Pour les entreprises, elle contribue à sécuriser la formation des compétences dont elles auront besoin dans les années à venir.
Alors que la Nouvelle-Calédonie cherche à retrouver une dynamique de développement après les événements de 2024, l'investissement dans la formation apparaît comme un levier majeur de relance. Soutenir les filières artisanales, c'est accompagner les entreprises locales tout en préparant les nouvelles générations aux métiers de proximité qui participent à la vitalité du territoire.
Si cette initiative ne fait pas disparaître les conséquences des destructions subies il y a deux ans, elle apporte une réponse tangible aux besoins immédiats de la CMA-NC. Elle permet de poursuivre sa mission auprès des apprentis, des professionnels et des futurs chefs d'entreprise dans un environnement plus adapté.
Pour la municipalité, cette mise à disposition illustre également la volonté de valoriser un équipement public au service d'une mission d'intérêt général. Dans un territoire encore marqué par les violences de 2024, chaque infrastructure remise en service constitue une étape supplémentaire vers un retour durable à une activité normale et vers la reconstruction des compétences indispensables à l'avenir de la Nouvelle-Calédonie.
(Crédit photo : ville de Nouméa)

