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L'UNC mène la danse aux Tonga

22 septembre 2026 à 14:00
4 min de lecture
L'UNC mène la danse aux Tonga

Résumé IA

L'Université de la Nouvelle-Calédonie codirige le réseau universitaire du Pacifique (PIURN), dont elle a accueilli la réunion stratégique début septembre aux Tonga. La National University of Tonga rejoint le réseau, qui passe à 17 membres et se dote de financements propres. Le Roi Tupou VI a reçu la délégation, avant que Nouméa n'accueille en novembre plusieurs événements scientifiques régionaux.

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Il existe une influence qui ne passe ni par les armées ni par les traités. Dans le Pacifique, la France l'exerce aussi par ses amphithéâtres.

Quand l'université devient un levier de puissance

On parle souvent de la présence française dans le Pacifique en termes de défense, de zones maritimes ou de diplomatie. On oublie un terrain plus discret, mais tout aussi décisif : celui de la connaissance.

Former les élites de demain, orienter les programmes de recherche, créer des habitudes de travail entre chercheurs de différents pays. Tout cela façonne durablement une région. Et sur ce terrain, la Nouvelle-Calédonie joue un rôle que peu de gens mesurent en métropole.

L'Université de la Nouvelle-Calédonie n'est pas un simple membre du Pacific Islands Universities Regional Network. Elle en tient la co-direction. Sa présidente, Catherine Ris, partage cette responsabilité avec la University of the South Pacific, établie aux Fidji. Autrement dit, une université française codirige l'un des principaux cadres de coopération académique de la région.

Ce n'est pas un détail protocolaire. C'est une position.

Nuku'alofa, une réunion qui change l'échelle du réseau

Début septembre, les instances du PIURN se sont réunies deux jours durant dans la capitale tongienne, accueillies par la Christ's University in Pacific. L'UNC y a co-présidé les discussions sur la stratégie et l'avenir du réseau.

Premier résultat, la National University of Tonga fait son entrée. Créée en 2024, cette jeune institution s'organise autour de cinq composantes, qui vont de l'éducation et des sciences humaines à la santé, en passant par les technologies, l'administration publique et un centre national consacré au climat et à l'énergie. Ses priorités scientifiques, qu'il s'agisse de l'océan, de l'environnement ou des cultures et langues du Pacifique, épousent celles de ses nouveaux partenaires. Le Royaume des Tonga, qui comptait déjà un établissement dans le réseau, en aligne désormais deux. Le PIURN atteint ainsi 17 universités membres.

Mais l'essentiel s'est peut-être joué ailleurs, dans des décisions moins spectaculaires et plus structurantes.

Le réseau se dote d'un modèle de financement propre, avec l'instauration de cotisations qui doivent consolider son secrétariat et appuyer ses projets. Une coopération qui se finance elle-même gagne en sérieux et en durée. S'y ajoute la création d'un fonds pour la mobilité des étudiants comme des personnels, dont la gestion revient à l'Université Nationale de Vanuatu. Enfin, un nouvel appel à projets régional est lancé pour 2027.

Le PIURN change donc de nature. D'un lieu d'échanges, il devient un outil doté de moyens.

Un roi, une ambition et un rendez-vous à Nouméa

Le séjour tongien s'est conclu par un moment de haute portée symbolique. La délégation a été reçue par le Roi Tupou VI et la Reine Nanasipau'u. Une audience royale qui dit l'intérêt porté par le Royaume au développement de l'enseignement supérieur régional, au moment même où le réseau s'élargit.

Pour l'UNC, ce déplacement prolonge une stratégie cohérente, inscrite dans son schéma directeur des relations internationales. Elle avait déjà été partie prenante, à Samoa en octobre 2022, de la naissance de l'Académie des sciences du Pacifique. La constance de cette démarche parle d'elle-même.

L'objectif est posé sans détour : faire de l'université calédonienne une destination scientifique pour les chercheurs du Pacifique et au-delà.

Les prochaines semaines en fourniront la démonstration concrète. En novembre, c'est Nouméa qui accueillera. D'un côté, le Campus Terres/Mers, monté avec l'Université de la Polynésie française et la Solomon Islands National University. De l'autre, l'université d'été des doctorants du réseau. Des chercheurs, des étudiants et des personnels venus de toute la région travailleront ensemble sur le sol calédonien.

C'est peut-être là le sens profond de cette séquence. Loin des postures, la France avance dans le Pacifique par ce qu'elle sait faire de mieux : transmettre, rassembler et organiser. Une influence patiente, fondée sur le savoir, qui fait de la Nouvelle-Calédonie bien plus qu'un territoire lointain. Un carrefour.

(Crédit photo : UNC)