Ils montent sur une pirogue… et tout change

Un souffle d’air marin pour oublier la maladie, le temps d’une journée. À Nouméa, la solidarité concrète remplace les discours et redonne le sourire.
Une parenthèse loin de l’hôpital, au cœur du lagon
Ce dimanche, sur la côte Blanche, douze enfants malades ou en situation de handicap ont quitté l’univers hospitalier pour découvrir le va’a, dans le cadre de l’opération Les Rames de l’Espoir.
Une initiative portée par La Table Ronde Française, en partenariat avec le club Olympique Va’a, et soutenue par la province Sud.
Dans un territoire marqué par les tensions et les difficultés, ce type d’action rappelle une évidence : la solidarité concrète reste une valeur cardinale.
Ici, pas de grands discours ni de posture, mais des bénévoles mobilisés, des rameurs engagés et des familles réunies autour d’un moment simple : offrir du bonheur.
Accueillis au Centre des activités nautiques (CAN), les enfants ont pu embarquer à bord de pirogues, accompagnés de sportifs expérimentés.
Le temps d’une sortie en mer, la maladie recule, laissant place à l’évasion et à la fierté d’être acteur de l’instant.
L’engagement bénévole comme réponse aux fragilités
Un moment d’évasion loin du quotidien de l’hôpital, a souligné Damien Traverso, président de La Table Ronde Française.
Une phrase simple, mais qui résume l’essentiel : le rôle irremplaçable des associations dans la cohésion sociale.
Dans un contexte où les institutions sont souvent critiquées pour leur lenteur, ce sont les forces locales qui agissent immédiatement sur le terrain.
Les bénévoles, les clubs sportifs et les partenaires privés démontrent qu’il existe une autre voie que l’assistanat : celle de l’action, du don de soi et de la responsabilité collective.
Le partenariat avec le Club Olympique Va’a illustre cette dynamique.
Nous avons les bras et nous avons à cœur de faire découvrir le para va’a, a insisté Damien Traverso.
Une manière de rappeler que le sport n’est pas un luxe, mais un levier d’inclusion et de reconstruction personnelle.
Au-delà de l’événement, c’est toute une philosophie qui s’exprime : remettre l’humain au centre, valoriser l’effort et redonner confiance aux plus fragiles.
Une mobilisation locale saluée et assumée
Présent sur place, Loïc Basset-Creugnet, troisième vice-président de la province Sud, a salué « l’engagement des bénévoles et des partenaires ».
Un message clair, qui met en avant la complémentarité entre acteurs publics et initiatives citoyennes.
Dans une Nouvelle-Calédonie fragilisée par les crises successives, ces moments d’unité sont essentiels pour retisser le lien social.
Ils montrent que la société civile reste capable de se mobiliser sans attendre, dans un esprit de responsabilité et d’efficacité.
Sur le plan concret, la journée s’est articulée autour de sorties en pirogue V12, d’animations sportives et de découvertes culturelles.
Une vingtaine de jeunes ont ainsi pu participer à ces activités, dans une ambiance marquée par la joie, le partage et la fierté d’être ensemble.
Loin des logiques de victimisation, cette initiative met en lumière une réalité souvent oubliée : la dignité passe aussi par l’action, l’effort et la participation à la vie collective.
Ici, les enfants ne sont pas réduits à leur maladie, mais reconnus comme acteurs d’une expérience forte et valorisante.
Au final, Les Rames de l’Espoir ne sont pas seulement un événement, mais un symbole.
Celui d’une société qui, malgré les difficultés, refuse le renoncement et choisit l’engagement.
(Crédit photo : province Sud)
