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L'actualité locale

Filmer le port ? 75 000 francs

30 septembre 2026 à 09:00
4 min de lecture
Filmer le port ? 75 000 francs

Résumé IA

Le gouvernement calédonien adopte de nouveaux tarifs au port de Nouméa : les prises de vue photographiques coûtent 50 000 francs la demi-journée et les tournages cinématographiques 75 000 francs. Les tarifs de remorquage, des défenses flottantes et la reproduction de clés sont également révisés pour mieux valoriser le domaine public.

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Au port de Nouméa, ce qui était gratuit ou sous-facturé a désormais un prix.
Le gouvernement calédonien choisit la rigueur : chaque service rendu doit être payé à sa juste valeur.

Photographes, vidéastes et clés : la fin de l'à-peu-près

C'est une décision technique en apparence. Elle dit pourtant beaucoup d'une méthode.

Réuni en collégialité ce lundi 28 septembre, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a modifié la grille tarifaire du Port autonome de la Nouvelle-Calédonie (PANC). Le texte concerné, l'arrêté modifié n° 2015-731/GNC du 6 mai 2015, fixe les redevances d'usage et de remorquage applicables aux usagers et concessionnaires de l'établissement public.

Le principe est simple, et il a le mérite de la clarté : celui qui utilise le domaine public portuaire participe à ce qu'il coûte.

Le PANC reçoit régulièrement des demandes de professionnels du tourisme, de la communication et des médias. Tous veulent la même chose : filmer ou photographier le port, depuis le sol ou depuis les airs.

Jusqu'ici, seule une redevance encadrait les tournages cinématographiques. Elle est modifiée. Et une nouvelle apparaît pour la photographie.

Désormais, une prise de vue photographique coûtera 50 000 francs la demi-journée, un tournage cinématographique 75 000 francs. Le domaine public n'est pas un décor gratuit.

Même logique, à une autre échelle, pour les pontons pêcheurs. L'accès à ces installations doit être sécurisé, et la circulation des clés mieux contrôlée. Toute reproduction sera donc facturée 6 500 francs par clé.

L'objectif affiché est double : responsabiliser les usagers et couvrir l'intégralité des coûts supportés par l'établissement. Autrement dit, ce n'est plus à la collectivité d'absorber les négligences de quelques-uns.

Nouville et les défenses flottantes : soutenir l'activité sans la subventionner à fonds perdus

Du côté de la salle des expositions de Nouville, avenue James Cook, le gouvernement crée une tarification spécifique pour les périodes de montage et de démontage des événements.

Elle couvre à la fois les espaces intérieurs et extérieurs.

L'équilibre recherché est assumé. Il s'agit de soutenir l'activité événementielle tout en maintenant une participation aux coûts d'occupation du domaine. Accompagner l'initiative, oui. L'entretenir sans contrepartie, non.

Autre ajustement, plus concret encore pour les professionnels de la mer : la location des défenses flottantes. Ces équipements sont essentiels à la sécurité des opérations portuaires. Leur tarif est revalorisé pour garantir l'équilibre financier de la prestation.

La mise en place et la récupération sont fixées à 50 000 francs par défense, la location journalière à 15 000 francs par jour et par défense.

Remorquage : des majorations claires et assumées

C'est le volet le plus dense de la réforme. Les tarifs de remorquage sont actualisés, à commencer par les tarifs horaires courants, qui dépendent des caractéristiques des navires.

Les majorations sont précisées. Intervenir de nuit, entre 18 heures et 6 heures, entraîne une hausse de 50 %. Même majoration le dimanche et les jours fériés. Même chose encore lorsque le délégant demande une participation à la lutte contre l'incendie.

Rien d'exotique : un service rendu en dehors des heures normales, ou dans des conditions d'urgence, se paie davantage. Partout ailleurs, cela relève du bon sens.

Plusieurs montants sont par ailleurs fixés noir sur blanc. L'attente et le déplacement inutile d'un remorqueur coûteront 85 916 francs HT. La fourniture de remorques est facturée 18 745 francs HT. Les travaux divers atteignent 85 916 francs de l'heure, tout comme les déplacements entre la grande rade et la petite rade, facturés 85 916 francs de l'heure et par remorqueur.

Le déplacement inutile a désormais un coût. Le message aux usagers est limpide.

Au fond, cette révision poursuit trois buts, énoncés par le gouvernement lui-même : mieux valoriser le domaine public du PANC, assurer une meilleure couverture des coûts des prestations et sécuriser la gestion de certaines activités portuaires.

Dans un territoire où chaque franc public compte, rappeler que l'outil portuaire a une valeur n'est pas une provocation. C'est une exigence de bonne gestion.

(Crédit photo : Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie)