Japon : le Premier ministre claque la porte

Coup de tonnerre à Tokyo : moins d’un an après son arrivée au pouvoir, le Premier ministre japonais Shigeru Ishiba jette l’éponge, poussé dehors par son propre camp. Une crise politique majeure secoue le Japon, fragilisant un Parti libéral-démocrate (PLD) déjà en perte de vitesse.
Fin de partie pour Shigeru Ishiba
Dimanche 7 septembre, Shigeru Ishiba, 68 ans, a annoncé sa démission après seulement onze mois à la tête du gouvernement. Il abandonne également la présidence du PLD, pilier de la droite japonaise, affaibli par ses revers électoraux.
J’ai décidé de me retirer et de laisser la place à la prochaine génération, a-t-il déclaré.
Expliquant son départ par la conclusion des négociations commerciales avec les États-Unis.
Ce retrait marque l’échec d’un leader qui n’a jamais su enrayer la défiance croissante des électeurs. Longtemps hégémonique, le PLD a vu sa coalition perdre la majorité au Sénat en juillet, un revers inédit depuis quinze ans.
Un parti miné par scandales et défaites
La chute du PLD ne tient pas seulement à l’impopularité de son chef. Le parti conservateur est englué dans des affaires de financement occulte et des liens embarrassants avec l’Église de l’unification. Résultat : une abstention massive, près d’un électeur sur deux ayant boudé les urnes.
Dans ce contexte, la démission d’Ishiba apparaît comme un sacrifice destiné à éviter l’implosion interne. Selon la NHK, l’ancien Premier ministre a cédé à la pression de ses alliés, tandis que l’Asahi Shimbun estime qu’il ne pouvait plus ignorer les appels à son départ. Plusieurs figures du PLD, dont le secrétaire général Hiroshi Moriyama, avaient déjà annoncé leur intention de se retirer.
Vers une recomposition politique risquée
La chute d’Ishiba ouvre une crise de leadership, dont pourrait profiter l’opposition. Le Sanseito, parti nationaliste d’extrême droite, séduit une partie de la jeunesse urbaine avec un discours populiste et identitaire. Inspiré du trumpisme, il prône un « Japon d’abord » et entend s’imposer dans le jeu politique.
Mais l’avenir reste incertain. Malgré un regain de popularité lié à son accord commercial avec Washington, Ishiba n’a pas survécu à la fronde de son propre camp. Le PLD va organiser dès le 8 septembre une élection interne pour désigner son successeur
Dans les rues de Tokyo, l’inquiétude domine. Entre instabilité politique, économie fragilisée et montée des extrêmes, le Japon entre dans une zone de turbulences.
— Notre pays est fracturé comme jamais, souffle une électrice.

