L’État reprend pleinement la main sur l’école primaire à Wallis-et-Futuna, mettant fin à un régime d’exception hérité de la fin des années 1960.
Une décision politique forte, assumée, qui réaffirme l’autorité républicaine et la cohérence nationale dans les territoires d’outre-mer.
Une rupture historique avec la concession accordée à la mission catholique
Depuis 1969, l’État confiait l’enseignement primaire à la mission catholique locale, dans le cadre d’une convention renouvelée tous les cinq ans.
Ce régime dérogatoire, hérité d’un autre temps, s’éloignait progressivement des standards nationaux.
Le Conseil des ministres du mercredi 26 novembre a entériné un changement majeur.
Le ministre de l’Éducation nationale y a présenté un projet de loi ratifiant l’ordonnance n° 2025-521 du 12 juin 2025, à laquelle il confère désormais pleine valeur législative.
La République affirme ainsi clairement sa compétence directe en matière éducative, apportant une clarification attendue dans un territoire longtemps resté en marge du droit commun.
Cette évolution répond à une revendication formulée dès mai 2023, lors d’un mouvement social durant lequel les enseignants avaient exigé leur intégration.
L’État s’y était engagé dans un protocole de fin de conflit.
L’ordonnance en constitue la concrétisation juridique et politique : elle met fin à un système hybride où le service public éducatif reposait sur une structure privée confessionnelle.
Désormais, l’école primaire relève sans ambiguïté du giron républicain une décision saluée pour sa cohérence institutionnelle et pour le rétablissement d’une égalité de traitement nationale.
Une intégration encadrée dans le corps des professeurs des écoles
L’ordonnance organise l’intégration directe des enseignants concernés au sein du corps des professeurs des écoles.
Cette intégration reste encadrée par des conditions réglementaires précises : les agents doivent satisfaire aux critères ouvrant l’accès à la fonction publique.
Le principe demeure celui de l’exigence et du mérite, sans intégration automatique hors cadre légal.
Le décret n° 2025-971 du 29 septembre 2025 en précise les modalités.
Il fixe les règles de reclassement dans le nouveau corps, en déterminant grade et échelon à partir de la situation antérieure, notamment en référence à la grille locale issue de l’enseignement catholique.
Le mécanisme de transition se veut maîtrisé : pas de rupture brutale, mais un alignement progressif sur les standards nationaux.
Cette réforme ouvre de réelles perspectives de carrière, garantit une meilleure reconnaissance statutaire et s’accompagne d’une revalorisation salariale significative.
Elle apporte une lisibilité accrue au service public éducatif et confère aux enseignants un statut protecteur et stabilisé une exigence de justice administrative et une reconnaissance républicaine longtemps différée.
Un choix politique pleinement assumé, au service de l’intérêt général.
Retraite et souveraineté juridique : un choix encadré par l’État
L’ordonnance met en place un droit d’option en matière de retraite : les enseignants peuvent choisir de conserver leur affiliation à la CPSWF (Caisse des prestations sociales de Wallis-et-Futuna).
Ce choix est strictement encadré : les agents qui ne se prononcent pas dans les délais sont automatiquement rattachés au régime spécial des fonctionnaires d’État.
Un dispositif fondé sur la clarté et la sécurité juridique.
L’application de ces mesures dépend d’une délibération de l’Assemblée territoriale de Wallis-et-Futuna, conformément à la loi n° 61-814 du 29 juillet 1961.
Le respect des compétences territoriales est préservé, mais s’inscrit dans le cadre normatif de la République, garantissant ainsi la solidité juridique du dispositif.
Aucune place n’est laissée à l’improvisation ou à l’approximation : le texte vise avant tout la qualité du service public et l’amélioration de l’enseignement primaire, au bénéfice direct des élèves.
Cette réforme structurelle, pragmatique et responsable renforce la présence de l’État et la cohérence nationale.
Elle envoie un signal clair en faveur d’une école exigeante, stable et pleinement républicaine.


















