Quand la République honore ses serviteurs, c’est toute une Nation qui se souvient.
En Nouvelle-Calédonie, l’hommage rendu au colonel Édouard Terzian rappelle que l’engagement, le courage et la fidélité à la France ne se démodent jamais.
Un hommage solennel pour un destin hors norme
À l’occasion de son 100ᵉ anniversaire, le Haut-Commissariat de la République en Nouvelle-Calédonie a rendu un hommage appuyé et unanimement salué au colonel Édouard Terzian.
Entouré de ses proches, d’élus, de représentants du monde combattant et de membres de la société civile, l’ancien officier a été honoré pour un siècle de fidélité à la France et à la République.
Commandeur de la Légion d’honneur et grand officier de l’ordre national du Mérite, Édouard Terzian incarne une génération forgée dans l’épreuve.
Cité à cinq reprises et blessé deux fois au combat, son parcours militaire témoigne d’un engagement sans concession, loin des postures victimaires contemporaines.
Résistant dès l’âge de 17 ans au sein des Forces françaises de l’Intérieur, il choisit très tôt le camp de la liberté et de l’honneur.
Formé à l’École militaire spéciale de Saint-Cyr, il devient officier parachutiste et rejoint les troupes aéroportées en 1949.
Il prend part à la campagne d’Indochine, puis se distingue lors d’opérations en Afrique du Nord, servant la France dans des contextes parmi les plus exigeants du XXᵉ siècle.
Après 31 années de service actif, il retourne à la vie civile, sans jamais rompre le lien avec la mémoire combattante.
De l’uniforme à l’édition : transmettre plutôt qu’oublier
Loin de se retirer dans le silence, Édouard Terzian entame une seconde carrière au service de la culture et de la transmission.
Il devient tour à tour fondateur et directeur de Hachette Calédonie, des Éditions du Pacifique, des Éditions du Cagou, ainsi que directeur de publication de Télé 7 Jours.
Au total, il participe à l’édition de plus de trente ouvrages, contribuant à structurer le paysage éditorial calédonien.
Parmi ces publications figure Kanaké, mélanésien de Nouvelle-Calédonie, ouvrage majeur dont Jean-Marie Tjibaou fut l’auteur principal.
Ce travail éditorial, reconnu bien au-delà des clivages, s’inscrit dans une logique de dialogue républicain, sans renoncement à l’autorité de l’État ni à l’unité nationale.
Un engagement intellectuel cohérent avec une vie placée sous le signe du service.
Alors que la République salue aujourd’hui son parcours exemplaire, cet hommage met également en lumière une institution centrale mais souvent discrète : le service de l’ONaCVG de Nouvelle-Calédonie et la Maison du combattant.
ONaCVG et Maison du combattant : mémoire, solidarité et citoyenneté
Établissement public administratif placé sous la tutelle du ministère des Armées, l’Office national des combattants et des victimes de guerre (ONaCVG) accompagne ses ressortissants sur le long terme.
Militaires en activité, anciens combattants, veuves de guerre, pupilles de la Nation ou victimes d’actes de terrorisme bénéficient d’un soutien structuré et durable.
Ses missions s’articulent autour de quatre axes fondamentaux : la reconnaissance et la réparation, avec la délivrance de cartes et de titres, dont la carte du combattant et le titre de reconnaissance de la Nation ; la solidarité, par une action sociale ciblée et concrète ; la mémoire et la citoyenneté, à travers la politique mémorielle du ministère des Armées, les nécropoles et les actions pédagogiques ; enfin, le rôle de guichet unique pour les rapatriés et anciens membres des forces supplétives.
Né au cœur de la Première Guerre mondiale, l’ONaCVG compte aujourd’hui près de 2 millions de ressortissants.
Sa devise, Mémoire – Solidarité, résume une philosophie profondément républicaine.
En Nouvelle-Calédonie, la Maison du combattant, inaugurée le 16 mai 1964 par Jean Sainteny, ministre des Anciens combattants, constitue un lieu central.
Elle accueille les associations patriotiques, organise cérémonies, réunions, expositions et rencontres intergénérationnelles, notamment avec les élèves.
En 2025, plusieurs expositions majeures y ont été présentées, dont celles consacrées aux 80 ans de la Victoire, aux opérations extérieures françaises et à la Grande Guerre.
Le service de l’ONaCVG de Nouvelle-Calédonie fait partie des 105 services de proximité de l’Office, avec une compétence étendue à Wallis-et-Futuna.
Environ 5 000 ressortissants sont suivis en Nouvelle-Calédonie, dont 200 à Wallis-et-Futuna.
Le monde combattant y est administré par un Conseil pour les anciens combattants et la mémoire de la Nation, présidé par le Haut-commissaire de la République.
À travers l’hommage rendu au colonel Édouard Terzian, c’est une certaine idée de la France qui est rappelée : celle du devoir, de la transmission et de la fidélité à la République.
(Crédit photo couverture : Haut-Commissariat de la République en Nouvelle-Calédonie)


















