Ils ont voulu sauver Magenta à tout prix, quitte à ignorer la réalité économique.
Le gouvernement tranche : la survie d’Air Calédonie passe par des choix responsables, pas par l’aveuglement politique.
Une navette dédiée pour préserver l’accès aérien sans renoncer à la rigueur
C’est une bonne nouvelle concrète pour les usagers et pour tous ceux qui refusent de voir Air Calédonie disparaître corps et biens.
Après des semaines de réunions et d’arbitrages, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a acté, à compter du 2 mars 2026, la mise en place d’un transport collectif dédié, pensé pour accompagner le déplacement progressif des activités aériennes de Magenta vers La Tontouta.
Cette décision a été officiellement présentée lors du 3ᵉ Comité de coordination de la desserte maritime et aérienne (COCODIMA), réuni le mercredi 28 janvier, en présence des provinces, d’Air Calédonie, des acteurs touristiques et des représentants de Drehu et de Kunié.
Objectif affiché : garantir l’accessibilité des vols domestiques tout en maîtrisant les coûts, dans un contexte financier devenu critique.
Le service sera assuré par Tontouta Express (TEX), avec des modalités claires et lisibles :
– 500 francs CFP par trajet, un tarif volontairement contenu, couvrant l’ensemble des vols domestiques d’Air Calédonie ;
– quatre points d’arrêt structurants : Nouméa – CHT, Dumbéa – Koutio, Païta – Arènes du Sud, Tontouta – aérogare.
Un dispositif pensé pour répondre aux attentes réelles des voyageurs, et non à des postures idéologiques.
Province des Îles : une opposition politique qui joue sur l’émotion
Du côté de la province des Îles Loyauté, le ton est tout autre. Le mercredi 28 janvier, l’ensemble des élus loyaltiens a adressé un courrier au président du gouvernement, dénonçant un projet perçu comme une source d’inégalités.
Selon eux, le déménagement d’Air Calédonie serait une fausse solution économique, pénalisant une partie de la population déjà confrontée à la double insularité.
Ils estiment que déplacer le centre névralgique de l’activité aérienne à 40 kilomètres de Nouméa rompt un équilibre ancien, fondé sur l’accès direct aux services de santé, d’éducation et d’emploi.
Les mots employés sont lourds : abandon, fracture, déséquilibre social.
Le président de la province des Îles, Mathias Waneux, évoque même une situation « dramatique pour l’économie », redoutant une hausse du coût des marchandises et une baisse de la fréquentation touristique.
Mais derrière ces déclarations, une réalité demeure soigneusement éludée : Air Calédonie est au bord du gouffre.
Air Calédonie : des chiffres implacables que nul ne peut ignorer
Les données économiques sont sans appel. Pour 2025, Air Calédonie avait anticipé entre 180 000 et 190 000 passagers sur l’année, un niveau historiquement bas, jamais observé depuis le début des années 1990.
Même durant la crise sanitaire, la compagnie dépassait encore les 260 000 passagers annuels.
En 2024, année marquée par les émeutes, le trafic était déjà tombé à 265 000 passagers, soit une chute d’environ 34 %.
La trajectoire financière suit la même pente : 1,9 milliard de francs CFP de pertes en 2024, puis 1,2 milliard supplémentaires en 2025.
Malgré un plan social massif engagé dès 2024, 155 postes supprimés, 50 % de masse salariale en moins, 38 % des effectifs réduits la situation reste critique.
Dans ces conditions, le maintien intégral de Magenta n’est plus une option, mais une fuite en avant.
Le déplacement vers Tontouta n’est pas un choix idéologique : c’est la seule alternative crédible pour éviter que les avions d’Air Calédonie ne restent définitivement cloués au sol.
Face à ces chiffres, continuer à agiter le pathos social relève moins de la défense des usagers que de la préparation d’échéances électorales.


















