Vidéo choc : la CIA appelle à trahir Pékin

La guerre froide 2.0 ne se joue plus seulement dans le Pacifique ou à Taïwan.
Elle s’invite désormais sur YouTube, en mandarin, et vise directement l’armée chinoise.
Une vidéo ciblée pour fissurer l’armée chinoise
Jeudi, la Central Intelligence Agency (CIA) a franchi un cap symbolique et stratégique.
Sur sa chaîne YouTube, l’agence américaine a diffusé une vidéo en mandarin visant explicitement des officiers chinois susceptibles de faire défection.
Le scénario est clair. Un officier fictif de l’armée chinoise, en proie au doute, affirme que « la seule chose que les dirigeants protègent, ce sont leurs propres intérêts » et que « leur pouvoir repose sur d’innombrables mensonges ».
On le voit chez lui, en famille. Puis sous la pluie, passant un poste de contrôle. Enfin, face à son ordinateur, prêt à écrire à l’agence américaine.
Choisir cette voie est ma manière de me battre pour ma famille et mon pays, déclare-t-il.
Le message est sans ambiguïté. Le texte en chinois incite directement à fournir des informations sensibles : dirigeants de haut rang, officiers militaires, cadres du renseignement, diplomates, responsables économiques, scientifiques ou spécialistes des technologies de pointe.
Disposez-vous d’informations sur des dirigeants chinois de haut rang ? (…) Veuillez nous contacter. Nous voulons connaître la vérité, peut-on lire.
Il ne s’agit pas d’un simple message idéologique. Il s’agit d’un appel opérationnel au renseignement humain.
Une stratégie assumée de recrutement
Cette campagne n’est pas inédite. L’an dernier déjà, la CIA avait diffusé plusieurs vidéos visant à recruter des responsables chinois.
Son directeur, John Ratcliffe, avait assumé publiquement cette stratégie, expliquant vouloir « recruter des responsables chinois pour aider les États-Unis ».
Cette fois, la communication est plus directe. Plus ciblée. Et surtout plus explicite.
Dans un contexte de rivalité stratégique accrue entre États-Unis et Chine, le renseignement redevient un champ de bataille central.
Washington ne cache plus son objectif : fragiliser le système adverse de l’intérieur, en s’adressant aux élites militaires et administratives.
Cette offensive informationnelle intervient alors que Pékin traverse une période marquée par des purges internes dans l’armée et une vigilance accrue sur la loyauté des cadres.
Autrement dit : la CIA cible un point de tension déjà existant. Dans la guerre des puissances, la psychologie précède souvent la stratégie militaire.
Pékin dénonce une tentative d’« infiltration et de sabotage »
La réaction chinoise ne s’est pas faite attendre.
Vendredi, Lin Jian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a dénoncé une tentative d’« infiltration et de sabotage » menée par des « forces anti-chinoises ».
La Chine prendra toutes les mesures nécessaires afin de contrer fermement les infiltrations et la déstabilisation menées depuis l’étranger (…) et pour défendre résolument sa souveraineté, sa sécurité et ses intérêts en matière de développement, a-t-il déclaré.
Le message est clair : Pékin considère cette initiative comme une provocation politique.
Aux yeux des autorités chinoises, la ligne rouge est franchie. Il ne s’agit plus de critiques diplomatiques.
Il s’agit d’un appel public à la fuite d’informations stratégiques.
Dans ce contexte, un durcissement des contrôles sécuritaires apparaît probable. La surveillance des milieux militaires, technologiques et diplomatiques pourrait être renforcée.
La rivalité sino-américaine ne se limite plus aux droits de douane ou aux démonstrations navales.
Elle se joue dans les esprits, les loyautés et les réseaux internes.
La guerre de l’ombre est désormais assumée. Washington parle mandarin pour recruter. Pékin promet de verrouiller davantage.
Entre les deux premières puissances mondiales, le renseignement redevient un front ouvert. Et dans cette bataille silencieuse, ce ne sont pas les missiles qui tirent les premiers.
