Je me réveille, les cartables sont prêts

Je me dis que ce sont encore les vacances.
Et puis non.
Dernier week-end avant la rentrée.
Les cartables ressortent.
Les parents soupirent.
Les enfants aussi.
Je vais acheter “juste deux trucs”.
Je ressors avec trois cahiers 96 pages, des fluos pastel et une crise existentielle.
Les listes ont changé.
Encore.
Les profs hésitent.
La colle manque.
Toujours la colle.
À Magenta, chez Bureau Vallée, c’est le gros rush.
Les vendeuses sourient.
Elles disent que ça passe vite.
Moi, pas.
Certains ont gardé les affaires de l’an dernier.
Économie stratégique.
D’autres découvrent la cinquième.
Mélange de fierté et de panique.
“Pas envie de reprendre.”
Moi non plus.
Pendant que je compare des taille-crayons,
au Port Moselle, c’est le premier Fish Market.
Saint-Valentin oblige.
Des langoustes.
Du bossu.
250 kilos débarqués à 8 h 30.
Ambiance carte postale.
Des couples font une folie.
Moi, j’achète des copies doubles.
À Païta, Milakulo Tukumuli annonce un “nouveau souffle”.
Transparence.
Rassemblement.
Municipales en approche.
Chacun enlève son étiquette.
Sauf celle du prix.
Le FLNKS manifeste devant le Haut-Commissariat.
400 personnes.
“Passage en force.”
Mobilisation jusqu’au second tour.
Ça chauffe doucement.
En métropole, c’est moins doux.
Agression à Lyon.
Attaque au couteau à Paris.
Hommage à Ilan Halimi vingt ans après.
La sécurité à Munich.
Deux porte-avions américains face à l’Iran.
Le monde tremble.
Moi, je cherche un compas.
Le PSG perd.
La Ligue 1 se relance.
Le XV de France se prépare.
Quentin Fillon-Maillet gagne de l’or et annonce un bébé.
La France collectionne les médailles.
Nous, on collectionne les tickets de caisse.
Dimanche soir,
les sacs sont prêts.
Les alarmes réglées.
Les vacances pliées.
Je regarde le cartable dans l’entrée.
Il me regarde aussi.
Ça va être long cette année.
Bref.

