«Ignoble et abject» : Sébastien Lecornu recadre Mathilde Panot après une question sur la mort de Quentin

Lors de la séance de questions au gouvernement, à l’Assemblée nationale, le Premier ministre a vivement répondu à la cheffe des députés LFI qui a accusé le gouvernement d’instrumentaliser l’affaire Quentin Deranque.
Quentin Gérard 17/02/2026

Sébastien Lecornu et Mathilde Panot. AFP / © Xose Bouzas / Hans Lucas
Sébastien Lecornu n’a pas mâché ses mots à l’encontre de Mathilde Panot. Lors de la séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, ce mardi, la cheffe des députés LFI a d’abord rejeté toute implication de son mouvement dans le lynchage de Quentin Deranque, la semaine dernière en marge d’une conférence de Rima Hassan à Sciences Po Lyon. « Aucun insoumis n’est impliqué ni de près ni de loin », a-t-elle assuré, alors que huit suspects interpellés ce mardi dans le cadre de cette affaire, dont l’assistant parlementaire de Raphaël Arnault.
« Ceux qui instrumentalisent ce drame pour nous salir doivent cesser », a poursuivi Mathilde Panot. Puis d’estimer qu’« il faut méconnaître l’histoire pour accepter la victimisation de l’extrême droite et prétendre que les violences seraient à gauche ». Avant d’ajouter en direction de Sébastien Lecornu : « Il vous aura fallu ce drame pour enfin sortir du silence. Nous ne vous avons pas entendu sur l’assassinat du rugbyman Federico Aramburu, ni sur les 12 personnes tuées par l’extrême droite depuis 2022 ».
« Il est temps que vous fassiez le ménage dans vos propos, vos idées et surtout dans vos rangs »
La réplique du Premier ministre a été cinglante. « Ce que vous venez de faire est absolument ignoble et abject », a-t-il lancé. Avant de poursuivre : « On peut avoir des divergences politiques mais lorsqu’on est un humaniste, on n’oppose pas un mort à un autre mort. Il n’y a pas une violence acceptable dans un sens et inacceptable dans un autre. Le refus de la violence, c’est pour tout le monde, en tout temps, en tout lieu. » Puis d’ajouter : « Il est temps que vous fassiez le ménage dans vos propos, vos idées et surtout dans vos rangs. »
Interpellé également par Laurent Wauquiez, le chef du gouvernement a souhaité que « la vérité judiciaire passe sans aucune pression » sur les enquêteurs. Une minute de silence a été observée dans l’hémicycle en hommage à Quentin Deranque, décédé des suites de ses blessures, deux jours après son agression.

