Wallis-et-Futuna : l’école, pilier du territoire

Ils sont près de 60 000 en Nouvelle-Calédonie et 1 380 à Wallis-et-Futuna à avoir repris le chemin de l’école ce lundi.
Une rentrée placée sous le signe de l’autorité, de la transmission et de la continuité républicaine.
Une rentrée sous le signe de la stabilité institutionnelle
Alors que près de 60 000 élèves effectuaient leur rentrée en Nouvelle-Calédonie, 1 380 élèves de Wallis-et-Futuna ont eux aussi retrouvé leurs établissements ce lundi 16 février 2026.
Des scènes classiques mais toujours révélatrices : quelques pleurs en maternelle, vite rassurés par les enseignants, et des collégiens ou lycéens souriants, heureux de retrouver leurs camarades.
Cette rentrée 2026 marque une étape importante : il s’agit de la première année complète depuis la bascule de l’enseignement sous l’autorité du vice-rectorat, désormais compétent de la maternelle à la terminale.
Une clarification institutionnelle qui renforce la cohérence du pilotage éducatif sur le territoire.
Dans les collèges, seuls les élèves de 6e étaient attendus pour cette première journée. Une organisation volontairement progressive afin de faciliter l’intégration des nouveaux élèves avant l’arrivée des autres niveaux.
Le second degré (de la 6e à la 3e) compte cette année 822 élèves.
Au lycée d’État, la rentrée concernait principalement les classes de seconde.
L’établissement accueille 517 lycéens, toutes filières confondues, dont 125 internes futuniens.
Cette organisation graduée traduit une priorité claire : accompagner sans brusquer, structurer sans désorganiser, transmettre sans renoncer aux exigences.
Prévention, autorité et cadre : les priorités affichées
La journée de rentrée était placée sous le signe de l’accueil, mais aussi de la prévention.
Au programme : sensibilisation au harcèlement scolaire et aux usages excessifs des écrans.
Un rallye-découverte a également été organisé afin de permettre aux nouveaux collégiens de se repérer dans leur établissement.
Objectif : renforcer l’autonomie tout en maintenant un cadre clair.
Quitter l’école primaire pour entrer au collège constitue une étape structurante.
Plus d’élèves, plus de matières, davantage d’enseignants : l’environnement change, les responsabilités aussi.
Au lycée, l’entrée en seconde marque un cap supplémentaire.
Nouvelles disciplines, orientation progressive, exigences accrues : la première journée permet surtout de prendre ses marques.
La présence des autorités a souligné l’importance accordée à l’école.
La vice-rectrice, le préfet, des représentants de la chefferie coutumière ainsi que des responsables administratifs ont effectué une tournée dans plusieurs établissements.
Un signal fort : l’éducation demeure une priorité stratégique du territoire et de la République.
Avec plus de 500 personnels enseignants, administratifs et agents techniques le vice-rectorat constitue le premier employeur de Wallis-et-Futuna.
Au-delà de l’instruction, l’institution scolaire représente un pilier économique et social majeur.
Les FANC mobilisées pour garantir la continuité scolaire
Cette rentrée 2026 a également été marquée par une opération logistique significative conduite par les Forces armées en Nouvelle-Calédonie.
À l’occasion de la visite officielle du commandant supérieur des FANC à Wallis-et-Futuna, un dispositif exceptionnel a été déclenché pour assurer le transport d’élèves entre Futuna et Wallis.
À la suite de l’indisponibilité de dernière minute du Twin Otter, habituellement chargé des liaisons inter-îles, un CASA des FANC a été mobilisé.
Résultat : 38 élèves de Futuna ont pu rejoindre Wallis en deux rotations afin d’assurer leur rentrée au lycée dans les meilleures conditions.
Une démonstration concrète de réactivité au service de la population.
Dans un territoire où la continuité territoriale reste un défi permanent, cette intervention rappelle une réalité souvent oubliée : la présence de l’État garantit la stabilité, la sécurité et l’égalité d’accès à l’éducation.
Transporter des élèves pour qu’ils puissent suivre leur scolarité n’est pas un détail logistique.
C’est un engagement républicain.
À Wallis-et-Futuna, l’école demeure plus qu’un lieu d’apprentissage.
Elle est un vecteur d’unité, un moteur économique et un outil d’ascension sociale.
Dans un contexte régional marqué par les tensions géopolitiques et les défis économiques, investir dans la jeunesse relève d’un choix stratégique.
La rentrée 2026 en est l’illustration : organisation maîtrisée, institutions clarifiées, prévention assumée, forces armées mobilisées.
Loin des discours de résignation, le territoire démontre que l’autorité, le cadre et la transmission restent les fondements d’une école solide.
Et c’est bien là l’essentiel.

