+0,8 % en un mois : le coût de la vie grimpe

Selon l’Institut de la statistique et des études économiques de Nouvelle-Calédonie (ISEE), les prix à la consommation progressent de 0,8 % en janvier 2026. Sur un an, la hausse reste contenue à 0,4 %. Un chiffre modéré en apparence. Mais, dans le détail, certains postes clés pèsent lourdement sur le quotidien des Calédoniens.
Les services et le transport tirent les prix vers le haut
La hausse mensuelle de 0,8 % est d’abord portée par les services, en augmentation de 1,3 % après +0,6 % en décembre. Le facteur déterminant : le transport aérien international, dont les prix bondissent de 16,9 % après 6,4 % le mois précédent.
Une flambée saisonnière, liée aux vacances scolaires, mais qui rappelle une réalité simple : l’insularité a un coût.
Le transport maritime de voyageurs progresse lui aussi de 6,2 %. Ces hausses sont partiellement compensées par la baisse des services de téléphonie (-0,5 %) et de restauration (-0,3 %). Sur un an, les services affichent une progression de 1,4 %.
Autre signal fort : le poste transport, au sens large, grimpe de 3,8 % sur un mois.
Dans un territoire où la voiture reste indispensable, ce chiffre n’est pas neutre.
Énergie et carburants : la pompe repart à la hausse
Après un recul en décembre, les prix de l’énergie repartent à la hausse, avec +1,0 % en janvier. La cause principale : les carburants.
Le prix de l’essence augmente de 1,9 % et celui du gazole de 3,2 %. À la pompe, cela se traduit par 1 588 F/L pour l’essence et 1 444 F/L pour le gazole. Sur douze mois, l’énergie progresse de 4,2 %, un rythme nettement supérieur à l’inflation générale.
En revanche, les prix du gaz, du charbon et de l’électricité restent stables. Une stabilité qui limite, pour l’instant, l’impact sur les factures domestiques.
Les produits manufacturés, eux, restent quasi stables, à +0,1 % sur un mois, et reculent de 3,5 % sur un an. Le tabac n’évolue pas.
Alimentation et ménages modestes : une pression différenciée
L’alimentation augmente de 0,5 % en janvier, après 1,5 % en décembre. La hausse est tirée notamment par les légumes (3,3 %). Les produits laitiers progressent de 1,0 %, les pains et céréales de 0,3 %, la viande de 0,2 %, le poisson de 0,7 %. À l’inverse, les fruits reculent fortement (-6,6 %), notamment les fruits de saison. Sur un an, les prix de l’alimentation sont globalement stables.
Un signal rassurant dans un contexte international tendu.
Mais l’analyse change lorsqu’on observe les ménages les plus modestes.
Pour eux, les prix progressent de 0,6 % sur un mois et de 0,7 % sur un an, contre 0,4 % pour l’ensemble des ménages.
L’écart reste limité, mais il est réel. Et il confirme une constante économique : les hausses sur les postes incompressibles pèsent davantage sur les budgets contraints.
Selon l’ISEE, l’inflation officielle repose sur la structure moyenne de consommation des Calédoniens. Or, chaque foyer a sa propre réalité de dépenses.
En janvier 2026, l’indice général atteint 107,74 (base 100 en décembre 2021). L’indice hors tabac s’établit à 107,04.
Les chiffres sont clairs : la Nouvelle-Calédonie ne connaît pas d’emballement inflationniste.
Mais la pression demeure sur le transport, l’énergie et certains services.
Dans un territoire dépendant des importations et des flux internationaux, la vigilance économique reste indispensable.
L’inflation, à 0,4 % sur un an, peut sembler modérée. Elle n’en constitue pas moins un signal structurel.
Rigueur budgétaire, compétitivité locale, maîtrise des coûts logistiques : les leviers sont connus.
Les chiffres de janvier 2026 ne crient pas à la crise.
Mais ils rappellent une évidence : en économie, la stabilité est une conquête permanente.

