đ 17 fĂ©vrier â JournĂ©e mondiale de la rĂ©silience du tourisme

Chaque annĂ©e autour du 17 fĂ©vrier, la communautĂ© internationale met en avant un enjeu devenu central : la rĂ©silience du tourisme. ProclamĂ©e en 2023 par lâOrganisation des Nations unies, Ă lâinitiative notamment de la JamaĂŻque, cette journĂ©e rappelle une Ă©vidence que la pandĂ©mie a brutalement confirmĂ©e : le tourisme est un moteur Ă©conomique puissant, mais aussi lâun des secteurs les plus vulnĂ©rables aux crises.
Le tourisme reprĂ©sente environ 10 % du PIB mondial et un emploi sur dix selon lâOrganisation mondiale du tourisme (UN Tourism). Pourtant, en 2020, la crise sanitaire a provoquĂ© un effondrement historique des arrivĂ©es internationales, mettant en pĂ©ril des millions dâemplois. Ce choc mondial a dĂ©montrĂ© quâune destination attractive ne suffit pas : sans anticipation, sans diversification et sans capacitĂ© dâadaptation, lâĂ©conomie touristique peut sâeffondrer en quelques mois.
« Le tourisme est lâun des secteurs les plus touchĂ©s par les crises mondiales, mais aussi lâun des plus capables de rebondir lorsquâil est soutenu par des politiques adaptĂ©es », rappelle lâONU dans sa rĂ©solution consacrĂ©e Ă cette journĂ©e internationale.
La rĂ©silience ne signifie pas seulement reconstruire aprĂšs une catastrophe. Elle suppose de repenser les modĂšles. Cela implique dâinvestir dans des infrastructures capables de rĂ©sister aux alĂ©as climatiques, de dĂ©velopper un tourisme plus durable, de rĂ©duire la dĂ©pendance Ă un seul marchĂ© Ă©metteur et dâintĂ©grer pleinement les communautĂ©s locales dans la chaĂźne de valeur. Les destinations insulaires, particuliĂšrement exposĂ©es aux cyclones, Ă la montĂ©e des eaux et aux chocs Ă©conomiques extĂ©rieurs, sont en premiĂšre ligne de cette transformation.
« Construire la rĂ©silience, câest protĂ©ger les moyens de subsistance de millions de familles Ă travers le monde », souligne UN Tourism.
La Nouvelle-Calédonie face au défi de la résilience
En Nouvelle-CalĂ©donie, la question nâest pas thĂ©orique. Le territoire a connu de plein fouet les effets du Covid-19, les tensions Ă©conomiques et les fragilitĂ©s structurelles liĂ©es Ă son isolement gĂ©ographique. Chaque interruption des liaisons aĂ©riennes, chaque crise sociale ou internationale se rĂ©percute immĂ©diatement sur lâhĂŽtellerie, la restauration, les transports et lâemploi local.
Pourtant, la Nouvelle-CalĂ©donie dispose dâatouts rares : un lagon inscrit au patrimoine mondial de lâUNESCO, une biodiversitĂ© exceptionnelle et un potentiel fort en matiĂšre dâĂ©cotourisme et de tourisme culturel. La rĂ©silience du secteur passe donc par une stratĂ©gie claire : diversifier les clientĂšles rĂ©gionales, renforcer la promotion ciblĂ©e vers lâAustralie et la Nouvelle-ZĂ©lande, soutenir les opĂ©rateurs locaux et consolider les infrastructures.
Dans un territoire insulaire du Pacifique, dĂ©pendant des flux internationaux, la stabilitĂ© et lâanticipation sont vitales. La rĂ©silience du tourisme calĂ©donien ne dĂ©pend pas uniquement de la beautĂ© de ses paysages, mais de sa capacitĂ© Ă sâadapter aux crises, Ă sĂ©curiser son environnement Ă©conomique et Ă construire un modĂšle durable sur le long terme.
La JournĂ©e mondiale de la rĂ©silience du tourisme rappelle une vĂ©ritĂ© simple : le tourisme peut ĂȘtre un formidable levier de dĂ©veloppement, mais seulement sâil est pensĂ© comme un secteur stratĂ©gique, prĂ©parĂ© aux chocs et ancrĂ© dans une vision durable. Pour la Nouvelle-CalĂ©donie comme pour le reste du monde, lâenjeu nâest plus seulement dâattirer des visiteurs, mais de bĂątir une Ă©conomie capable de tenir face aux tempĂȘtes.

