LFI accusée : la mort qui secoue l’Assemblée

La tension était palpable au Palais-Bourbon. Ce mardi 17 février, l’émotion a précédé la confrontation.
À l’ouverture de la séance des questions au gouvernement, la présidente de l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet, a rendu hommage à Quentin Deranque, 23 ans, mort à Lyon après un passage à tabac en marge d’une conférence de l’eurodéputée Rima Hassan.
Une minute de silence a été observée dans un hémicycle recueilli. Mais très vite, la politique a repris ses droits.
Quatre suspects ont été interpellés mardi dans l’enquête. Parmi eux, Jacques-Élie Favrot, collaborateur parlementaire du député LFI Raphaël Arnault. Une information confirmée par plusieurs sources judiciaires.
Une affaire judiciaire aux répercussions politiques immédiates
La mort de Quentin Deranque, militant nationaliste, a immédiatement déclenché une onde de choc.
Les faits se sont produits à Lyon, en marge d’une conférence publique.
L’enquête est en cours et vise à établir précisément les responsabilités pénales.
La présence, parmi les personnes interpellées, d’un collaborateur parlementaire d’un député LFI a provoqué une tempête politique.
Aucun élu n’est à ce stade mis en cause par la justice.
Mais la proximité entre certains acteurs et des mouvances militantes radicales interroge.
Le nom de la Jeune Garde, groupuscule antifasciste fondé par Raphaël Arnault et dissous en juin 2025, est revenu dans de nombreux échanges politiques.
Il n’est pas établi à ce stade que cette organisation soit juridiquement impliquée dans le meurtre.
Toutefois, son existence passée et ses liens militants ont nourri les critiques.
À droite, le président du groupe DR, Laurent Wauquiez, a dénoncé une « violence érigée en outil politique ».
Au Rassemblement national, la députée Tiffany Joncour a évoqué « la responsabilité de la mouvance antifa ».
Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a déclaré :
L’ultra gauche tue, et LFI devrait le condamner.
Il a également évoqué ceux qui arment moralement les armes des tueurs.
Des mots forts, assumés, qui traduisent une inquiétude plus large sur la brutalisation du débat public.
LFI sous pression dans l’hémicycle
Face aux accusations, la présidente du groupe LFI, Mathilde Panot, a exprimé son soutien à la famille de Quentin Deranque.
Elle a affirmé :
Nous n’acceptons pas que la violence physique soit employée pour régler les conflits. Jamais.
Mais l’opposition a jugé ces déclarations insuffisantes.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a répliqué :
Il est temps que vous fassiez le ménage dans vos propos, dans vos idées et surtout dans vos rangs.
Il a dénoncé toute tentative d’opposer les victimes entre elles.
Lorsqu’on est humaniste, on n’oppose pas un mort à un autre, a-t-il déclaré.
La tension est montée d’un cran lorsque certains élus ont rappelé d’anciennes déclarations de Jean-Luc Mélenchon à propos de Raphaël Arnault.
En juin 2024, celui-ci avait relativisé la fiche S visant le candidat insoumis.
Ces éléments, bien que distincts de l’enquête actuelle, alimentent le procès politique intenté à La France insoumise.
Une violence politique qui fracture la République
Au-delà des clivages partisans, la question centrale demeure celle de la violence idéologique.
L’hémicycle a illustré une polarisation croissante.
À droite et au centre, les applaudissements ont soutenu les propos du gouvernement.
Le Parti socialiste, par la voix d’Arthur Delaporte, a tenté de maintenir une ligne d’équilibre, distinguant responsabilité morale et responsabilité pénale.
Les écologistes ont affiché leur solidarité avec LFI. Les communistes ont dénoncé une instrumentalisation politique.
Mais un fait demeure : un jeune homme de 23 ans est mort pour ses idées.
Et la justice travaille désormais à établir les responsabilités individuelles.
L’interpellation de Jacques-Élie Favrot, collaborateur parlementaire, place LFI dans une position délicate.
Même si aucun élément ne permet, à ce stade, d’impliquer le parti en tant que tel, l’image du mouvement est fragilisée.
Dans un contexte marqué par la montée des tensions, la République ne peut se permettre l’ambiguïté.
La condamnation claire et sans réserve de toute violence politique est une exigence démocratique.
Comme l’a rappelé Yaël Braun-Pivet en citant Robert Badinter : dans une démocratie apaisée, c’est le droit qui doit prévaloir.
Reste à savoir si l’ensemble des forces politiques sauront tirer les leçons de cette tragédie.
Car au-delà des postures, la France ne peut accepter que le débat d’idées se transforme en champ de bataille.

